Ces jeunes pousses qui veulent devenir des usines
Elles ne se contentent plus d’innover sur ordinateur. Ces start-up venues de la deeptech, de l’énergie ou de la robotique veulent produire, assembler, livrer. Soutenues par Bpifrance, vingt-cinq d’entre elles s'apprêtent à franchir le pas de l’industrialisation.
Elles sont au nombre de 25 start-up industrielles à avoir intégré la 9e promotion de l’accélérateur Néo Startups industrielles de Bpifrance. Elles bénéficieront, sur une période renouvelable de douze mois, d’un parcours avec du conseil, des formations et une mise en réseau. L’objectif étant de faire passer leur production et la commercialisation de leurs technologies à l’échelle industrielle. « En leur offrant un accompagnement sur mesure, des conseils d’experts et un réseau de partenaires industriels, nous leur permettons de surmonter les défis de l’industrialisation et de synchroniser leurs capacités de production avec les exigences du marché », affirme Matthieu Heslouin, directeur exécutif conseil de la banque publique d’investissement.
L’accélérateur fournit non seulement un accompagnement stratégique, des conseils d’experts, mais aussi des ressources spécialisées pour aider ces jeunes pousses à surmonter les défis spécifiques liés à l’industrialisation. Le dispositif met également à leur disposition « un réseau d’experts et de partenaires industriels », afin de leur faciliter les « opportunités de collaboration » et de mise en relation avec les « acteurs clés du secteur ». Pour Bpifrance, il s’agit de stimuler à la fois leur innovation et leur croissance.
Produire à grande échelle une technologie de rupture
En effet, la croissance des start-up industrielles repose sur leurs potentialités à produire et commercialiser une technologie de rupture à grande échelle. Pour cette institution financière publique, les choix stratégiques des start-up industrielles nécessitent de « bien synchroniser les capacités de production avec leur marché ». Car les défis qu’elles doivent relever sont avant tout industriels, avec la mise en place opérationnelle de leurs sites de production, le recrutement de commerciaux qui devront décrocher des commandes importantes pour atteindre la rentabilité, le tout dans une organisation humaine à même de porter la montée en cadences de la production.
Découvrez parmi les 25 start-up industrielles de la 9e promotion, celles qui ont retenu notre attention. Atawey conçoit des stations de recharge hydrogène modulaires pour tous types de véhicules. Aemotion a mis au point un véhicule combinant l’agilité d’une moto avec la sécurité d’une voiture. H2Gremm s’est spécialisée dans la fabrication de mini-stations hydrogène modulaires et décarbonées permettant la production, le stockage et la distribution d’hydrogène directement sur site. Gaming Engineering travaille sur des solutions d’assemblages multimatériaux pour l’allégement des véhicules et leur efficience énergétique. Injectpower développe des microbatteries ultra-miniaturisées, rechargeables et à haute densité énergétique, destinées à alimenter des dispositifs médicaux implantables.
MagREEsource a été lancée pour recycler des aimants permanents à base de terres rares. Les modules laser à cascade quantique (QCL) de mirSense ont été pensés pour des applications industrielles exigeantes, en proposant des solutions miniaturisées, robustes et spectroscopiquement précises pour la détection de gaz, le contrôle de procédés, la sécurité et la défense. Quobly développe un processeur quantique en silicium, compatible avec les outils industriels afin de rendre l’informatique quantique plus accessible, scalable (évolutive) et économe en énergie. La plateforme robotique de nouvelle génération de Surgitec Robotics est dédiée à la chirurgie osseuse. Quant à Tetmet, la start-up a développé un logiciel de design et un outil de production pour la production de structures en treillis optimisés en acier et microsoudés.
Quatorze emplois créés en moyenne par entreprise
Au total, ce sont 103 entreprises qui ont intégré, depuis fin 2022, le programme Néo Startups industrielles. Et Bpifrance de relever que sur les 35 jeunes pousses qui ont terminé l’accélérateur en 2024 et 2025, dix ont inauguré leur premier site industriel pendant le programme ou dans l’année qui a suivi l’accélérateur, tandis que huit autres ont également levé des fonds encore plus importants, à hauteur de 33 millions d’euros en moyenne par entreprise.
Sur cette même période de 2022 à 2025, la banque publique d’investissement a comptabilisé environ 14 emplois créés en moyenne par entreprise. Alors que 71 % des dirigeants ayant terminé le programme estiment que l’accélérateur a permis de structurer leur organisation pour accompagner la croissance de l’entreprise, notamment sur le volet des ressources humaines.
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