Le décolletage sur la bonne pente
A quelques jours du Simodec, le Salon international de la machine-outil de décolletage, qui se tiendra en Haute-Savoie, du 6 au 9 mars, et auquel nous consacrons de nombreuses pages dans ce premier numéro Vallées de l’année, un vent d’optimisme continue de souffler. Comme dans les autres secteurs de la sous-traitance industrielle, où les carnets de commandes sont pleins, le décolletage affiche une santé florissante. A fin octobre 2017, la croissance a atteint 6% par rapport à 2016 (selon les dernières données du Syndicat national du décolletage), année qui avait déjà été dans le vert. Pourtant, dès janvier 2017, les premiers chiffres recueillis par le SNDEC laissaient penser que l’année s’achèverait plutôt sur une croissance de l’ordre de 3%. Tellement l’activité semblait accuser un ralentissement. Mais cela n’a pas été le cas. Un dynamisme a été retrouvé quelques mois après, accéléré probablement par le résultat d’une élection présidentielle extrêmement tendue.
Des investisseurs rassurés. Des entrepreneurs motivés. Des décolleteurs débordés. Devant un tel enthousiasme, voilà que deux mauvaises nouvelles gâchent la fête. La première : c’est la hausse du prix des matières premières, qui vient grignoter les marges des entreprises de décolletage, gros consommateurs de métal. La deuxième : la pénurie de main-d’œuvre. Certes ce n’est pas une nouveauté pour ce département limitrophe à une Suisse dotée d’un grand nombre de manufactures horlogères, dont les salaires proposés sont particulièrement attractifs. Sauf que cette fois-ci, cette pénurie vient d’avoir un effet pervers, celui de devoir, pour certains décolleteurs (difficile de connaître leur nombre exact), refuser des commandes, faute de personnel suffisant. Un problème de riches, direz-vous. Mais un problème quand même. A cela s’ajoutent les charges trop élevées, qui pèsent sur ces petites et très grandes structures, et qui ralentissent leur volonté d’investir.
Seulement voilà, une autre difficulté est en train de pointer le bout de son nez chez les champions des pièces mécaniques pour l’automobile. Car un nouveau défi les attend : celui de la fin programmée, à plus ou moins long terme, des moteurs thermiques. Bien que certains industriels ne croient pas à la mort de la combustion interne, parce que les progrès technologiques vont rendre les motorisations beaucoup moins gourmandes en carburant et rejetant encore moins de CO2. L’avenir le dira. Mais les sous-traitants de la vallée de l’Arve ne peuvent pas prendre le risque d’attendre, et doivent déjà réfléchir aux solutions qu’ils pourraient apporter aux constructeurs de voitures électriques, en matière de composants mécaniques.
Justement, pour obtenir des premiers éléments de réponse, une conférence sur le thème de l’Avenir des énergies dans l’automobile, sera organisée le 8 mars au Simodec, à La Roche-sur-Foron.