Un dispositif d’analyse en continu du lubrifiant
Le Cetim-CTDEC a mis au point une mallette permettant de mesurer les propriétés de l’huile en cours de production. Objectif : améliorer les conditions d’utilisation des fluides de coupe.
C’est une sorte de minilaboratoire d’analyse des huiles de coupe que vient de mettre au point le Cetim-CTDEC de Cluses. Equipée de capteurs et s’intégrant dans une ligne de production, cette mallette permet d’analyser en continue le lubrifiant qui circule dans les machines-outils.
Ce dispositif de mesure des propriétés des huiles permet de donner des informations pratiques susceptibles d’améliorer les conditions d’utilisation des fluides de coupe, explique-t-on au centre technique des industries mécaniques et du décolletage.
Utilisé comme source d’information complémentaire aux mesures ponctuelles, cet appareil est mis en place, depuis 2017, dans les ateliers de la vallée de l’Arve, en Haute-Savoie, afin de suivre l’évolution des caractéristiques des huiles entières. Sont analysées : la viscosité, teneur en eau et pollution particulaire. « On va pluger le dispositif directement au système de régénération d’huile », décrit Miguel Cruz, consultant et formateur au Cetim-CTDEC.
Un logiciel, développé en interne, gère les capteurs, actionneurs, l’acquisition et l’affichage des données selon les divers scénarii d’utilisation. L’usineur a la possibilité de saisir des interventions en cours de process, comme un changement d’outils ou le rajout d’huile, et tout type d’événements qui entrent dans les gammes d’usinage.
« Mettre en place des bonnes pratiques »
Pour le centre technique de la vallée de l’Arve, ce projet a été lancé afin de « mettre en place des bonnes pratiques pour maîtriser l’utilisation des fluides de coupe », sous la forme d’une « règle de surveillance du process ». Il s’agit plus précisément, de « définir à quel moment j’observe une dérive et quelle action mettre en place pour éviter que la dérive ne s’accélère, et au-delà, fixer des dates de vidange, car jusqu’à présent il n’y avait pas de règle sur la périodicité des vidanges », explique Miguel Cruz. Une action qui peut être préconisée par un expert du Cetim-CTDEC.
Affichées sur un écran, « les informations fournissent une photo à l’instant T de l’état général de l’huile entière ». Ainsi, ce suivi en continu permet d’obtenir un déroulé, dans le temps, des événements liés à la production impactant les propriétés critiques de l’huile.
Cette mallette se veut aussi comme un moyen de sensibiliser les décolleteurs sur deux points : l’impact du fluide de coupe sur la productivité et son influence sur le couple outil-matière.
Les donneurs d’ordre sont toujours plus exigeants avec leurs sous-traitants. Ces derniers « se rendent compte que l’huile joue un rôle important, et avec des analyses de plus en plus précises du lubrifiant, on parvient à mieux le maîtriser », souligne M. Cruz, qui ajoute que ce dispositif amènera à la « création d’une base de connaissances pour fixer des règles de fonctionnement des fluides de coupe ».