Le monde continue de se robotiser
C’est un record. Avec 422 260 robots industriels vendus dans le monde en 2018, le marché affiche une croissance de 6 % par rapport à 2017, où l’on dénombre un parc installé de 2,5 millions de robots polyarticulés, Scara et autres hexapodes. « Nous avons connu une performance dynamique en 2018 avec un nouveau record de ventes, alors même que les principaux clients des robots – l’industrie automobile et l’électro-électronique – ont connu une année difficile », a déclaré Junji Tsuda, président de la Fédération internationale de robotique (IFR), dans son rapport annuel.
Incontestablement, la Chine reste le plus gros consommateur. La part de marché de 36 %, avec environ 154 000 unités installées en 2018, la propulse devant le Japon, la Corée du Sud et les Etats-Unis. De même, il faut souligner que si ce nombre de robots installés dans les ateliers chinois est en baisse de 1 %, leur quantité reste supérieure à celle de l’Europe et des Amériques réunies. Justement, qu’en est-il sur le Vieux Continent ? Si l’industrie allemande reste la plus robotisée, elle est talonnée par l’Italie et désormais la France. Outre-Rhin, ce sont plus de 26 000 robots qui ont été vendus en 2018, sur un parc de 215 000, tandis que l’Italie a acquis près de 10 000 robots, sur un parc de 69 000. Quant à la France, les industriels ont acheté pratiquement 6 000 robots, sur un parc de 38 000. « En 2012, il se vendait en France, presque 3 000 robots, avec un chiffre qui a doublé en sept ans. L’image a changé sur la robotique et cela se ressent sur les ventes », nous a confié un expert en robotique.
Si l’automobile demeure le premier marché avec 30 %, n’oublions pas qu’il y a 25 ans, c’était 75 %. Ainsi, on assiste à un développement dans tous les marchés : de l’électronique, à la plasturgie, en passant par le médical et l’agroalimentaire.
Troisième plus grande cliente, l’industrie des métaux et machines a absorbé 10 % de la demande totale, en 2018. Qu’il s’agisse des entreprises de produits métalliques (sans pièces automobiles) que des constructeurs de machines industrielles, leurs installations ont atteint, l’an dernier, 43 500 unités, toutefois en baisse de 1 % par rapport à 2017, année record avec 44 191 unités.
Enfin, aujourd’hui, on ne peut pas évoquer la robotique sans parler de cobots. Conçus pour exécuter des tâches dans le même espace de travail que les travailleurs humains, ces robots collaboratifs continuent d’affluer dans les ateliers, avec une progression de 23 %. Mais, ils ne représentent que 3,24 % de la totalité, « malgré une très forte médiatisation des cobots », soulignera notre expert.