Vers la construction d’une filière en France
Le Cetim, CEA et Symop ont lancé fin mars un site Internet entièrement dédié à la fabrication additive pour favoriser l’émergence de cette nouvelle technologie et accompagner son déploiement dans l’industrie française.
Trois institutions reconnues dans le monde industriel, à savoir le Cetim, CEA et Symop (réunis au sein de l’Alliance Industrie du Futur), et soutenu par Bpifrance, ont inauguré, le 28 mars à Villepinte (Seine-Saint-Denis), lors du salon Global Industrie, le nouveau site Internet dédié aux technologies et fournisseurs de la fabrication additive pour l’industrie. Pour Olivier Dario, le délégué général du Symop, il s’agit d’une brique, dans la construction d’une filière en France, qui permettra de clarifier l’offre dans l’Hexagone, en recensant tous les acteurs. « Il faut le voir comme un guide d’offreur de solutions en fabrication additive », a-t-il confié à la revue Machines Production, lors du lancement du portail La-fabrication-additive.com.
Pour Nicolas Parascandolo, chargé de profession au Symop, et qui pilote le groupe fabrication additive, ce site Web est « un outil pour gagner en visibilité et en lisibilité aussi (…) destiné à devenir une référence en matière de fabrication additive en France ».
Pour le Syndicat des professionnels des équipements de production, l’objectif est clair : sensibiliser les PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire) industrielles, tout comme les grands groupes et les académiques, sur les technologies de fabrication additive, mais aussi de « rendre ces technologies accessibles ». Ainsi, le site présentera du « contenu pédagogique », et un grand nombre de cas d’usage et de retour d’expérience, afin que chaque entreprise puisse se « familiariser et de s’approprier ces nouvelles technologies ».
Sélectionner des fournisseurs
« L’idée est aussi de faire de la pédagogie sur ce qu’est la fabrication additive, poursuit Olivier Dario. Il n’y a pas en France réellement de marché de la fabrication additive, car nous sommes uniquement dans une phase d’amorçage. C’est une technologie qui n’est pas encore mature, mais qui est prometteuse. »
Le site, renchérit le Symop, favorisera également l’identification et la sélection des fournisseurs sur l’ensemble de la chaîne de valeur, via des entrées fonctionnelles (matériaux, secteurs clients, technologies). Et il référencera toutes les entreprises ayant une offre dans cette nouvelle technologie, qu’il s’agisse de sociétés de conseils, d’éditeurs de logiciels, de distributeurs de matériaux, producteur de gaz, constructeurs ou revendeurs de machines d’impression 3D, et autres spécialistes en post-traitement et contrôle.
Parallèlement à l’ouverture de ce site Internet, le Symop a constitué un nouveau groupe dédié à la fabrication additive. Objectif : permettre aux entreprises présentant une offre de machines et de technologies de structurer les actions collectives nécessaires pour accélérer l’industrialisation et l’appropriation de ces technologies par l’industrie. Il réunit tous les offreurs de machines et de technologies de fabrication additive (français et importateurs) afin de travailler ensemble pour « accélérer l’émergence de ces technologies et leur appropriation par les secteurs clients ».
« Faire émerger une filière en France »
Si le site Internet est considéré comme une « phase d’amorçage où l’on va identifier des cas d’usage », comme le souligne M. Dario, le programme 3D Start PME est une « réponse à cette phase ». L’idée étant de « faire émerger une filière en France ».
Afin d’aider les industriels, et notamment les PME, à intégrer l’impression 3D dans leurs process industriel, les trois organisations avait déjà lancé un programme d’accompagnement baptisé 3DStartPME. Soutenu par le programme des investissements d’avenir mis en œuvre par Bpifrance, il permet aux entreprises qui en feront la demande de « disposer d’un accompagnement pour évaluer l’intérêt d’intégrer ces technologies dans leur process de fabrication et l’impact sur leur stratégie, leur organisation, les compétences, la chaîne numérique », soulignaient le Cetim, CEA et Symop. Des PME qui pourront bénéficier d’un diagnostic, d’une aide à la décision et d’un accompagnement à la mise en œuvre « par des experts indépendants », ainsi que d’un accès à des plateformes de test de faisabilité.
Ce dispositif permet également l’élaboration de supports de sensibilisation et de formation, intégrant notamment le volet HSE (hygiène sécurité environnement), « qui constitueront un socle d’outils disponibles pour le déploiement de l’action dans les territoires », précisent les trois partenaires.