Étude Xometry 2027 : l'art de produire plus sans posséder plus | Machines Production

Étude Xometry 2027 : l’art de produire plus sans posséder plus

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Automatisation / Robotique Contenu sponsorisé Publié le  27/10/2026
Étude Xometry 2027 : l’art de produire plus sans posséder plus
Plutôt que de renouveler leur parc, 58 % des industriels français équipent leurs machines existantes de capteurs intelligents.

Dans le cadre de ses Perspectives 2027, la place de marché Xometry a interrogé 200 dirigeants industriels en France et en Allemagne. Il en ressort deux tempéraments industriels bien distincts, et une conviction : la capacité, les compétences et l'intelligence dont les ateliers ont besoin se trouvent de plus en plus hors de leurs murs.


C’est un paradoxe qui ne manquera pas d’interpeller les directions industrielles. Alors que les entreprises allemandes investissent bien plus massivement dans l’intelligence artificielle que leurs voisines françaises (64 % des Allemands prévoient d’investir au moins 500 000 € dans l’IA, contre 36 % des Français), c’est bien en France que l’on en récolte le plus les fruits. Pour Xometry, ce décalage n’a rien d’une anomalie. Il illustre au contraire la thèse qui traverse l’ensemble de ses « Perspectives 2027 pour la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) » : l’avantage industriel ne tient plus seulement à ce que l’on possède, mais à ce que l’on sait mobiliser.

Car pendant longtemps, produire davantage impliquait nécessairement d’agrandir son outil de production : avoir plus de machines, plus de mètres carrés, plus de personnel… Or, comme l’affirme Sanjeev Singh Sahni, directeur général de Xometry : « À l’ère du numérique, les entreprises les mieux placées pour croître vite ne sont pas celles qui possèdent le plus de capacité, ce sont celles qui savent y accéder ».

Un observateur aux premières loges

Venant de Xometry, ce constat mérite d’être pris au sérieux. En effet, l’entreprise observe ce basculement de l’intérieur grâce à sa place de marché qui met en relation plus de 85 000 acheteurs avec plus de 5 000 fournisseurs vérifiés, sur plus de seize procédés de fabrication, de l’usinage CNC à la fabrication additive, en passant par la tôlerie. Depuis son siège européen situé près de Munich, elle voit donc passer chaque jour des demandes de devis, des capacités disponibles et des délais réels, ce qui lui confère un poste d’observation privilégié sur l’état du marché.

Pour aller plus loin dans ses observations, Xometry a confié à l’institut John Zogby Strategies une enquête qui a été menée en août 2026 auprès de 200 dirigeants : 100 en Allemagne et 100 en France. Ces derniers sont issus d’entreprises de toutes tailles et couvrent un large panel de secteurs comme l’aéronautique et la défense, l’automobile, le médical et le dentaire ou encore la robotique. Comme le précise l’étude elle-même, leurs réponses, mises bout à bout, servent moins à obtenir des mesures au point près qu’à dresser des tendances. Et ces tendances semblent raconter une histoire cohérente.

Deux pays, deux usages de l’IA

Revenons au paradoxe de départ. Incohérent au premier abord, il s’explique en fait simplement à la lumière des chiffres de Xometry : Français et Allemands n’attendent pas la même chose de l’intelligence artificielle. Ainsi, alors que les premiers l’utilisent d’abord pour chiffrer au plus juste et préserver leurs marges (61 %), les seconds la mettent surtout au service de l’analyse de fabricabilité, ou DfM (59 %), pour vérifier dès la conception qu’une pièce pourra être produite simplement et au bon coût. Un choix guidé par la pénurie : plus d’un industriel allemand sur trois cite les ingénieurs conception et fabrication comme les profils les plus difficiles à recruter, contre 14 % seulement en France.

La différence se prolonge d’ailleurs jusque dans l’atelier, où les Français préfèrent équiper leurs machines existantes de capteurs intelligents, tandis que les Allemands misent plutôt sur des systèmes autonomes. Or, une fois équipée de capteurs, même une machine vieille de quinze ans peut transmettre ses temps de cycle, ses arrêts ou l’usure de sa broche. De quoi anticiper la maintenance et repérer les pertes de productivité, sans avoir à la remplacer. Autrement dit, plutôt que de renouveler leur parc, les industriels français cherchent à tirer davantage de ce qu’ils possèdent déjà.

Reste à comprendre pourquoi dépenser plus ne rapporte pas davantage. Pour Xometry, la réponse tient moins au montant investi qu’aux données qui alimentent l’IA. Un outil généraliste ne connaît ni les capacités réelles des fournisseurs, ni le coût des matières au jour le jour, ni les compétences des ateliers : ses recommandations restent donc forcément génériques. À l’inverse, une IA qui apprend en continu de ce qui se passe en production s’avère beaucoup plus utile, chaque pièce fabriquée venant affiner le chiffrage suivant. « Sans boucle de rétroaction, une IA déployée à grande échelle finit par plafonner. Avec une boucle, ses gains ne cessent de s’accumuler. C’est toute la différence entre déployer l’IA et la rendre de plus en plus rentable », résume Vaidy Raghavan, directeur technique de Xometry.

 

Alors que les industriels allemands investissent davantage dans l’IA, ce sont pourtant les Français qui en tirent le plus de bénéfices, en misant sur leur parc existant.

Des capacités qui dorment dans les PME

Côté production, les carnets de commandes restent bien remplis des deux côtés du Rhin, et 76 % des industriels européens interrogés utilisent au moins 70 % de leurs capacités. Cette moyenne masque toutefois un fort contraste selon la taille des entreprises. Ainsi, 37 % des entreprises générant moins de 50 M€ de chiffre d’affaires tournent sous ce seuil, contre 11 % de celles qui dépassent 100 M€. Cette disparité est donc le reflet d’une chose : cette sous-occupation du parc de machines est moins le résultat d’un essoufflement de la demande que d’une incapacité pour ces petites entreprises à entrer en relation avec leurs clients potentiels.

D’autant que l’empilement des exigences de certification et de conformité n’est pas de nature à leur simplifier la tâche. 39 % des industriels français les citent d’ailleurs parmi leurs principaux défis opérationnels. 53 % des industriels français évoquent notamment le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne (MACF), qui impose aux importateurs de documenter les émissions de leurs achats. Une exigence qui, de fil en aiguille, finit par redescendre jusqu’aux sous-traitants. « Le vrai problème n’est pas un manque de machines ou de personnel, mais un décalage. Beaucoup d’ateliers peuvent réaliser ces travaux dès aujourd’hui. Ce qui leur manque, c’est la certification qui leur ouvre la porte. Combler cet écart tôt, c’est ce qui sépare les ateliers qui gagnent en 2027 de ceux qui attendent encore que le téléphone sonne », résume Stefan Reimig, vice-président chargé du réseau de partenaires international de Xometry.

C’est précisément le rôle que revendique la plateforme qui, grâce à son réseau de fournisseurs préqualifiés, ouvre aux petits ateliers un flux régulier de commandes dans l’aéronautique, la défense ou l’automobile, sans passer par de longs cycles de vente. Et le moment s’y prête, puisque 52 % des industriels français s’attendent à ce que leurs clients se tournent vers un approvisionnement plus régional d’ici un an. Pour un sous-traitant qui a de la place sur ses machines, c’est une carte à jouer.

Deux besoins critiques : la certitude et les compétences

Côté prix, la tendance est à la hausse. Ainsi, alors que 82 % des industriels français ont relevé leurs tarifs en 2026, seuls 11 % d’entre eux ont perdu des affaires. Si l’augmentation du coût des matières premières reste le premier moteur de ces hausses (34 % des industriels français la citent comme motif principal), d’autres facteurs comme les droits de douane américains et les mesures commerciales pèsent également lourd, avec 41 % des industriels français qui les citent comme un facteur majeur.

La hausse des prix semble toutefois globalement acceptée par les acheteurs, et ce pour une raison simple : ils sont prêts à payer plus cher en échange de certitudes. Raison pour laquelle 71 % des industriels français facturent une prime pour une qualité vérifiée, tandis que 57 % d’entre eux en font de même pour un accompagnement à la conception. « Le prix compte, mais c’est la confiance qui fait signer aujourd’hui. Qu’il s’agisse d’accompagnement DfM pour des conceptions complexes, d’une qualité de pièces garantie ou de délais fiables, les acheteurs veulent de la certitude », souligne Marc Somsen, vice-président des ventes EMEA de Xometry. Pour un atelier, le message est donc clair : un contrôle qualité documenté ou un conseil sur la fabricabilité d’une pièce sont des services qui se valorisent.

Reste la question humaine, sans doute la plus sensible. En France comme en Allemagne, le profil le plus difficile à recruter n’est ni l’ingénieur ni le spécialiste de l’IA, mais le programmeur CNC/FAO, qui arrive en tête pour 49 % des industriels français qui peinent à recruter. Viennent ensuite les ingénieurs et inspecteurs qualité (33 %), puis les opérateurs de systèmes d’IA et d’automatisation (30 %). Face à cette contrainte, les entreprises prennent le taureau par les cornes, notamment en augmentant les salaires. Un choix qui semble payant : parmi les industriels français qui l’ont fait, 74 % estiment avoir attiré des candidats plus qualifiés. Le défi générationnel reste pourtant entier, avec 42 % des industriels français qui jugent la génération Z plus difficile à attirer vers les métiers qualifiés.

Pour Xometry, une pénurie aussi structurelle ne se résout pas uniquement par l’embauche. Avant de recruter, mieux vaut se demander si le besoin porte sur des effectifs ou sur une expertise pointue, mobilisable à la demande auprès de partenaires qualifiés. Pour les programmeurs et les régleurs, l’étude porte en tout cas une bonne nouvelle : leur savoir-faire n’a jamais été aussi recherché.

Accéder plutôt que posséder

En clair, ce qui valait pour l’intelligence artificielle en début d’article se vérifie en fait sur l’ensemble de l’étude : si les industriels français tirent davantage de leurs investissements, c’est qu’ils ont appris à exploiter au mieux ce qui existe déjà. Les machines, on les modernise plutôt que de les remplacer. Les capacités, on peut les trouver chez des ateliers voisins qui ne demandent qu’à les remplir. Et les compétences qui manquent, on va les chercher là où elles se trouvent. C’est précisément le pari sur lequel Xometry a bâti son modèle. Pour 2027, la question qui se pose aux ateliers n’est donc plus seulement « que dois-je acheter ? », mais « à quoi puis-je accéder ? ». Et à en croire ces chiffres, l’industrie française semble déjà avoir de bonnes cartes en main pour en profiter.

Télécharger l’étude

 

Étude Xometry 2027 : l’art de produire plus sans posséder plus
Malcom TCHAMTEJournaliste qui tel un grain de sable, infiltre la machine industrielle pour en déceler tous les rouages

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