A l’heure de la reprise
Avec ce nouveau numéro de Machines Production Vallées, qui est distribué durant le salon de la haute précision suisse EPHJ-EPMT-SMT (à Genève du 12 au 15 juin), impossible de ne pas évoquer l’industrie horlogère. Mais c’est vers la France que nous avons choisi de nous tourner. Car l’année 2017 a été également un bon millésime pour ce secteur d’activité, mis trop souvent dans l’ombre des manufactures de nos voisins helvètes. Soulignons que la production française d’horlogerie a enregistré un chiffre d’exportation de 2,477 milliards d’euros. Si 2016 fut une année difficile, l’horlogerie tricolore voit le bout du tunnel, en signant une croissance de 4%, la montre devenant le principal contributeur de développement de l’ensemble du secteur, comprenant la bijouterie et la joaillerie. Certes, il faut bien reconnaître que la Suisse reste notre premier fournisseur. Nous avons importé, en 2017, 2,02 milliards d’euros de produits horlogers, soit une progression de 3% par rapport à 2016.
Cela dit, l’émergence d’une nouvelle génération de designer, marketeurs et autres fabricants devrait permettre à notre industrie horlogère de connaître un véritable renouveau. A l’image de la célèbre marque Lip, qui a sorti, l’an dernier, son premier modèle original Sous-Marinier, signant son retour près de la capitale horlogère de Besançon.
De l’autre côté de la frontière, l’industrie horlogère suisse affiche une belle performance en 2017, avec des croissances à deux chiffres pour la plupart des fabricants. Et pour cette année, tous pronostiquent une nouvelle croissance du même ordre de grandeur. Longines (Swatch Group) parle même d’une année 2017 « exceptionnelle », dans les colonnes du quotidien suisse Agefi (27 mars 2018). Hong Kong et les Etats-Unis restant les deux premiers clients des grandes marques suisses. Selon les derniers chiffres de la Fédération de l’industrie horlogère suisse, en mars, les exportations vers Hong Kong ont progressé de 10,2%, ce qui représente 230,3 millions de francs suisses (198 millions d’euros), tandis qu’elles ont bondi de 4,1%, soit 177 millions de francs suisses (152,2 millions d’euros) vers les Etats-Unis, mais reculaient de 6,9% en direction de la Chine, pour atteindre 120,3 millions de francs suisses (103,5 millions d’euros). Les maisons horlogères ont donc rattrapé leur retard, après avoir traversée une crise majeure, il y a trois ans. Il était temps.