L’automatisation repousse-t-elle nos emplois ?
Alors que les entreprises de mécanique abordent le virage de l’industrie du futur, en modernisant leurs ateliers, on observe que les ventes de robots industriels sur le marché français ont augmenté, en 2017, de 29% par rapport à l’année précédente. Mais le vieux débat continue toujours de planer. La robotique, à laquelle nous consacrons dans ce numéro 1054 un large dossier accompagné de son guide des fournisseurs, ne va-t-elle pas tuer des emplois ? En interrogeant ses adhérents, le Symop a constaté que leurs besoins actuels et leurs potentiels de recrutement en robotique industrielle équivalaient à 263 postes à pourvoir actuellement, et 517 d’ici deux ans.
Certes, plus un emploi est répétitif, plus le risque d’automatisation est élevé. Ce qui explique que les emplois de la production dans l’industrie sont donc particulièrement exposés, comme le rappelle la Fabrique de l’industrie, un laboratoire d’idées créé en 2011 par l’UIMM (organisation patronale des industries technologiques françaises), le Cercle de l’industrie et le GFI (groupe des fédérations industrielles). Une étude de France Stratégie, un organisme de réflexion et d’expertise rattaché au Premier ministre, montre que « le volume des emplois susceptibles d’être remplacés par la machine diminuent ces dernières années, tandis que ceux peu automatisables ont tendance à augmenter ».
Pour le cabinet Deloitte, si l’automatisation a réduit le nombre initial d’emplois d’environ 800 000, elle en a malgré tout créé près de 3,5 millions. Il est d’ailleurs question, selon les experts de l’International federation of robotics (IFR), qu’entre 2017 et 2020, 450 000 à 800 000 nouveaux emplois devraient directement être créés « grâce à la robotique ». Si l’on ajoute les emplois indirects, on frôlerait les deux millions.
L’IFR est catégorique : « L’automatisation stimule la création d’emplois. » La fédération internationale assure il n’y a pas de « preuve concrète » de l’impact de l’automatisation sur l’emploi. Par contre, ce qui peut être différent cette fois-ci, c’est le rythme de l’évolution des profils d’emploi et des besoins en compétences, qui semble être plus rapide que dans le passé. Selon le spécialiste du recrutement Manpower, 65% des emplois que vont accomplir les enfants d’aujourd’hui n’existent pas encore. Nos lecteurs et jeunes parents sont prévenus !