Un coq bleu pour fédérer l’industrie française
Créé en 2017, le coq bleu s’est imposé comme un symbole fédérateur des industriels produisant en France. Entretien avec Stéphane Ndour, qui revient sur les ambitions, le fonctionnement et le rôle de ce collectif.
Lancé pour valoriser l’industrie française, le coq bleu rassemble plus de 7 000 entreprises autour d’un symbole de fierté et de visibilité. Stéphane Ndour, directeur du développement et des partenariats à Bpifrance, explique comment ce collectif soutient la réindustrialisation et rapproche les jeunes des métiers industriels.
La French Fab a été créée, en 2017, dans le sillage de la French Tech. Quelle a été l’impulsion derrière la naissance de ce nouvel étendard ?
C’est venu des territoires, par un entrepreneur de l’Ouest qui a vu que la French Tech commençait à prendre de l’ampleur. Alors, il s’est dit pourquoi pas nous, industriels qui produisons en France, n’aurions-nous pas le même symbole de fierté. Il a créé lui-même un prototype de coq bleu, qu’il a envoyé à Nicolas Dufourcq [le directeur général de Bpifrance] et Bruno Le Maire [le ministre de l’économie à cette époque-là]. Et c’est ainsi qu’est né ce nouvel étendard.
On associe la French Fab à Bpifrance, expliquez-nous le rôle que joue la banque publique d’investissement dans ce collectif ?
La French Fab est portée par plusieurs organisations, à savoir Business France, France Industrie, l’Alliance Industrie du Futur, et bien sûr Bpifrance. Nous avons un rôle particulier par rapport à toutes ces institutions, étant donné que nous finançons et investissons dans des entreprises industrielles au quotidien. C’est la raison pour laquelle nous avons la charge de l’animation et du pilotage de la French Fab.
Je suis une entreprise qui fabrique en France, comment dois-je procéder pour entrer dans ce collectif et quelles sont les conditions à remplir ?
On y rentre de manière très volontariste et très simple, parce que nous ne voulions pas mettre de critères trop excluants. Les conditions sont les suivantes : il faut être un industriel français, qui produit en France et qui souhaite porter haut la bonne parole positive de l’industrie. Puis, il suffit de remplir un formulaire depuis le site Lafrenchfab.fr ou s’adresser à nos équipes dédiées. Mais, ce n’est pas juste du déclaratif. Car nous allons ensuite nous assurer que toutes les informations sont conformes à la réalité, notamment par des visites sur les sites de production, pour cela nous nous appuyons sur les cinquante implantations régionales de Bpifrance.
Une fois qu’on obtient le coq bleu, le garde-t-on définitivement ou faut-il le renouveler après un certain temps ?
Jusqu’à présent, une fois que l’entreprise obtient le coq bleu, elle le garde à vie. Cela dit, nous travaillons sur la mise en place d’une périodicité avec une forme de renouvellement par des nouvelles visites sur le terrain ou sur de nouveaux critères qui viendraient confirmer leur engagement. Il s’agit aussi de nous assurer que l’entreprise n’a pas délocalisé sa production entre-temps.
Comment les entreprises incarnent-elles la French Fab ?
Le premier réflexe de valorisation est d’arborer le coq bleu sur soi et dans leurs ateliers. Pour les French Fabers, c’est une marque de fierté. On voit la présence du coq bleu sur leurs sites Internet, voire sur des entêtes de documents. À l’image du Made in France, cela apporte de la confiance et témoigne de leur engagement en faveur de la réindustrialisation du territoire. Nous les incitons à le valoriser en le fixant sur leur façade, notamment pour les usines qui sont visibles depuis les axes autoroutiers ou les voies de chemin de fer par exemple. Certaines installent un grand coq bleu lors d’une inauguration. Cette visibilité permet tout simplement de rappeler qu’il existe des usines en France. Parce que le grand problème aujourd’hui, c’est que dans nos imaginaires, on ne voit plus les usines.
Combien d’entreprises ont intégré à ce jour le collectif ?
Nous comptabilisons 7 160 French Fabers, dont 2 800 TPE, 3 700 PME, 500 ETI et 110 start-up. Une grande majorité, un peu plus de 6 000, sont vraiment des entreprises industrielles, tandis que les 1 000 autres sont des sociétés de conseil qui accompagnent les industries. On compte également soixante-dix ambassadeurs : des industriels qui souhaitent devenir les porte-voix de la French Fab dans chaque région.
Comment la French Fab contribue-t-elle à renforcer la souveraineté industrielle française et à rendre les métiers industriels plus attractifs pour les jeunes ?
Avec notre « Plan industrie » doté de 35 milliards d’euros visant à accompagner, sur les cinq prochaines années, les industriels dans la construction de leurs premières usines, à l’export ou dans leurs projets d’innovation, Bpifrance contribue à renforcer la souveraineté industrielle française, portée par la French Fab. Nous travaillons beaucoup sur l’imaginaire que suscite ce collectif. C’est la raison pour laquelle vous voyez des prises de parole régulières de notre directeur général Nicolas Dufourcq. Il s’agit avant tout de créer un environnement optimiste et favorable à la réindustrialisation. Et cela passe aussi par des opérations comme le « Tour de France de nos industries », où il est question de faire découvrir les usines à des jeunes, collégiens, lycéens, étudiants, mais aussi à leurs parents. Tout ce travail sur l’imaginaire est extrêmement important pour justement créer une préférence dans la formation de ces jeunes aux métiers de l’industrie. On le fait aussi à travers cette émission sur M6, « Made in france : ils inventent l’industrie de demain », qui a vocation, comme d’autres émissions ont pu le faire sur cette même chaîne, à changer le regard sur l’industrie.
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