En France, l’industrie du futur se lève à l’Est
La transformation 4.0 des entreprises, tout le monde en parle. Pour l’industrie, cette révolution serait tout aussi impactante que l’arrivée de la roue, de l’imprimerie ou de l’électricité. Ainsi, le salon 4.0 de Mulhouse, qui s’est tenu les 19 et 20 novembre, est à la fois une vitrine et un facilitateur pour les industriels du Grand Est et transfrontaliers.
Troisième région industrielle française, hors Ile-de-France, pour les emplois et la valeur ajoutée, le Grand Est se dote progressivement des moyens nécessaires à ses ambitions numériques. Le salon des industries du futur de Mulhouse et la mise en œuvre du programme « Territoire d’Industries » dans la région vont faciliter ce passage à l’acte. Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, en visite sur le salon pendant toute la première journée, le 19 novembre, a d’ailleurs annoncé que « mille entreprises supplémentaires allaient faire l’objet d’un diagnostic et d’un accompagnement en vue de leur digitalisation ; une enveloppe de 200 millions d’euros étant prévue pour cela ». Pour les industriels de la région, la transformation numérique et l’intelligence artificielle sont des facteurs de compétitivité et de rentabilité. Et ce, tout au long de la chaîne, de la conception à la fabrication et à l’intégration dans les process, en passant par le contrôle de qualité ou la formation des techniciens. L’occasion pour la secrétaire d’Etat de rappeler lors de la séance plénière inaugurale du salon que « 80 % des métiers qui seront exercés dans 20 ans ne sont pas encore connus ».
Vu sur le salon
Les 270 exposants présents au salon BE 4.0, dont 40 internationaux, proposaient des solutions et des innovations le plus souvent « disruptives », et dans des domaines aussi variés que la robotique et cobotique, le lean management, la réalité virtuelle et augmentée, la transition énergétique… Les grands groupes industriels (EDF, Schneider, Siemens, PSA, Clemessy, EDF…) côtoyaient les PME françaises (Baumer, Bossard, CMS automatisme, Ekium, Divalto, Thurmelec…), les 55 start-up et les écoles, instituts de recherche et les six pôles de compétitivité. De nombreux bureaux d’études proposent désormais d’aider les entreprises à l’intégration 4.0 de leurs ateliers, avec chacun ses spécialités, par secteur, comme par exemple Teep Track qui propose de suivre la performance de tout système automatique existant, grâce à des capteurs particuliers ; Secma qui conçoit et fabrique à la demande des machines spéciales qui intègrent dans l’entreprise les logiciels, la 3D et la robotisation, ou encore Salmoni qui conçoit des logiciels pour adapter et automatiser les lignes de conditionnements de produits plats (métal et panneaux)… Très présents aussi lors des démonstrations, les caméras et systèmes de vision 2D et 3D se généralisent dans les lignes automatiques. C’est le cas pour MA Industrie chez qui des systèmes de visions en 2D ou 3D s’intègrent dans les opérations de dévracage. Les caméras analysent l’image et facilitent la manipulation y compris de pièces complexes. Le système de vision présenté par Actemium, une caméra fixée sur le bras robotisé, permet un contrôle qualité en temps réel avec une adaptation dynamique. De même, Procid a mis au point un nouveau bras de dévracage qui s’adapte aux cadences de production.
Contrôle en ligne de production sans interruption
Du côté de la réalité virtuelle, Keveo présentait un système de Contrôle 3D en immersion. Un jumeau numérique de la pièce est créé dans une perspective de formation et de contrôle. Il permet de satisfaire l’essentiel des besoins en contrôle qualité et à moindre coût. Parmi les niches technologiques, Ponant technologies se propose de tester les interfaces homme-machine, tablettes et autres boîtiers de commandes sans intrusion et à fortiori sans les démonter. Des éléments essentiels mais dont la fiabilité n’est pas assez testée ! Le Cetim présentait sur son stand des résultats de ses recherches avec des systèmes élaborés comme la méthode 3 MA ou la technologie LIBS qui permettent une analyse non destructive et un contrôle des pièces métalliques en cours de fabrication et sans interrompre les chaînes de production. Simsoft industry proposait un assistant vocal « intelligent ».
Dédié aux techniciens de l’industrie, Vogof est capable de parler leur langage spécifique et d’interagir de façon plus naturelle avec les logiciels sans interrompre le travail du manipulateur, ce qui rend le travail plus sûr et plus confortable. Du côté des robots collaboratifs, Crevoisier a amélioré sa cellule de polissage collaborative à programmation intuitive C710. Mise au point pour des travaux complexes et fins de l’horlogerie, ce robot collaboratif apprend des gestes précis de l’expert métier et peut ensuite les reproduire à l’infini. Le nouveau modèle présenté permet en plus un changement d’outils rapide pour encore plus de flexibilité. PSA, très présent dans la région et sur le salon, présentait aussi son nouveau moteur électrique IGMP destiné aux 208, DS3 et Corsa entièrement construit et assemblé dans la nouvelle usine du groupe à Metz et qui produira 230 moteurs par jour en 2020.
Pour ne pas rater les prochaines étapes de l’industrie du futur, notez déjà sur vos agendas la prochaine édition du salon B.E 4.0 qui aura lieu les 17 et 18 novembre 2020.