Croissance continue en 2017 pour la machine italienne
L’assemblée annuelle des adhérents du syndicat italien de la machine-outil était empreinte d’optimisme. Tous les chiffres ou presque sont dans le vert. Cette croissance significative du secteur est un exemple en Europe.
Massimo Carboniero, président de l’Ucimu, a dressé, début juillet, un panorama très positif pour l’industrie italienne constructrice de machines-outils, robots et systèmes d’automatisation. Il s’appuyait sur des chiffres précis, publiés régulièrement par le centre d’étude économique de l’Ucimu. Le syndicat italien est d’ailleurs exemplaire en termes d’information chiffrées à la presse, et cela mérite d’être souligné. Tenant le cinquième rang parmi les producteurs de machines-outils, après la révision de la série historique des données effectuée par l’association américaine, l’Italie s’est confirmée au troisième rang des exportateurs. Nos voisins ont aussi avancé dans le classement de la consommation pour se positionner au cinquième rang mondial. Ces progressions témoignent du dynamisme de la production et de la demande locale. Et les mesures en place devraient encore amplifier le mouvement.
Plan Industrie 4.0 pour la péninsule
La tendance positive commencée en 2014 continuera tout au long de 2017, année où production, exportation et consommation vont croître, selon l’Ucimu. Notamment la croissance du marché intérieur devrait profiter des mesures fiscales d’ « hyper amortissement » des investissements correspondant au Plan National Industrie 4.0. Les conventions générales sont signées par les collectivités territoriales avec les confédérations industrielles et les centres techniques régionaux, ces derniers étant chargés d’examiner les critères techniques validant l’entrée des investissements dans ce plan.
Entre juillet et août, plusieurs accords ont déjà été signés, dans le nord industriel de l’Italie. Ces accords vont pousser les commandes de machines et de systèmes d’automatisation entrant dans le cadre du plan. Une telle mesure, prise lorsque les entreprises disposent d’une trésorerie saine, ne peut qu’accélérer le mouvement de croissance de la demande, constaté depuis 2013. « Après la hausse de 22,2% du premier trimestre de 2017, l’indice des commandes collectées par les constructeurs italiens dans le marché domestique au deuxième trimestre fait état d’une augmentation de 28,5%, confirmant la tendance à acheter de nouvelles machines et technologies pour la connectivité des installations », disait Massimo Carboniero, lors de l’assemblée de juillet.
Pour la même période, l’indice des commandes à l’export a augmenté de 13,8% par rapport à la même période de l’année précédente, amenant ainsi la progression globale des commandes en machines-outils à une hausse de 17,2%, par rapport à la même période de 2016. Mais ces bons résultats n’empêchent pas les constructeurs transalpins de rester prudents car, comme le précise leur président : « Toutefois, les prévisions nous indiquent que même à la fin de 2017, cela ne suffira pas à rattraper tout le terrain perdu pendant les années de crise. La relance de la compétitivité des PME vient de démarrer, il faut du temps pour qu’elles introduisent les mesures et entament des plans d’investissement ».
Ainsi, l’organisation salue le travail effectué par le ministère du Développement Economique, mais maintient la pression pour qu’il intervienne sur les politiques fiscales, notamment en faveur des jeunes travailleurs. Car l’évolution des métiers, due à l’introduction à marche forcée de la connectivité des machines, provoque un besoin de compétences toujours plus fortes. Le recrutement est aussi un souci majeur pour l’industrie italienne, en raison d’un certain déphasage entre les profils de l’offre d’embauche et la qualification des demandeurs d’emplois.
Les bons chiffres de la production et de l’exportation
En 2016, les débouchés majeurs de la production italienne du secteur (machines et robots confondus) ont été l’Allemagne (377 millions, +1%), les Etats-Unis (352 millions, -9,4%), la Chine (315 millions, -6,9%), France (224 millions, +23,2%), Pologne (137 millions, +7,2%), Espagne (116 millions, +14%), Mexique (99 millions, +29,3%), Turquie (87 millions, -5,1%). Remarquons que la France est le 3e partenaire de cette industrie transalpine, et l’un de ceux qui ont affiché la plus forte progression.
Nettement positif, le résultat de la consommation intérieure italienne affiche, pour la troisième année de suite, une hausse à deux chiffres, en se fixant à 3 859 millions d’euros, soit 15,3% de plus par rapport à 2015. La marche positive de l’industrie italienne du secteur sera confirmée en 2017 aussi, d’après les données prévisionnelles élaborées par le Centre d’Études et Culture d’Entreprise d’Ucimu. En particulier, la production devrait se hisser à 5 925 millions d’euros, avec une hausse de 6,7%. La consommation atteindrait 4 250 millions d’euros, soit 10,1% de plus qu’en 2016, en renforçant tant les livraisons des constructeurs dans le marché domestique, attendues à la hausse de 12% à 2 575 millions, que les importations (+7,5%). Les exportations afficheraient une hausse de 3%, pour atteindre 3 350 millions d’euros.
L’évolution des ventes de machines-outils, telle que constatée à l’étranger au cours des trois premiers mois de l’année, confirme la reprise attendue. Le rapport exportations sur production, redimensionné depuis 2014 suite à la reprise de la demande italienne, va encore descendre jusqu’à 56,5%. Espérons que les chiffres, que nous ne connaissons pas, soient au moins de tendance identique pour notre pays…