La mécanique tire sa croissance en France
Si les entreprises mécaniciennes ont connu en 2016 une activité dynamique, elles le doivent surtout au marché intérieur, car leurs exportations ont peiné à décoller.
Une poussée assez nette de l’activité productive des industries mécaniques a été observée en décembre 2016, qui s’est révélée en hausse de 12,5%, en volume, par rapport au mois précédent, selon les chiffres provisoires du baromètre de la FIM, la Fédération des industries mécaniques. En rythme annuel, cette progression est de l’ordre de 2,6%.
Pour la mécanique française, la FIM constate également une croissance, imputable à une activité liée au marché intérieur, » car les exportations évoluent sur un palier depuis le début de l’année 2016 « , note Désiré Raharivohitra, chef du service statistiques et conjoncture. Sur le marché domestique, les prises de commandes ont continué de progresser, dans un contexte de demande étrangère » se stabilisant à un niveau relativement faible « , tandis que le niveau des stocks de produits finis restait inférieur à la normale. La charge des bureaux d’étude et le niveau de l’emploi étaient, quant à eux, stables.
Sur le front des exportations, les industries mécaniques ont marqué le pas en novembre 2016, selon les douanes françaises, avec une variation de -0,1% pour le cumul des onze premiers mois de 2016, par rapport à la même période de l’année précédente. De janvier à novembre 2016, les mécaniciens de l’Hexagone ont vu leurs livraisons s’élever de 2% dans le Vieux Continent.
Les expéditions vers les pays tiers se sont également contractées (-2,8%). » Le solde d’opinion des chefs d’entreprises mécaniciennes sur les perspectives de demande étrangère reste faible au mois de décembre 2016, relève M. Raharivohitra. Les exportations ne devraient pas être dynamiques au cours du premier trimestre 2017. »
» La demande intérieure s’améliore »
Sur le marché intérieur, la croissance de l’activité est bien là. La FIM, qui s’appuie sur les chiffres des douanes françaises, a pu observer, sur les onze premiers mois de 2016, une hausse des importations de 3,4%, où la plupart des familles de matériels étaient en augmentation : +25,8% pour les machines-outils, +8,1% pour les matériels de précision, +2,7% pour les composants, +28,2% pour la chaudronnerie, +13,6% pour les articles métalliques, et +5,6% pour les machines d’usages spécifiques.
L’activité dans le secteur de la transformation des métaux s’est développée, en novembre 2016, par rapport à la même période de l’année précédente, à un bon rythme. Selon le baromètre de la Fédération des industries mécaniques, les ventes de produits de la construction métallique ont augmenté de 2,2%, sur les onze premiers mois de 2016, tandis que la chaudronnerie et les matériels de chauffage central enregistraient une baisse du chiffre d’affaires de 2,3%.
Pour les exportations, l’activité a été plus poussive. Elles ont diminué légèrement, entre janvier et novembre 2016, par rapport à 2015, à -0,9%. La FIM, qui a interrogé les industriels, a pu relever que » la demande intérieure continue de s’améliorer et les carnets globaux s’étoffent légèrement au mois de décembre 2016. Les perspectives à court terme sont relativement favorables. L’activité devrait encore croître au cours des prochains mois « .
Moteurs et turbines en perte de vitesse
La croissance du secteur de l’équipement s’est élevée, en novembre dernier, de 2,5%. Les ventes de composants se stabilisent de janvier à novembre 2016 par rapport à la même période de l’année précédente (-0,2%), indique le baromètre. » Cette stabilisation masque toutefois des évolutions différentes selon les groupes d’équipement, note Désiré Raharivohitra. Les facturations se contractent pour les moteurs et les turbines ainsi que pour la robinetterie, alors que les ventes totales progressent pour les pompes et compresseurs, les engrenages et organes de transmissions, ainsi que pour les équipements hydrauliques et pneumatiques. »
Sur le marché intérieur, l’activité a été plutôt favorable en novembre 2016 pour la production de machines d’usage général, machines spécifiques, machines-outils, matériels d’imprimerie, matériels textiles, machines d’assemblage, équipements pour le plastique, moules et modèles. En revanche, les facturations ont diminué pour le machinisme agricole.
Durant les onze premiers mois de 2016, les exportations de biens d’équipement mécaniques se sont stabilisées (-0,3%). C’est en Europe que les ventes ont été les plus fortes, avec une progression de 2,6%, tandis que dans les autres continents, les livraisons se contractaient (-3,8%). Dans son étude, la FIM fait apparaître une famille d’équipement, dont les exportations étaient en hausse, à savoir les machines d’usage général (+0,9%), le machinisme agricole (+3,6%) et les machines-outils (+7,9%). Par contre, ont décliné les machines d’usages spécifiques (-0,7%) et les composants (-2,2%).
Comprendre le suramortissement
Le dispositif de suramortissement, c’est quoi ? Il s’agit d’une mesure de déduction fiscale supplémentaire de 40% sur les investissements, en vigueur du 15 avril 2015 au 14 avril 2017.
Pourrait-il y avoir une prolongation du dispositif ? Selon l’Usine Nouvelle, qui a interrogé le secrétaire d’Etat à l’Industrie Christophe Sirugue, » il n’y aura pas de prolongation au-delà d’avril 2017, a-t-il affirmé à l’hebdomadaire. Mais les dossiers qui seront déposés avant cette date pourront permettre, dès lors qu’ils sont actés, des investissements qui s’étalent sur plusieurs années « .
Qui peut en bénéficier ? Les entreprises soumises à l’impôt suivant le régime du bénéfice réel normal ou simplifié de plein droit ou sur option. » Ne peuvent donc pas en bénéficier les entreprises imposées forfaitairement « , souligne le Symop, le syndicat national des machines et technologies de production, dans sa note explicative, qui souligne qu’en principe, » la mesure s’applique aux entreprises qui acquièrent ou fabriquent les biens concernés. Toutefois, pour les biens d’équipement faisant l’objet d’un contrat de crédit-bail ou d’un contrat de location avec option d’achat, la déduction exceptionnelle peut être pratiquée par l’entreprise crédit-preneur ou locataire selon des modalités particulières « .
Exemple avec un tour CN : Le ministère de l’Economie cite en exemple le cas d’une PMI, soumise à l’impôt sur les sociétés, qui aurait acheté au 1er septembre 2015 un tour d’usinage à commande numérique, d’un prix de revient total de 300 000 euros et amortissable sur 8 ans. » Grâce à la mesure de suramortissement, l’entreprise pourra, en plus de l’amortissement normal, déduire de son résultat imposable 5 000 euros la première année puis 15 000 euros par an entre 2016 et 2022, et enfin 10 000 euros en 2023. Au global, elle aura déduit 120 000 euros de sa base imposable. Sur la base du taux normal de l’impôt sur les sociétés, elle aura donc réalisé une économie d’impôt pouvant aller jusqu’à 40 000 euros sur la période 2015-2023. »