Quand les usines s’ouvrent pour changer d’image
Pendant deux jours, des centaines de sites industriels accueillent élèves, étudiants, demandeurs d’emploi et grand public. L’objectif : faire découvrir la diversité des métiers, montrer les coulisses de la production et tenter de réduire le déficit d’attractivité dont souffre encore l’industrie.
Les journées Usines ouvertes font leur retour partout en France les vendredi 20 et samedi 21 mars. Portée par la Société des ingénieurs arts et métiers, cette opération verra cette année la participation de plus de 400 usines afin de faire découvrir d’une part leur savoir-faire, la diversité et la richesse des métiers industriels, et d’autre part les coulisses de sites habituellement fermés au public. Lors de sa première édition, en 2025, 227 entreprises avaient participé.
Pilier stratégique de l’économie française, l’industrie est perçue par 75 % des Français comme « un secteur au cœur des innovations », rapporte l’association des anciens élèves de l’École nationale supérieure d’arts et métiers (Ensam), reprenant les résultats de son observatoire, en collaboration avec l’institut de sondage Ifop. Une industrie qui joue « un rôle clé » dans la transition environnementale pour une grande majorité de répondants (82 %), tout en étant un lieu de « création de richesse » (80 %).
Un autre regard sur l’industrie
Un secteur qui compte pour la souveraineté de notre pays (78 %) tout comme pour l’aménagement du territoire (77 %). Mais l’industrie continue à « souffrir d’un vrai déficit d’attractivité ». En effet, l’observatoire des Arts et Métiers montre que seuls 8 % des Français recommanderaient « avec certitude » à un proche d’y travailler. Ce qui limite « la capacité des acteurs industriels à recruter et à se développer dans la durée », regrette l’association d’anciens élèves. Pourtant, dans la réalité, il en est tout autre, car la Société des ingénieurs arts et métiers témoigne recueillir plutôt des messages très positifs comme la « fierté des équipes », la « diversité des métiers », les « conditions de travail modernisées », un « sens et une utilité collective ». Et de justifier le lancement de ses journées usines ouvertes, qui entendent réduire cet écart, « en misant sur l’expérience directe, la rencontre et le dialogue ».
Pour son président, il s’agit de « redonner envie d’industrie », ce qui passe par « la rencontre et la pédagogie ». Ainsi, « en ouvrant les portes des usines, nous montrons l’industrie française telle qu’elle est : vivante, innovante et profondément utile à notre avenir collectif », affirme Stéphane Gorce.
Susciter des vocations
Deux journées durant lesquelles élèves et étudiants, du collège à l’enseignement supérieur, éveilleront leur curiosité, en leur faisant découvrir des métiers concrets pour susciter des vocations. Mais aussi aux personnes en recherche d’emploi ou en reconversion, pour rencontrer des entreprises qui recrutent et mieux comprendre les opportunités du secteur. Enfin, les usines participantes ouvriront leurs portes au grand public, « pour mieux appréhender le rôle stratégique de l’industrie dans notre souveraineté, notre économie et notre avenir collectif », fait-on valoir au sein de la Société des ingénieures arts et métiers.
Parmi les nombreuses usines qui participeront, on peut citer UPSA, qui fabrique ses médicaments en France depuis 90 ans. L’entreprise pharmaceutique accueillera le public sur son site d’Agen (Lot-et-Garonne). En régions Centre-Val de Loire, Occitanie et Pays de la Loire, respectivement à Amboise, Montauban, et Saint-Hilaire-de-Voust, Mecachrome dévoilera les coulisses de son savoir-faire dans les secteurs de l’aérospatiale (aérostructures, aéromoteurs), l’automobile (haut de gamme et sport automobile), la défense, le naval, l’énergie et le spatial. Fondé en 1937, le groupe industriel fabrique des pièces et sous-ensembles, à partir de son expertise dans l’usinage de grandes pièces métalliques complexes, les assemblages de haute précision et le travail de la tôle.
Du rasoir Bic au sac Longchamp
A Longueil-Sainte-Marie (Hauts-de-France), Bic organisera des visites sur la fabrication de ses rasoirs, depuis ses lignes de production automatisées. Symétrie, une entreprise française spécialisée dans la conception et la fabrication d’hexapodes de très haute précision, de plateformes robotisées capables de réaliser des mouvements avec une précision inférieure au micron, dévoilera les installations de son usine de Nîmes (Gard). Depuis 2001, elle développe des solutions utilisées dans les secteurs de l’aéronautique, du spatial, naval, de la défense ou des semi-conducteurs.
L’usine Rousseau, située à Lanrodec (Côtes-d’Armor), dévoile l’étendue de son expertise en métallurgie. Destinées aux infrastructures et aux espaces publics, ses pièces métalliques sont réalisées selon plusieurs savoir-faire : transformation des métaux, chaudronnerie, assemblage et fabrication sur mesure. La visite de ses ateliers offre un aperçu complet des différentes étapes de la transformation du métal.
Pour les passionnés de mode, c’est à Segré (Pays de la Loire) qu’ils pourront découvrir les secrets de fabrication des sacs Longchamp. L’entreprise valorisera aux yeux du grand public la qualité des matériaux utilisés et la précision de ses finitions.