Falcon 10X : la nouvelle génération de jets privés
Le nouvel avion de Dassault marque une étape majeure dans l’aviation d’affaires. Alliant confort XXL, technologies avancées et performance inédite, ce biréacteur redéfinit les standards des jets privés pour les vols long-courriers.
Nous l’avions évoqué dans les colonnes de Machines Production en mai 2021. Deux événements en un. Quand un constructeur dévoile un nouvel aéronef, cela reste un moment marquant. Mais le second temps fort consistait à présenter la prochaine génération d’avions d’affaires de Dassault Aviation alors qu’il n’était pas encore sorti des chaînes de production. Et pourtant, il était bien là. En raison des contraintes sanitaires dues à la pandémie de Covid-19, l’avionneur avait organisé une conférence de presse en live streaming sur Internet, avec une représentation virtuelle grandeur nature du nouvel oiseau de métal et carbone. Et le résultat était assez bluffant. Cinq ans plus tard, le voilà en chaire et en os, ou plutôt en composites et truffé d’innovations technologiques. Le Falcon 10X a été dévoilé le 10 mars à 20 heures exactement, bien réel cette fois-ci, puisqu’il était présenté, devant plus de 400 invités, dans le nouveau hall de production, à Bordeaux-Mérignac.
Selon son constructeur, il s’agirait de l’appareil offrant « la cabine la plus grande pour un avion d’affaires ». D’une largeur de 2,77 mètres pour 2,03 mètres de hauteur et parsemée de 38 hublots extra-larges, elle est plus grande que celle de certains avions régionaux. « L’objectif est de permettre aux passagers de vivre à bord de l’avion comme dans leur vie quotidienne, et non comme un long interlude entre le point de départ et la destination », a souligné son PDG Éric Trappier. Le nouveau jet privé de Dassault a nécessité des « innovations dans presque tous les domaines », grâce à l’expertise que la firme a puisée dans ses programmes d’avions de combat afin d’améliorer l’aérodynamique, les matériaux, l’avionique et les commandes de vol du 10X.
Aux portes du mur du son
Le biréacteur volera à des vitesses approchant le mur du son (soit 0,925 Mach, c’est un peu plus de 1 000 km/h) avec une autonomie de 13 890 km. Ce qui permettra à son propriétaire d’assurer les liaisons les plus prisées, comme un New York-Shanghai, Los Angeles-Sydney, São Paulo-Dubaï ou Pékin-Paris, à une altitude de croisière de 12 500 mètres.

Le Falcon 10X de Dassault Aviation lors de sa sortie d’atelier à Bordeaux-Mérignac, le 10 mars. ©A. Daste/Dassault Aviation
Le Falcon 10X est le premier avion d’affaires doté d’une voilure entièrement composite. Sa structure combine les dispositifs hypersustentateurs traditionnels, volets et becs, avec une architecture composite de nouvelle génération, destinée à améliorer l’efficacité aérodynamique tout en réduisant le poids. « Les Falcon de Dassault ont toujours été à la pointe de l’aviation d’affaires, soulève Éric Trappier, et le 10X ne fait pas exception, incarnant les meilleures technologies disponibles. Du point de vue de l’utilisateur, l’équation est simple : une expérience objectivement meilleure. »
Ecrans tactiles et automatisation
En s’installant dans son poste de pilotage, l’équipage découvrira NeXus, nom donné au cockpit, considéré par Dassault Aviation comme « le plus avancé jamais installé dans un avion d’affaires ». Conçu pour réduire la charge de travail des pilotes et améliorer la compréhension de l’environnement opérationnel, surtout durant les phases de vol exigeantes, NeXus comprend de grands écrans tactiles avec de nouveaux outils d’automatisation afin d’aider les pilotes à gérer des missions complexes. Pour plus de sécurité en situations de faible visibilité, le système FalconEye Enhanced Vision System assistera l’équipage lors de manœuvres complexes, telles que les approches circulaires nocturnes.
Le Falcon 10X incorpore également la troisième génération du système de commandes de vol numériques. Intégré à une mono-manette intelligente (Smart Throttle), inspirée des commandes de l’avion de chasse Rafale, le système gère automatiquement les deux moteurs, via une seule manette, tout en assistant les pilotes avec des fonctions telles que les décollages et montées en réduction de bruit ou les reprises stabilisées. « Ces capacités numériques combinées permettent de proposer le premier mode de récupération automatique dans un avion d’affaires, augmentant encore le niveau de sécurité », souligne le seul fabricant au monde à concevoir et construire à la fois des avions de combat et des jets privés.
Moteur Rolls-Royce
Quant à sa motorisation, l’avionneur a choisi le nouveau moteur Pearl 10X de Rolls-Royce, considéré comme « le plus efficace disponible dans le secteur de l’aviation d’affaires ». Le réacteur anglais est doté d’un système basse pression, générant une poussée supérieure à 8 000 dN (18 000 lb). « Aujourd’hui est un jour très spécial pour Rolls-Royce et notre équipe. Nous sommes ravis et fiers de fournir la poussée pour cet avion extraordinaire, et je tiens à féliciter la famille Dassault ainsi que l’équipe Falcon en cette occasion spéciale », a déclaré de son côté le Dr Dirk Geisinger, directeur aviation d’affaires chez Rolls-Royce.