Pas d’industrie forte sans innovation
C’est en cédant ses participations dans des entreprises que l’Etat entend alimenter son nouveau fonds pour le financement de l‘innovation de rupture doté de 10 milliards d’euros. Baisse des charges, simplification réglementaire, formation et soutien à l’innovation seront les quatre piliers de la politique industrielle du pays, selon le gouvernement. Car, pour que la France redevienne une grande nation industrielle (n’oublions pas que l’industrie ne pèse désormais plus que 12,5% du PIB), l’innovation est un levier indispensable. « Notre industrie doit faire sa mue, écrivait Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, dans une tribune publiée dans le numéro d’octobre de MécaSphère, le magazine de la Fédération des industries mécaniques (FIM). Elle doit être capable de produire des biens haut de gamme qui se vendent sur les marchés extérieurs. Elle doit aussi avoir un souci constant, celui de rester à la pointe de l’innovation. »
Pour le ministre, la révolution actuelle est celle du numérique, de la robotisation, de l’intelligence artificielle, des données. La France, qui « doit rester une puissance à la pointe de l’innovation » (notre pays occupe le 15e rang mondial en matière d’innovation, selon le Global Innovation Index) ne devra pas manquer le train de cette nouvelle révolution industrielle, car « ce qui n’est pas fait aujourd’hui, nous le paierons dans les générations prochaines ». Selon Bruno Le Maire, l’innovation n’est pas seulement synonyme de startups numériques. « L’industrie innove : le secteur manufacturier représente 63% de l’effort R&D des entreprises, ainsi qu’une part très importante des brevets déposés chaque année. »
Pour retrouver ce nouvel élan industriel, l’innovation doit être à la portée de toutes les entreprises. Pour qu’elles puissent disposer de conditions de financement adaptées, tout en préservant leur trésorerie, le « prêt Innov & plus » a été créé, afin de financer et accélérer les projets de croissance et d’innovation.
Cela passera aussi par la normalisation, primordiale pour que les entreprises françaises puissent diffuser leurs choix technologiques au niveau international. Quatre domaines stratégiques – le numérique, la fabrication additive, la robotique collaborative et l’assemblage multimatériaux – ont été identifiés par un groupe de travail de l’Alliance Industrie du Futur (AIF) qui planche sur le sujet. « La normalisation est un moyen de soutenir et de diffuser les innovations », souligne l’AIF. Ainsi, accélérer la transformation de nos PMI permettra de retrouver la substance industrielle tricolore, que nous avions perdue à une époque où les pouvoirs publiques considéraient que la « désindustrialisation n’était pas un problème ».