Possibilités de croissance pour l’agroéquipement français | Machines Production

Possibilités de croissance pour l’agroéquipement français

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Par Michel PECH Publié le  11/09/2017
Possibilités de croissance pour l’agroéquipement français

Tous les indicateurs européens s’accordent à placer la France en tête de la consommation en machinisme agricole, et en 3e position quant à la production d’agroéquipements. Mais cette industrie, essentiellement mécanique, est à la peine depuis 3 ans. Des solutions sont là pour y remédier et des signes positifs apparaissent sur son marché intérieur pour le second semestre 2017.


Selon l’association française des acteurs de la filière des Agroéquipements et de l’Agroenvironnement, AXEMA, la France reste le 3e pays producteur d’agroéquipements en Europe avec un chiffre d’affaires de 5 Mds €, derrière l’Allemagne et l’Italie. En très forte croissance jusqu’en 2013, la fabrication de machines agricoles connaît depuis un recul marqué sur les trois dernières années. En volume, la production a baissé en moyenne de 5% sur l’année 2016 après un recul de -9% en 2015, alors que son chiffre d’affaires ne reculait « que » de 2,6% en 2016. Plusieurs phénomènes expliquent cette baisse, et plusieurs pistes pourraient ouvrir la voie de son redressement.

Poursuivre les efforts à l’exportation
D’après le Comité Européen du Machinisme Agricole – CEMA –, l’ensemble du marché du tracteur européen a poursuivi sa baisse au cours du premier trimestre 2017, même si cette baisse n’était que de 1,3%. Alors que la demande de tracteurs a augmenté au 1er trimestre en Belgique (+4,9%), au Danemark (+12,6%), en Allemagne (+5,7%), en Italie (+13,8%), en Espagne (+22,3%) et au Royaume-Uni (+26,4%) (par rapport au 1er trimestre 2016), la demande a diminué en Autriche (-10,3%), aux Pays-Bas (-2,3%) et en France (-25,9%). Étant donné la taille du marché dans notre pays, la chute de la demande en France a entraîné la baisse du marché européen du tracteur au 1er trimestre. Si l’indicateur de tendance du CEMA remonte significativement depuis le début de l’année, il faudra attendre le deuxième semestre pour constater une amélioration par rapport à 2016.
Car le marché français est désormais un marché essentiellement de renouvellement. Les fabricants français d’agroéquipements et d’agroenvironnement doivent donc encore renforcer leurs actions à l’export pour se développer. En 2016, les industriels présents sur le territoire français ont exporté 2,9 milliards d’euros de matériels, en progression de 3,3% par rapport à 2015. Pour les constructeurs de tracteurs agricoles implantés en France (Claas, Massey-Ferguson, Kubota…), pour ne citer qu’eux, ces efforts sont déjà largement entrepris avec des parts du marché européen 2016 comprises entre 5,9% et 6,5% pour chacun des acteurs cités. Les fabricants français sont d’ailleurs actifs à l’export en Europe selon les chiffres de 2015, avec près de 34% de parts de marché d’équipements de travail du sol, 24% des matériels de transport et de manutention, 18% pour les matériels d’élevage et 17% du marché des tracteurs agricoles. Il convient donc de viser les marchés mondiaux, comme le souligne Frédéric Martin, président d’Axema : « Souvent concentrés sur l’agriculture, les pouvoirs publics en oublient que l’agroéquipement est un secteur fort du rayonnement de la France à l’international. Le nouveau gouvernement devra pleinement soutenir l’export des équipements et des technologies développés en France afin d’asseoir la place de la France sur les marchés mondiaux ». Or, en moyenne, l’entreprise française d’agroéquipement emploie 33 personnes et réalise un CA d’environ 10 millions d’euros annuels. Plus que d’autres, les PMI ont besoin de l’appui des pouvoirs publics pour se lancer dans l’aventure mondiale, éventuellement en fédérant leurs compétences.

Attirer les investisseurs en France
Même si la France est le 3e pays européen producteur d’agroéquipements, elle reste fortement dépendante de l’Allemagne et de l’Italie pour une partie de ses équipements. Or, la France bénéficie d’atouts importants pour conduire les industriels internationaux à poursuivent leurs implantations en France, en vue de servir les marchés européens. Notre pays est reconnu pour la qualité de ses formations technologiques, sa capacité d’innovation et son accompagnement exceptionnel pour l’implantation de nouveaux sites industriels. Pour Frédéric Martin, président d’Axema, « il est primordial que la France et son nouveau gouvernement prennent la pleine mesure de la nécessité de renforcer les liens avec les industriels français et internationaux pour qu’ils envisagent de développer leurs implantations industrielles en France. » L’attractivité de la France pour les implantations industrielles devrait aussi profiter d’un rééquilibrage positif en cours de la compétitivité des entreprises hexagonales, par rapport à leurs voisins et concurrents européens. Cette attractivité devrait également bénéficier de l’effet French Tech, en prise directe avec ce que l’on appelle la Smart Industrie. De nombreuses entreprises innovent dans les domaines de l’autonomie des machines. Confrontés à des défis économiques, écologiques et sociaux, le monde agro-alimentaire est également très concerné par cette évolution vers la numérisation croissante des moyens de production. Une telle modernisation du parc des équipements agricoles contribue aussi à la croissance du marché, qui devrait devenir positive sur le marché européen dès le second semestre 2017.

Un baromètre à la hausse
À titre d’étude mensuelle adressée aux dirigeants du secteur européen des machines agricoles et couvrant les principales catégories de produits, le Baromètre CEMA fournit une vue d’ensemble régulière des tendances du secteur sur la base du climat actuel des affaires et du chiffre d’affaires attendu pour les 6 prochains mois. Le Baromètre montre clairement de fortes attentes économiques à la hausse pour les prochains mois. Tandis qu’en octobre 2016, une majorité d’entreprises prévoyait un rétrécissement ou une stabilisation du marché au cours des six mois à venir, 53% d’entre elles prévoient aujourd’hui une augmentation de leur chiffre d’affaires pour les six prochains mois.

Possibilités de croissance pour l’agroéquipement français
Michel PECHDepuis qu’il a arrêté de faire des copeaux, il n’arrête pas d’expliquer comment on les fait ! C’est un comble

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