Fonderie : la flexibilité, un atout gagnant
En intégrant la totalité de son activité de fonderie en France et en y associant l’usinage, Alroc, qui occupe la première position de notre classement « Fonderie des métaux légers », a misé sur la réinternalisation de sa production.
A Tuffé Val de la Cheronne (Sarthe), Alroc, 33 personnes, affiche un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros (2016) et une valeur ajoutée par effectif de 80 844 euros. Ce qui propulse la PME sur la première marche de notre classement, pour la catégorie « Fonderie de métaux légers ». Positionnée sur un marché de niche, elle conçoit, développe et produit une gamme d’outils de préparation de câble et de colliers de fixation. « Nos produits sont très techniques, ce sont des produits de sécurité », indique Jean-Noël Rey, CEO du groupe Novarc, holding d’Alroc.
C’est en 1940 que la société Alroc fabrique ses premières roues et poulies, à l’initiative de Fernand Roux. 45 ans plus tard, la petite entreprise obtient deux premiers prix : le concours Lépine, à Paris, et celui d’Eureka, à Bruxelles, pour ses outils de préparation de câble. D’abord intégré à l’une des filiales du groupe français Novarc, en 2009, puis abritant à son tour le fabricant de cosses, connecteurs et manchons Soreca, Alroc revendique un savoir-faire de plus de 70 ans dans l’usinage des métaux, la conception de moules et la fonderie par gravité. La fabrication s’organise autour d’un bureau R & D et industrialisation, doté de logiciels de CAO (2D et 3D), FAO, GPAO, de rétroconception et de gravure. Elle regroupe une fonderie d’aluminiums, d’alliages cuivreux et de bronze, dont les volumes sont passés de 40 à 70 tonnes d’alu et de cuproaluminium, par an.
Réduire les délais de livraison
Mais Alroc, c’est aussi un atelier de réalisation des prototypes et moules, doté de centres d’usinage verticaux à commande numérique, fraiseuses conventionnelles et d’une électroérosion, couplé à la partie rectification et affûtage. Tout est usiné en interne à partir d’un parc de cinq centres d’usinage à commande numérique et cinq tours CN Mazak pour la finition des pièces brutes de fonderie. « En choisissant Mazak, nous disposons de machines performantes qui nous permettent de n’avoir plus de limites techniques pour répondre aux cahiers des charges de nos clients, même sur les pièces les plus complexes », affirme Stéphane Valli, directeur général délégué d’Alroc.
Cette filiale du groupe industriel de Malataverne (Drôme) doit aussi sa réussite à une politique d’investissement dans son outil de production. Une PME soucieuse d’intégrer de nouveaux procédés de fabrication et des technologies innovantes, pour garantir des « délais de livraison toujours plus courts et une compétitivité sur les marchés nationaux et internationaux », se justifie-t-elle.
Aujourd’hui, ce sont 3,3 millions d’euros qui ont permis de financer l’agrandissement de l’usine (1,5 million), passant de 200 à plus de 500 m², et pour l’équiper de six fours électriques (1,8 million). Car, si une partie de l’activité fonderie avait été confiée à un sous-traitant européen, Alroc compte désormais maîtriser, dans ses murs, la totalité de sa production. « Pour bénéficier de plus de compétences en interne et plus de flexibilité », explique M. Valli. Pour rester compétitif avec les pays de l’Est, un îlot robotisé a permis d’automatiser une partie de la fonderie, affichant une cadence de 250 000 pièces à l’année, éliminant des manipulations humaines pénalisantes pour la productivité. Puis, c’est la réactivité qui s’en retrouve améliorée. « Et les marges ne vont pas chez nos confrères. Notre force vient que nous maîtrisons désormais nos process de A à Z pour un taux de service encore plus élevé », juge Stéphane Valli.
Jean-Noël Rey le reconnaît : « La fonderie, ce n’est pas le métier le plus simple. » Mais le groupe Novarc a voulu « faire le pari de réinternaliser la production que nous avions confiée en sous-traitance en Europe de l’Est, de manière à maîtriser toute la chaîne du savoir-faire ». Et en 2018, promet-il, cette nouvelle stratégie viendra accroître la part de valeur ajoutée réalisée en 2016, « au niveau de la volumétrie par elle-même et celle par employé ».
Sous-traitance interne
Une stratégie qui va bénéficier à l’ensemble des entités de Novarc. « En réintégrant toute la fonderie, nous le faisons non seulement pour Alroc, mais aussi pour les autres activités du groupe, qui utilisent de la fonderie d’aluminium principalement », relève M. Rey. « Alroc travaille désormais comme un sous-traitant pour les filiales du groupe, comme c’est le cas actuellement avec Fameca. L’idée, c’est que notre société devienne le pôle mécanique de Novarc », affirme Stéphane Valli.
En termes de management, cette nouvelle organisation a été partagée entre un responsable de la production, et un aux achats et à la supply chain. En 2018, Alroc prévoit même d’embaucher une dizaine de personnes. Faute de candidats qualifiés, l’entreprise privilégie la formation en interne. « Nous prenons des jeunes qui veulent bosser, qui ont de l’envie et du savoir-être », prévient M. Valli. Et la motivation des collaborateurs d’Alroc passe également par un système d’intéressement. Il existe aussi, ce que Stéphane Valli appelle les lettres de mission. « Des missions à accomplir dans l’année et suivant le niveau atteint, nos collaborateurs bénéficient d’une prime », explique le dirigeant. Dans les ateliers, on pratique les 5S. Même le personnel du bureau d’études est concerné par les primes, « pour sa capacité de création, de développement de nouvelle typologie de pièces », jusqu’au responsable de production, « pour ses taux de service atteints ».