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L’Alliance du fabriqué en France est lancée

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Entreprise Par Malcom TCHAMTE Publié le  16/02/2026
Alliance du fabriqué en France
L'Alliance du fabriqué en France a un objectif : replacer la production au cœur de notre souveraineté.

Face à l’urgence économique et sociale, l’Alliance du fabriqué en France réunit pour la première fois syndicats, employeurs et experts. Ce collectif transpartisan propose d'utiliser la commande publique, la formation et l'épargne des ménages pour restaurer la souveraineté productive du pays.


Le chantier de la réindustrialisation est tel qu’il nécessite une union sacrée entre tous les acteurs de l’économie du pays. C’est en tout cas dans cet esprit que l’Alliance du fabriqué en France a vu le jour le 2 février, réunissant ainsi un collectif d’organisation mues par une même conviction : celle que le succès de la production nationale repose sur l’avancée conjointe des enjeux économiques, sociaux et environnementaux.

À l’origine de ce projet, Amir Reza-Tofighi, président de la CPME (Confédération des Petites et Moyennes Entreprises) donne ainsi naissance à une initiative qui se veut résolument tournée vers le pragmatisme et l’action, assurant que « notre Alliance est ouverte et transpartisane. Notre exigence, c’est une ligne commune centrée sur le fabriqué en France, avec des mesures concrètes et immédiates plutôt que des grands plans sur la comète. » Ainsi, en plus de la CPME, l’Alliance du fabriqué en France regroupe des industriels, des experts, des associations, ainsi que des organisations patronales. Car, selon les mots de François Hommeril, président du syndicat CFE-CGC (Confédération française de l’encadrement – Confédération générale des cadres), « produire en France, c’est possible à condition de comprendre l’entreprise et d’associer la vision stratégique de l’entrepreneur à l’engagement des salariés ».

La commande publique comme levier de souveraineté

Pour concrétiser cette vision, l’Alliance a identifié plusieurs chantiers prioritaires dans une optique de réindustrialisation nationale. Le premier d’entre eux concerne la commande publique, un moteur économique dont le potentiel est, selon ses adhérents, largement inexploité : ainsi, seuls 22 % des achats publics actuels sont orientés vers la fabrication française. La faute, selon l’Alliance, à un cadre juridique en vigueur qui pèserait trop lourdement sur l’audace des 26 000 acheteurs publics français, qui sont les seuls en Europe à risquer une responsabilité pénale. Une situation qui favoriserait trop souvent ce qu’elle qualifie de « maladie du moins-disant prix ».

L’Alliance propose donc d’outiller ces acheteurs pour qu’ils adoptent une pédagogie du coût total. Une approche qui permettrait de valoriser les retombées fiscales et sociales sur le territoire plutôt que le seul prix facial. « La commande publique peut sauver des usines : quand chacun prend sa part, on garde l’outil productif et on repart. En 10 ans, si on finance l’économie réelle, on peut équilibrer la balance commerciale et payer notre train de vie », résume ainsi Arnaud Montebourg, ancien ministre du Redressement productif.

Un pacte pour les compétences et le financement

Parallèlement à la sécurisation des volumes de commandes, l’Alliance entend répondre au défi critique des ressources humaines. Olivier Llusani, professeur au Conservatoire national des arts et métiers rappelle ainsi que « 60 000 postes industriels sont vacants chaque année. Une part significative des jeunes formés ne rejoint pas l’industrie, les formations étant parfois éloignées des bassins d’emploi et des besoins réels des entreprises ». Pour y remédier, l’Alliance propose des solutions immédiates comme la mise en place d’une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences territoriale, le développement des Ecoles de production ou encore la création de microcertifications localisées. Des dispositifs qui permettraient d’accompagner la montée en gamme des produits, tout en sécurisant les parcours des salariés.

Enfin, le financement de cet appareil productif constitue le troisième et dernier pilier de la stratégie. Car, alors que l’épargne des ménages français s’élève à 6 600 milliards d’euros, les PME et ETI industrielles peinent encore à se financer sur le territoire. L’Alliance propose donc de flécher volontairement cette épargne, notamment salariale, vers des fonds spécifiques dédiés à l’industrie française avec une gouvernance paritaire.

Une feuille de route opérationnelle

L’action du collectif s’inscrit dans un calendrier rigoureux. Dès le premier mois, une boîte à outils sera mise à disposition des acheteurs publics pour faciliter l’intégration de critères de durabilité et d’origine. Le lancement de deux fonds d’épargne industrie France est prévu sous 120 jours, tandis qu’un baromètre public mesurera dès la rentrée l’évolution des pratiques d’achats nationaux. Enfin, avant la fin de l’année 2026, dix rencontres territoriales entre acheteurs et filières industrielles permettront de sceller des marchés pilotes intégrant une traçabilité d’origine et une pondération sociale renforcée. De quoi dessiner les contours d’une souveraineté retrouvée, où la production redevient le cœur battant des politiques économiques.

L’Alliance du fabriqué en France est lancée
Malcom TCHAMTEJournaliste qui tel un grain de sable, infiltre la machine industrielle pour en déceler tous les rouages

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