Des Star pour conquérir de nouveaux marchés
Lorsque Jean-Yves Paturel a commandé son premier tour Star, il ne savait pas que, quelques semaines plus tard, la crise économique mondiale de 2008 allait lui tomber dessus. Et pourtant, le décolleteur de Scionzier a su tirer parti de sa nouvelle machine, dont le parc en compte aujourd'hui neuf.
Sa première Star, Jean-Yves Paturel l’avait acquise en septembre 2008, avant d’être livrée dans son atelier de Scionzier (Haute-Savoie), en décembre. Sauf qu’entre temps, la crise économique mondiale a frappé une industrie encore florissante dans la vallée de l’Arve, et que dès le mois d’octobre, » nous n’avions plus de boulot « , se souvient le fils du fondateur de l’entreprise éponyme Jean-Claude Paturel, qui emploie huit personnes. Mais ce tour à poupée mobile SR-20 RIII a été celui de la reconquête. » Finalement, c’est cette machine qui nous a aidés à affronter cette crise « , reconnaît le PDG Jean-Yves Paturel, qui, depuis, s’est équipé d’un parc de neuf tours CNC, au rythme d’une machine par an. Ce dernier se souvient qu’il s’agissait, à l’époque, de produire une vis à os, à partir d’une barre en 316L. » Nous devions faire un forage d’un millimètre sur une longueur de cent fois le diamètre « , raconte M. Paturel. Et d’ajouter que » le filet devait couper l’os mais pas le gant du chirurgien lorsqu’il manipulerait la vis « .
Longtemps équipée de tours à poupée fixe, l’entreprise de décolletage, dont l’origine remonte à 1889, lorsqu’elle s’appelait Depery-Paturel, s’est dotée de modèles à poupée mobile afin de s’ouvrir sur d’autres secteurs d’activités comme le médical ou l’aéronautique. Et c’est avec le Japonais Star que la famille Paturel a su conquérir de nouveaux clients. » Les machines Star nous ont permis de prendre de nouveaux marchés et d’être plus compétitifs « , souligne le décolleteur, qui apprécie leur précision, » en dessous des dix microns « . Pour lui, la fiabilité et la rigidité de ces tours, » qui durent dans le temps « , procurent un réel confort de travail. » Depuis ma première Star, j’ignore encore ce que signifie le SAV chez eux « , sourit-il.
Une rigidité irréprochable
Dans l’atelier du 176, rue de l’Industrie, à Scionzier, les machines Star côtoient des Traub et autres Gildemeister. On y trouve deux SR-32J, un tour SV-32 avec tourelle, deux SR-20 RIV avec axe B, trois SR-20 RIII et bientôt un SB-20 RG. Les tours sont ravitaillés par des embarreurs Iemca Elite 110, 220 et Boss 332. Tous sont équipés de Combistream (de l’Allemand Müller) composés d’un convoyeur à copeaux et d’une unité haute pression de 130 bars, avec décolmatage automatique du filtre. Pour un environnement plus sain, le décolleteur a mis en service un dispositif de captage des brouillards d’huile et un refroidisseur d’air installés par la société Derm à Clermont (Haute-Savoie). Certifiée ISO 14 001, la SAS Jean-Claude Paturel répond également aux normes internationales EN 13 485, Iso 9 001 et EN 9100.
Jean-Yves Paturel a équipé ses tours Star de détecteur de bris d’outils Detector France, et en plus des porte-outils du constructeur japonais, il est possible d’ajouter des modèles WTO, Madaula et SU-matic. Les opérations vont du perçage profond de diamètre un millimètre, au polygonage, tourbillonnage, usinage angulaire, en passant par le taillage et le brochage, entre autres, pour des états de surface d’un Ra situé entre 0,8 et 0,6. En dehors de l’ergonomie des machines, le décolleteur apprécie leur rapidité, avec des avances de l’ordre de 32 à 35 m/mn, et surtout leur rigidité. » Nous fabriquons nos tours sur des bâtis assemblés en queue d’aronde, qui assurent une très bonne tenue des cotes dans le temps « , assure Alexandre Folliet, technico-commercial Star, à Thyez.
Désormais, l’aéronautique représente 50% de son chiffre d’affaires. » Sans les Star, je n’aurai jamais pu développer ce marché « , confie Jean-Yves Paturel, qui vient de former, en janvier, le GIE SMPA (Sky Mechanical Product Aerospace), avec son confrère de Paberdec, de manière à atteindre une taille suffisamment critique. L’entité, qui pèse 5 millions d’euros et emploie 30 personnes pour un parc de 40 machines-outils, exposera au prochain Salon international de l’aéronautique et de l’espace, du 19 au 25 juin, à Paris.
Un service après-vente qui fait la différence
Dirigée par Denis Bosson, l’agence Star machine-tool France a été fondée en septembre 2001, après 25 années de présence sur le marché français. D’abord implantés à Scionzier puis à Thyez, au coeur de la vallée de l’Arve, le berceau du décolletage, les bureaux sont occupés par dix personnes, dont sept techniciens. » Le succès mondial du groupe Star repose sur une qualité unique : produit, service, délai et partenariat « , assure la marque japonaise, qui a vu le jour en 1950.
Karl Huber, responsable de Star Europe, a fondé l’entité française, qui commercialise les tours automatiques CNC à poupée mobile, et a développé un service commercial et un service technique qui s’occupe des formations (agréées), installations, mises en service, consultations techniques et du service après-vente. Ce dernier étant un des atouts de l’entreprise, comme en témoigne un des clients, Jean-Yves Paturel, décolleteur à Scionzier (lire article ci-contre). » La force de Star, c’est sa force commerciale et surtout son SAV, avec sa hot-line. Nous avons toujours eu une personne à notre écoute, et une assistance technique disponible dans les 24 heures « , assure M. Paturel, qui a acquis neuf machines depuis fin 2008.