Les PMI en manque de candidats
Si les petites et moyennes entreprises françaises du secteur industriel prévoient de recruter en moyenne deux salariés en 2018, elles peinent à trouver des candidats. C’est ce qui ressort d’une enquête réalisée cet été.
Interrogés lors d’une enquête menée par Sylob et OpinionWay, les dirigeants de PMI se disent optimistes sur l’évolution de la conjoncture économique. 45% d’entre eux déclarent avoir l’intention de recruter au cours de l’année à venir. En effet, selon cette étude, réalisée en juillet 2017 auprès de 302 dirigeants d’entreprises du secteur industriel comptant entre 10 à 249 salariés, les petites et moyennes entreprises françaises du secteur industriel prévoient de recruter en moyenne deux salariés en 2018. Leur cible ? « Une main d’œuvre qualifiée maîtrisant l’ingénierie 2.0 », rapporte le document.
Il faut dire que l’industrie bénéficie d’un bon terreau, avec le soutien des politiques gouvernementales, qui poussent les entreprises, en pleine mutation, à se tourner vers l’industrie du futur, au travers de différents plans. « Déjà engagé, note l’étude, ce changement suppose, notamment, des investissements technologiques pour rendre l’usine intelligente, plus efficace et donc compétitive. » C’est la raison pour laquelle, « le recrutement de compétences apparaît comme le premier moteur pouvant favoriser la croissance de leur activité », affirment les enquêteurs.
L’industrie ne fait toujours pas rêver les jeunes
Ainsi, il apparaît que 74% de ceux qui procéderont à des embauches envisagent avant tout de recruter des ouvriers et techniciens, 13% des commerciaux, 8% des fonctions supports, 7% des cadres dirigeants et 7% des ingénieurs. « Véritable paradoxe, alors même que ce secteur recrute, il peine à recevoir des candidatures », soulève l’institut de sondage, auquel s’est associé l’éditeur de progiciels. Tous deux avancent une explication : l’industrie ne fait pas rêver les jeunes diplômés. Car « elle souffre depuis plusieurs années d’une image vieillotte qui ne les incite pas à postuler ». Et comme le montre un autre sondage OpinionWay, pour Arts et Métiers ParisTech cette fois, 53% de lycéens en section scientifique ou technologique, ne se voient pas travailler dans le secteur industriel. Une étude qui avait été réalisée en janvier 2017 auprès de 500 lycéens en série S et technologique.
D’après les enquêteurs, dans l’opinion publique, le travail manuel est perçu comme pénible, répétitif, voire même dangereux. Une réputation qui contribue largement à la pénurie de certaines compétences : chaudronnerie, soudure, réglage, autant de domaines, où il est compliqué aujourd’hui de trouver des candidats malgré un taux de chômage élevé, soulève l’étude. « Et pourtant, les postes proposés relèvent davantage du contrôle ou de la surveillance informatisés », estime-t-elle.