Un geste fiscal qui va faire du bien
Accélérer la révolution numérique au sein des petites et moyennes entreprises du territoire. Telle est, en substance, la ligne adoptée par le Premier ministre, lorsque qu’il a annoncé, jeudi 20 septembre, l’instauration d’une mesure de suramortissement de 40% des investissements des PME dans les technologies d’avenir. Ce qui représentera jusqu’à 11% de baisse du coût de l’investissement dans les machines de fabrication additive, les logiciels de gestion de la production et les capteurs connectés, a affirmé Edouard Philippe, lors d’un déplacement au siège de Dassault Systèmes, à Vélizy-Villacoublay (Yvelines).
Une « mise à jour numérique », qui se traduira par une enveloppe de 500 millions d’euros, partagée à part égale entre le dispositif de suramortissement (de janvier 2019 à fin 2020) et les subventions du Programme d’investissement d’avenir, afin d’« accompagner toutes les PME et toutes les filières », a ajouté Edouard Philippe, cité par l’agence de presse Reuters.
Pour le chef du gouvernement, « l’automatisation et la robotisation ne sont pas les ennemies de l’emploi », mais « les conditions d’une compétitivité qui garantit la puissance de l’appareil industriel français, et donc le développement de l’emploi ».
Selon Bruno Grandjean, président de la Fédération des industries mécaniques (FIM) et de l’Alliance pour l’industrie du futur, alors qu’un « retard d’investissement majeur » dans la robotisation existe par rapport aux entreprises italiennes et allemandes, « le suramortissement est un moyen de rattraper ce retard », a-t-il déclaré à l’AFP.
Il sera également question d’accompagner « la transformation numérique » de 10 000 PME supplémentaires d’ici à 2022 (contre 5 200 actuellement), en partenariat avec les Régions, a également annoncé le Premier ministre. Le président de France Industrie Philippe Varin s’est réjoui « que la priorité d’accélérer la numérisation de l’industrie soit partagée par l’Etat, les Régions et les filières industrielles ». Pour le porte-parole des 19 fédérations sectorielles de l’industrie, ce coup de pouce de l’Etat est bienvenu, « pour agir sur les trois domaines de l’innovation, de la formation et de l’accompagnement », s’est félicité M. Varin.
Mais il y a un mais : les industriels pointent un grand absent de ce plan d’action, l’allègement des impôts de production (lire notre éditorial du 14 septembre 2018), des taxes locales diverses pour les entreprises, qui sont « un boulet » pour leur compétitivité, a regretté M. Grandjean.