Quelle place pour l’homme dans une usine 4.0
Organisée à Paris le 12 décembre, la première édition de l’Agora industrie livrera ses recommandations pour que l’humain ait toute sa place au sein de cette transformation digitale des entreprises.
C’est l’une des questions pour laquelle il faudra trouver les réponses si l’on veut que la transformation digitale des entreprises industrielles soit un succès. Quelle sera la place du salarié, comme du dirigeant, dans l’Industrie du Futur ? Pour y répondre, une plateforme d’échanges sur les compétences a été lancée par l’Alliance Industrie du Futur (AIF), le Cercle de l’industrie, le CNI (Conseil national de l’industrie), le GFI (Groupe des fédérations Industrielles) et la CNS (Commission nationale des services). Lors d’une conférence de presse donnée le 6 septembre à Paris, ces cinq structures ont annoncé le lancement de la première édition de l’Agora industrie, qui se tiendra le 12 décembre à la Maison de la Mutualité (Ve arrondissement), sur le thème : « L’Homme au cœur de l’industrie du futur ».
« L’industrie c’est la fabrique de l’avenir, à condition de s’occuper des hommes », a rappelé Philippe Darmayan, président de l’AIF. Une agora qui a pour objectif de « faire émerger une vision de l’entreprise industrielle du futur imaginée par ses salariés, les entrepreneurs et les jeunes, et de resserrer les liens entre le monde éducatif et le monde professionnel ».
Perspectives applicables rapidement
Le résultat de ce travail collectif, animé par Laurent Carraro, ancien directeur d’Arts et Métiers ParisTech, sera dévoilé lors du grand forum en décembre. De même que les conclusions seront intégrées à la feuille de route de l’AIF, « afin que les premières initiatives se concrétisent rapidement », précise l’Alliance. Il s’agit d’initier une réflexion prospective et dynamique sur la thématique de « L’Homme au cœur de l’industrie du Futur », et a pour objet premier de tirer des perspectives applicables rapidement, en s’articulant le 12 décembre prochain, autour de quatre ateliers ad hoc et déjà constitués, ainsi qu’une plateforme de consultation citoyenne.
Le premier atelier concerne l’organisation et le management à l’intérieur de ce nouveau modèle industriel. Il est présidé par Christophe Catoir, PDG de The Adecco Group France. Un nouveau modèle, pour lequel, dans l’Industrie du Futur, « il y aura autant d’opportunités que de potentiels risques ». Lors de son intervention à la conférence de presse, M. Catoir a abordé le sujet de la transformation numérique. « De quoi on parle ? », s’est-il interrogé. « Nous avons rassemblé toute la littérature sur ce sujet-là, mais il nous reste à en faire une colonne vertébrale, ce qui n’est pas si simple. » Et de rappeler qu’en ce qui concerne la numérisation des usines, « un quart des entreprises disent savoir de quoi on parle, mais n’ont pas de plan. Un quart disent savoir de quoi on parle et ont un plan. La moitié savent qu’il y a quelque chose qui se passe, mais n’ont encore rien fait ». Bien sûr, la transformation numérique aura un impact sur la relation avec la hiérarchie. Il s’agira de faire évoluer la culture d’entreprise, en accompagnant le dirigeant. Et à Christophe Catoir de soulever « l’importance de la brique du dialogue sociale ».
De nouveaux profils de salariés
« Formation et accompagnement des salariés et futurs salariés », tel est le thème du deuxième atelier. On y abordera « les problématiques d’impact des nouvelles technologies sur le travail, les nouveaux profils nécessaires, les modalités de formation initiale et professionnelle qui s’en déduisent », décrit-on à l’AIF. Son président est Alain Cadix. Pour ce membre de l’Académie des technologies et président de l’AFDET (Association française pour le développement de l’enseignement technique), il faudra désormais parler de « combinaison originale des compétences plutôt de compétence d’un collaborateur ». Soulignant que la constante de temps dans les entreprises et les établissements de formation n’étant pas la même, « cette difficulté-là devra être traitée et appréhendée ».
Présidé Christophe Lerouge, directeur de la Direccte Occitanie, le troisième atelier s’intéressera au rôle des pouvoirs publics et institutionnels dans l’accompagnement de cette transformation. « Comment diffuser cette bonne parole dans toutes les entreprises du territoire et impliquer ses acteurs du territoire, notamment les PME ? » s’interroge M. Lerouge.
Enfin, le dernier atelier se présentera sous la forme d’un « challenge national des lycéens, étudiants et jeunes diplômés ». Son ambassadrice, Melissa Perez, étudiante Arts et Métiers ParisTech, conviera des centaines de participants (lycéens, étudiants, jeunes diplômés) à débattre sur les thèmes des trois ateliers.