Les entreprises ont intensifié leur plan d’investissement
Entretien avec Massimo Carboniero, président d’Ucimu-Sistemi, l’association italienne des constructeurs de machines-outils, robots et automatisation, organisatrice de la biennale BI-MU.
Pouvez-vous nous donner une indication sur l’activité de l’industrie italienne de la machine-outil en 2017. Et quelles sont vos projections pour 2018 ?
Massimo Carboniero. L’année 2017 a été extrêmement positive pour l’industrie italienne des machines-outils, robots et systèmes d’automation, avec des hausses à deux chiffres dans tous les indicateurs économiques majeurs. Pour vous donner une idée, le chiffre d’affaires du secteur global a dépassé les 8 milliards d’euros, un montant qui n’avait jamais été atteint auparavant.
2018 sera aussi positive, confirmant l’excellente période que l’industrie italienne du secteur est en train de vivre, qui est récompensée tout d’abord par un marché intérieur revigoré et par des exportations qui ont à leur tour retrouvé une nette croissance.
Parlons des exportations…
Après une année 2016 décevante, les exportations du made in Italy du secteur ont repris, en 2017, le chemin de la croissance, en rattrapant tout le terrain perdu l’année précédente. 2018 suivra la même tendance de 2017, d’après les derniers relevés du centre d’études d’Ucimu. Un point sur la France qui se confirme toujours parmi les premiers pays de destination de nos exportations, deuxième en Europe, derrière l’Allemagne, et quatrième à l’échelle internationale, précédée par la Chine, l’Allemagne et les États-Unis.
Sur les neuf premiers mois de 2017, selon le dernier relevé disponible, les constructeurs italiens ont livré en France des machines-outils pour un montant de 157 millions d’euros, correspondant à 7% du total des exportations.
Mais qu’en est-il du marché intérieur ?
Après une période difficile, à partir de 2014 l’Italie s’investit de nouveau dans les systèmes de production, et sur la dernière année, la hausse très élevée de la demande a permis d’atteindre des niveaux record. Cette évolution a été soutenue par deux mesures gouvernementales importantes : le super et l’hyper-amortissement, respectivement à 140% et 250%.
L’efficacité de ces outils, piliers du plan du gouvernement – Industrie 4.0 – se mesure dans l’évolution des commandes collectées par les constructeurs, au cours des quatre trimestres de 2017. Plus 22% au premier trimestre, plus 28,5% au deuxième, plus 68% au troisième, et plus 86% au quatrième. C’est le détail du rapport trimestriel sur le marché domestique et, bien que les hausses soient calculées respectivement sur la même période de 2016, il est évident que dans la deuxième partie de l’année, une fois écartés les doutes sur la technicité et l’utilisation des mesures incitatives, les entreprises manufacturières ont intensifié leur plan d’investissement, en achetant des machines-outils et des technologies à contenu d’Industrie 4.0.
Si nous jetons un regard au dernier relevé, concernant la période octobre-décembre 2017, les commandes collectées auront un impact direct sur la production et sur le PIB national de 2018, une année où les mesures incitatives de super et hyper-amortissement sont encore en vigueur.
Tout ceci nous porte à dire que l’année qui vient de commencer sera très positive, comme le confirment également les adhésions à BI-MU, le salon international de référence pour l’industrie manufacturière, qui se tiendra du 9 au 13 octobre auprès de Fieramilano Rho.
Pouvez-vous nous donner quelques informations sur la BI-MU ?
Bien sûr. Commençons par les chiffres : à neuf mois du salon, 600 entreprises avaient déjà adhéré, en réservant leur espace, trois fois plus important de l’édition précédente (2014). Le secrétariat du salon nous confirme que les demandes d’adhésion continuent à parvenir à un rythme soutenu.
La prochaine édition de BI-MU pourra certes compter sur un marché favorable, mais également sur un nouveau concept prévoyant un répertoire technologique mis à jour et plus étendu, ainsi que sur de nombreuses nouveautés. Non seulement des machines-outils pour le forage et la découpe de métaux, systèmes d’automation, robotique, technologies auxiliaires. Mais aussi des technologies de production et d’activation numérique. C’est le cœur du nouveau BI-MU qui présentera « L’ère numérique des machines-outils ». Cette nouvelle interprétation de BI-MU est accueillie avec satisfaction par les entreprises italiennes et étrangères, qui ont déjà réservé un nombre élevé de stands de grande taille, et nous sommes sûrs qu’elle exercera un grand attrait vis-à-vis des professionnels du secteur. Il ne me reste plus qu’à inviter vos lecteurs à participer à la 31e édition de BI-MU. Je vous attends à Milan en octobre prochain.