Industrie 5.0 en 2025 : entre quête de rentabilité et exigences RSE
La nouvelle édition 2025 du Baromètre de l’Industrie 5.0, réalisée en partenariat entre Wavestone et OpinionWay, marque une année charnière pour le secteur industriel.
Le baromètre met en évidence un recentrage fort sur le retour sur investissement (ROI) des initiatives digitales, tout en maintenant une vision élargie de la performance, intégrant les enjeux de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE).
En rupture avec les éditions précédentes, cette enquête a été conduite par l’institut OpinionWay et a recueilli plus de 600 réponses issues d’un panel franco-allemand (302 en France, 300 en Allemagne). Les répondants représentent majoritairement le secteur industriel (81 %), avec une forte présence des domaines de la haute-technologie (21 %), de la métallurgie (15 %) et de l’automobile (8 %).
Un contexte économique sous tension
Dans un environnement incertain, les industriels sont particulièrement attentifs à la rentabilité de leurs investissements numériques. 60 % estiment que leur niveau de performance global reste insuffisant.
La digitalisation des opérations est considérée comme un levier essentiel : 82 % des projets ont pour objectif premier l’amélioration de la productivité. Toutefois, 41 % des répondants jugent le ROI de ces initiatives trop faible, freinant ainsi leur maturité numérique. Parmi les entreprises les plus avancées, 66 % dépassent leurs objectifs de performance opérationnelle.
IA et IA générative : forte accélération, nombreux obstacles
L’édition 2025 du baromètre met en lumière une progression rapide des usages d’intelligence artificielle. Les cas d’usages d’IA générative déployés et opérationnels ont augmenté de 32 % en un an. Seuls 6 % des industriels n’ont pas encore intégré d’initiatives IA dans leur programme de digitalisation.
Cependant, la montée en puissance de l’IA s’accompagne de nombreux freins. Les principales difficultés identifiées sont :
- la gestion des données sensibles (33 %),
- la difficulté à démontrer un ROI (31 %),
- le choix des outils pertinents (30 %),
- l’accès aux données (29 %),
- le passage à l’échelle (26 %),
- et le manque de compétences internes (25 %).
L’Allemagne se démarque avec environ 10 points d’avance sur la couverture des fonctions industrielles (production, maintenance, qualité, planification…).
Le baromètre confirme que la performance ne se limite plus à la productivité : elle devient durable, résiliente et centrée sur le facteur humain. Si la recherche de qualité et de performance reste centrale, les considérations RSE gagnent du terrain.
Sept entreprises sur dix ont mis en place des solutions digitales intégrant des enjeux environnementaux ou humains (pénibilité, sécurité, compétences). En parallèle, 46 % des projets intègrent des critères environnementaux dès leur phase de cadrage.
Le passage à l’échelle : un défi persistant
Le déploiement multi-sites des programmes digitaux reste un point de blocage. Seule une minorité d’entreprises parvient à suivre le rythme prévu. Au total, 53 % des répondants déclarent peiner à faire progresser leurs projets de digitalisation à l’échelle souhaitée.
Les freins les plus fréquemment cités :
- difficulté à identifier les outils adaptés (30 %),
- difficulté d’accès aux données (29 %),
- complexité technique du déploiement (26 %),
- manque de compétences internes (25 %).
À l’inverse, les entreprises disposant de systèmes interopérables (connectivité standardisée, modèles de données compatibles, SI interfacés) ont sept fois plus de chances de réussir leurs déploiements dans les délais. D’autres facteurs de succès sont mis en avant : une gouvernance centralisée, la diffusion des compétences technologiques dans les équipes projet (cybersécurité, architecture IT), et une meilleure coordination entre les équipes DSI et les utilisateurs métiers.