Les décolleteurs en rêvaient, Gital l’a fait
L’usine italienne Gital a permis à DMG MORI de remporter le trophée de l’innovation du Simodec, catégorie MOCN, renforcé du Simodec d’or 2018. Les professionnels du jury ont ainsi plébiscité le tour multibroche Multisprint 25. Ce n’est pas un hasard.
La rénovation récente de l’usine de Gildemeister Italiana semble avoir donné des ailes à son expertise en décolletage. Lors du salon international du décolletage Simodec, le stand DMG MORI présentait une pépite de technologie pour le tournage automatique multibroches CNC, conçue et construite dans l’usine proche de Bergame.
Le tour MultiSprint 25 est effectivement le premier tour multibroche combinant le tournage en barre en poupée mobile – avec ou sans canon – et le tournage en poupée fixe. Avec une intervention d’environ deux heures pour la mise en place du kit d’adaptation, relativement simple à mettre en œuvre, ces deux technologies, a priori difficilement compatibles en multibroche, peuvent désormais cohabiter sur un même modèle de machine. Et si les décolleteurs l’ont plébiscité, ce n’est pas uniquement pour l’exploit technologique, mais surtout pour les implications économiques et les différentes perspectives d’usinage que cela implique.
A quoi ça sert la poupée mobile sur un multi ?
En réalité, les ingénieurs du bureau d’étude ont fait cohabiter six tours à poupée mobile Sprint dans un barillet, combinant six broches, face aux porte-outils adaptés à ce type de travail, avec un dispositif de reprise arrière simple ou double. Si la poupée est en position fixe, le tour peut usiner de manière classique des pièces en mandrins ou en pince, pour l’usinage de lopins de 50 mm de diamètre et 80 mm de longueur. C’est le travail en poupée fixe.
Lorsque son équipement est monté pour qu’il puisse travailler en poupée fixe, le Multisprint 25 dispose alors de deux options, avec ou sans canon. Il est alors apte à usiner des pièces de 36 mm de diamètre et d’une longueur de 100 mm sans canon, et jusqu’à 180 mm si la poupée mobile est équipé d’un canon. Le Swisstypekit consiste à installer le dispositif pour rajouter le canon, permettant de mieux tenir la barre pour ce déplacement plus long en axe Z. Quant à elles, les glissières transversales sur les six broches (en option jusqu’à huit) ont toutes un axe Y, avec une distance de déplacement de 100 mm et un axe X avec une distance de déplacement de 50 mm.
Ainsi, les Multisprint peuvent passer du tour automatique court au tour automatique long, en moins de deux heures. La vitesse de rotation maximale est de 7 500 tr/mn. Une ou deux contre-broches peuvent être installées, avec les chariots correspondants avec les axes X, Y et Z. Une station d’outil peut accueillir jusqu’à 28 outils et la machine dispose de 24 outils rotatifs entraînés.
Les temps de cycles et d’installation sont réduits, les coûts de développement et d’intégration revus à la baisse, et un degré croissant de complexité permettent l’usinage hautement productif de pièces complexes et plus longues. Un embarreur capable d’accompagner les barres dans ce type de travail en poupée mobile a été conçu, en partenariat avec le constructeur Pietro Cucchi. « D’autres constructeurs de ravitailleurs pour multibroches développent leurs propres solutions », complète l’ingénieur Marco Colombo, directeur des ventes à l’exportation. En plus de l’embarreur en amont, jusqu’à deux robots peuvent être utilisés dans l’aire de travail, pour l’usinage d’éléments sur mandrin. L’un d’eux permet la rotation à 180° de la pièce pour les reprises en face arrière. « La capacité de production des Multisprint 25 et 36 équivaut à trois, voire quatre machines monobroches Sprint », souligne Marco Colombo.
Plus de vingt machines en production ou livraison
Plusieurs tours multibroches MultiSprint 25 sont déjà en cours de production industrielle, chez des utilisateurs allemands et italiens, une machine de ce type devant être livré prochainement en France. « Ce devrait être la vingt-septième machine Multisprint 25 livrée », nous disait Sylvain Badin, vice-président de DMG MORI France. « Nous voulons livrer au décolletage français des tours multibroches éprouvés, testés et dont la fiabilité ne peut plus être mise en cause », affirme-t-il.
La valeur indicative de vente pour un modèle de base est d’environ 900 k€. Il convient d’ores et déjà de prévoir un délai de livraison en fin d’année, voire début 2019, pour une commande en mars.
En consacrant ce tour, présenté en première mondiale lors de l’EMO 2017 et en première française au Simodec, les Trophées de l’innovation 2018 pointent ainsi une véritable innovation dans le domaine de la machine-outil. La combinaison aussi facile des technologies poupée fixe et poupée mobile (sous brevet) sur tour multibroche ouvre une flexibilité très importante à cette technologie hautement productive, pour des pièces de complexité moyenne à forte. Les décolleteurs en rêvaient, DMG MORI l’a fait.