Un dérèglement climatique des affaires
Comme tous les deux ans, la vallée de l’Arve, berceau du décolletage français, accueille le Salon international de la machine-outil de décolletage, à La Roche-sur-Foron, en Haute-Savoie. Le Simodec se déroulera, du 10 au 13 mars, sur les 22 000 m² du parc des expositions de Rochexpo. La revue Machines Production et plus particulièrement son édition régionale Vallées, tiendra un stand, alors que cette nouvelle biennale continuera de mettre à l’honneur un territoire reconnu pour et par son industrie du décolletage. Ici, le dynamisme économique n’est plus à démontrer. Les décolleteurs continuent de résister malgré toutes les tempêtes qui les ont frappés. Il faut dire que ce tissu industriel unique est particulièrement résistant aux bourrasques. Après la crise de la connectique au XXe siècle, puis celle de l’économie financière plus récemment, voilà que le secteur de l’automobile, qui se retrouve secoué par le diesel bashing, vient dérégler une fois de plus le climat des affaires, dans une vallée qui tire encore la majorité de ses revenus (autour de 60 %) du moteur à combustion interne.
« Les observateurs avertis s’accordent pour reconnaître que la conjoncture industrielle est compliquée en ce moment, et notamment dans le domaine de l’automobile, reconnaît le directeur du salon Mathieu Herrou. Ce qui impacte directement l’activité d’excellence qu’est le décolletage. » Mais n’est-ce pas là tout l’enjeu du Simodec, que d’apporter aux visiteurs « des pistes pour s’adapter et ne pas subir cette crise passagère », poursuit M. Herrou, qui a concocté une série de conférences, d’ateliers et de rendez-vous d’affaires pour trouver de nouvelles portes de sortie, pour ceux qui veulent s’éloigner de ce marché trop instable, ou au contraire pour y entrer, mais aussi pour y saisir de nouvelles opportunités, dans le moteur électrique cette fois-ci.
Il faudra alors se rendre dans l’espace « Prospective », où les organisateurs promettent que les décolleteurs pourront se nourrir de témoignages, de retours d’expériences, et d’échanger sur les bonnes pratiques. Bref, pour leur « offrir les outils donnant lieu à une meilleure adaptation sur un secteur fluctuant », indique le directeur de Rochexpo.
En 2018, le salon avait généré un flux d’affaires de 48 millions d’euros entre exposants et visiteurs. Un chiffre qu’il sera peut-être bien difficile de dépasser, voire même d’atteindre, tellement la conjoncture semble si différente en cette année 2020. Mais ne regardons pas le verre à moitié vide. Le fardeau d’une crise est toujours l’occasion de saisir des possibilités de développement. Facile à dire, me direz-vous. Mais les grands changements que traverse notre planète ne vont-ils pas ouvrir de nouvelles perspectives ? Ça c’est pour le verre à moitié plein. Bon Simodec à tous.