Gühring France renforce son atelier de production
La filiale du groupe allemand est désormais autonome pour la fabrication d’outils spéciaux, ce qui lui permet d’offrir une meilleure réactivité à ses clients français.
Soutenir d’une manière personnalisée les clients dans tous les domaines de l’outillage. C’est l’une des activités de la filiale française du groupe familial allemand Gühring. Si la plupart des outils spéciaux sont fabriqués outre-Rhin, un investissement à sept chiffres a permis à Gühring France de prendre en charge cette prestation, pour gagner en réactivité et en autonomie, en produisant localement. Ainsi, « toute la valeur ajoutée, pour ce qui est des outils spéciaux, se fait désormais chez nous, explique Marc Jung, le gérant de la filiale située à Metz-Tessy, près d’Annecy (Haute-Savoie), dont l’activité se concentre, pour l’essentiel, dans le réaffûtage et la modification d’outils neufs. « Ceci permet d’être plus réactif sur les outils spéciaux, notamment lors des phases d’essais chez nos clients, en réalisant l’ensemble des modifications dans notre atelier, ajoute M. Jung. Désormais, en moins de deux mois, nous pouvons boucler une campagne de deux essais. »
Marc Jung a su profiter du dispositif fiscal de « suramortissement », lancé par Emmanuel Macron, lorsqu’il était à la tête de Bercy, pour lancer son vaste programme d’investissement, en commandant ses moyens de production avant le 15 avril 2017, date de fin de cette mesure voulue par le président Hollande.
Croissance du chiffre d’affaires
Aujourd’hui, près de 10% du chiffre d’affaires de Gühring France sont tirés par les activités de son atelier, « avec un objectif de doubler cette part sur 2019 », assure Marc Jung, qui vise également cette même année une croissance de plus de 10% de son chiffre d’affaires global. Ces prestations se répartissent à part égale entre l’affûtage et le revêtement des outils d’un côté, la fabrication d’outils spéciaux et la modification d’outils standards, de l’autre.
Ainsi, ce sont trois machines Gühring qui ont rejoint l’atelier de Metz-Tessy, dont une UP 335 (de fabrication Gühring) de 30 kW à la broche. Cette machine robotisée, embarquant un magasin de douze porte-meules, aux glissières magnétiques offrant une cinématique plus rapide, est dédiée au taillage et à l’affûtage. Deux autres modèles Gühring UN 235 de 15 kW complètent le parc pour l’affûtage et le taillage de barreaux de plus petites dimensions.
L’atelier conserve sa machine d’affûtage Hawemat, acquise en 2000, sa dresseuse de meule GSE, sa sableuse automatique Gühring avec chargeur d’outils de type carrousel pouvant contenir entre 20 et 50 outils. « Nous l’utilisons notamment pour préparer l’arête de coupe avant son revêtement, afin d’obtenir une meilleure adhésion ou pour polir les goujures, en post-traitement », souligne Joé Michelin, responsable production.
On constatera également la présence d’une machine de décapage Gühring, utilisée pour « supprimer le revêtement pour des opérations de réaffûtage ou pour modifier un outil neuf », décrit Joé Michelin. Dans un local, M. Jung nous montre le Transor de 6 000 litres, système de distribution et de filtration centralisé des huiles.
Quatre nuances
Et pour compléter le parc, Gühring France est équipée d’une machine de marquage laser Schilling Marking Systems Mega-Light, et d’une autre, développée par la maison-mère, pour le nettoyage des canaux internes de ses outils à trous d’huile.
Cette visite ne serait pas complète, si on ne s’arrêtait pas sur le four Gühring à évaporation cathodique sous vide. Ce four, dont la température grimpe jusqu’à 450°C, est entouré de « cibles », qui sont des plaques de poudres métalliques (cathode). « On vient charger positivement les outils, qui jouent le rôle d’anode, et créer une différence de potentiel entre l’anode et la cathode, donc il y a une réaction d’évaporation, sous la forme d’une poussière de métal, qui vient se déposer sur les outils », explique Marc Jung. Le cycle d’un revêtement peut durer de 4 à 6 heures.
Le site haut-savoyard du groupe Gühring est en mesure de revêtir ses outils en quatre nuances : TiN, TiAlN, Fire (TiAlN en multicouche par couches successives), et Signum (molybdène et yttrium), sur des outils spéciaux aussi variés que des forets étagés, fraises rayonnées, fraises coniques, alésoirs étagés, forets-aléseurs, forets-taraudeurs, entre autres. « Mais on peut aller encore plus loin, en proposant des géométries d’outils complètement différentes, un angle de pointe à 90° sur un foret, par exemple », signalent MM. Jung et Michelin. De quoi ravir l’équipe de technico-commerciaux, qui peuvent désormais « vendre de la technicité à leurs clients », se réjouit le gérant de Gühring France.