On reparle d’industrie
Alors que nous publions dans ce numéro notre palmarès 2017 des dix meilleures entreprises françaises travaillant dans le métal (de la mécanique à la fonderie) et classées selon leur productivité, qu’en est-il de l’état de santé des industries mécaniques ? Dans notre précédent éditorial (Machines Production n°1061 du 15 novembre), nous relevions que le secteur de la machine-outil avait été particulièrement performant durant l’année 2017. Sans surprise, il en est de même chez leurs utilisateurs. En effet, la Fédération des industries mécaniques (FIM) fait état d’un chiffre d’affaires de 127,8 milliards d’euros, en progression de 3,3% par rapport à 2016. Également en hausse, les exportations ont atteint 49,8 milliards d’euros (+3,2%).
En revanche, sur le front de l’emploi, les chefs d’entreprise n’ont pas eu recours à de nouvelles embauches, bien qu’ils soient, selon la FIM, les premiers employeurs industriels du pays. Les effectifs ont même diminué de 0,6%, passant de 619 000 à 615 000 salariés, soit près de 20% de l’emploi industriel. « Une tendance qui devrait s’inverser en 2018, veut croire la fédération. Un tiers des industriels estiment qu’ils ne pourraient plus répondre à un surcroît de demande sans recruter (+5 points en un an, un niveau inédit depuis la crise). »
Pour son président Bruno Grandjean, l’année 2017 aura été marquée par une réelle prise en compte de l’industrie et de la compétitivité des entreprises (comme en témoigne notre classement dans ce numéro), par le gouvernement. « Le travail mené en 2017, notamment à l’occasion des élections présidentielles, commence à porter ses fruits », se félicite M. Grandjean.
Gadget ou pas, il faut souligner la manifestation inédite sous la verrière du Grand Palais, à Paris, qui a rassemblé de nombreux acteurs de l’industrie autour de l’Usine extraordinaire. Du 22 au 25 novembre, les visiteurs ont pu constater la « réalité de l’usine d’aujourd’hui. Une usine innovante, connectée à son territoire et utile à la société. Une usine qui inspire et donne envie aux nouvelles générations de s’y projeter ! », s’enthousiasme Bruno Grandjean. Mais alors, pourquoi ne pas désigner 2019, année nationale de l’industrie ? Seules les chambres de commerce et d’industrie avaient pris l’initiative de faire de 2013, une année de l’industrie, qui s’était traduite par l’organisation de manifestations (colloques, conférences-débats, visites d’entreprise…) sur tout le territoire, et tout au long de l’année. Depuis 2013, plus rien.