La sous-traitance mécanique retrouve le chemin de la croissance
Le salon Global Industrie témoigne d’une nouvelle dynamique de la mécanique industrielle. Une étude sur la sous-traitance industrielle publiée dans le cadre du Midest affiche des résultats encourageants pour ce secteur. Extraits.
Selon cette étude, dans l’ensemble des pays européens, à de très rares exceptions, on observe en 2017 un net retour à la croissance. Ce mouvement de hausse s’est même accéléré au cours du second semestre. Ce qui explique les « bons chiffres » enregistrés dans la plupart des pays, notamment en France. Globalement, les activités de sous-traitance industrielle ont progressé de 4% dans l’ex Europe des 15 et de 5,93% dans les 13 nouveaux membres de l’Union Européenne. Trois pays affichent des performances supérieures à 4,7% : le Portugal, la France et la Suède. La plupart des autres sont groupés autour de cette moyenne de 4%.
Progression des activités contrastée
En France, les meilleurs scores, tant en production qu’en chiffres d’affaires se rencontrent dans le découpage emboutissage (+9,06% en CA), les traitements des métaux (+6,78%), la forge (+6,59%) et la transformation des plastiques (+6,99%).
Côté usinage, la mécanique industrielle (+3,74%) et le décolletage (+3,69%) sont très proches de la moyenne de 4%. La maintenance industrielle, touchant tous les secteurs, se révèle un indicateur intéressant avec une croissance de 3,91% en chiffre d’affaires moyen.
En revanche, des secteurs comme les moules, modèles et outillages (+1,66%), les engrenages et sous-ensembles mécaniques (+2,28%), les fixations et la frappe à froid (+1,91%) atteignent à peine la moitié de cette moyenne générale de l’ex-Europe des 15.
Pour l’ensemble de la sous-traitance industrielle, les prix de marché se sont légèrement accrus. La hausse atteint globalement 0,94%, contre une baisse de 0,14% en 2016. Les auteurs de l’étude relèvent que c’est une « longue tendance qui s’inverse ».
Les hausses des prix des matières premières, réapparues depuis environ un an, ont pu être, en partie répercutées dans les prix de vente. Tous les secteurs et toutes les entreprises, ne sont pas, de ce point de vue, logés à la même enseigne. Les rapports de force avec les donneurs d’ordres, les capacités de négociation avec les fournisseurs de matériaux jouent un rôle clé.
La hausse des effectifs suit lentement
La hausse des effectifs, amorcée en 2015, semble s’être prolongée en 2016 et 2017. Mais à un rythme qui reste faible : environ 1,3% en 2016 et 1,6% en 2017, inférieur, donc à celui des productions et des chiffres d’affaires. Au total, donc, les effectifs des entreprises comptant 20 personnes ou davantage sont évalués à 395 645 salariés. L’étude précise qu’il s’agit là exclusivement des effectifs statutaires des entreprises (principalement CDD et CDI). L’intérim a vraisemblablement progressé beaucoup plus vite.
Pour les entreprises de sous-traitance de moins de 20 salariés, les données sont calculées à partir de sources diverses, Insee et statistiques associatives, essentiellement. Ainsi, en 2017, le nombre de sous-traitants employant moins de 20 personnes peut être estimé à 25 236, leurs effectifs à 111 579 personnes et le cumul de leurs chiffres d’affaires à 13 412 milliards d’euros.
Il est à noter que 81,3% des entreprises emploient moins de 20 personnes. Mais elles n’assurent que 18,2% des livraisons. En revanche, les sous-traitants comptant 20 salariés ou plus, rassemblent 78% des effectifs et réalisent 81,8% des chiffres d’affaires…
Des secteurs de clientèle porteurs, d’autres moins
En 2017, ce sont les secteurs de l’électronique, de l’automobile, de l’aéronautique, des matériels de génie civil et agricoles qui ont accru le plus significativement le niveau de leurs commandes de sous-traitance. En revanche, les auteurs de l’étude observent encore des baisses dans le ferroviaire et les constructions électriques. Toutefois, la tendance apparaît nettement positive : les commandes reçues sur le marché domestique progressent de 4,38%, tandis que celles provenant des débouchés extérieurs sont en hausse de 5,76%. D’où les évolutions constatées de la structure du marché, même si la « hiérarchie » des secteurs de clientèle ne s’en trouve pas modifiée (voir tableau ci-joint). L’automobile, premier d’entre eux, continue sa remontée amorcée en 2014, après une longue période de baisse. A l’inverse, d’autres secteurs, comme le ferroviaire, le groupe des industries de process ou l’énergie, voient leur importance s’éroder.
Au-delà des statistiques
L’intérêt de cette étude réside dans la mise en lumière de tendances générales. Pour chaque secteur, elle ne peut pas montrer les différences existant entre les entreprises. Pour les plus dynamiques d’entre elles, celles qui investissent dans l’industrie 4.0, qui forment leur personnel aux métiers de demain, qui automatisent leurs procédés, qui développent des stratégies d’exportations, les différences peuvent être notables. Prenant en compte la valeur ajoutée par salarié, le top 10 des sous-traitants par secteur d’activités édité en fin d’année par la revue Machines Production en est un exemple édifiant.