L’euphorie pour la machine-outil
L’année 2017 restera un excellent millésime pour nos annonceurs constructeurs ou distributeurs de machines-outils. Les chiffres révélés par l’étude annuelle sur les ventes de machines d’usinage et de formage en France, que le Symop vient de publier, en attestent. Elles ont été particulièrement dynamiques en 2017, enregistrant une croissance de 12% en valeur et 5,2% en volume, indique le représentant des fabricants de machines, technologies et équipements pour la production industrielle. Et si les machines de formage ont connu une croissance « assez faible » en volume (1,6%), celles d’usinage ont nettement performé, avec une progression de 5,5% en volume. Parmi elles, les tours constituent, selon le Symop, le premier segment de la machine-outil française (34%). Quant à la consommation en volume, elle a bondi de 14,9%.
Même topo pour les centres d’usinage : les ventes ont atteint une hausse de 9,4% par rapport à 2016, pour une valeur totale de 360,3 millions d’euros. L’organisation professionnelle estime qu’environ 85% des centres vendus en France sont aujourd’hui des centres à 5 axes.
Après le hors-série « aéronautique » paru en juin dernier, Machines production est en passe de publier le deuxième hors-série de l’année consacré cette fois-ci à l’automobile. Ces deux marchés ont été particulièrement dynamiques pour les spécialistes de la machine-outil. L’automobile a stabilisé ses investissements en 2017, « et redevient le premier secteur client de la machine-outil française (28,2%) », lit-on dans l’étude du Symop. Même si la part de l’industrie aéronautique dans l’investissement en machines-outils était en diminution (24,7%), « les entreprises françaises du secteur prévoient une augmentation de la production dans les prochaines années », projette le syndicat professionnel.
Mais que dire de 2018 ? Pour les analystes du Symop, l’optimisme est de mise. Ils observent « une croissance robuste » de la consommation apparente de machines-outils, estimée à +9,5%. Pour eux, « la demande en France sera dynamique car poussée par un phénomène de rattrapage, les investissements ayant été décalés en raison des difficultés économiques de la zone euro ».
Et le Symop ne voit pas de changement cap à l’horizon 2020, avec des investissements qui devraient rester « dynamiques avec des taux moyens de croissance de l’ordre de 4% ». Si la demande de machines-outils doit connaître, cette année, une « forte expansion » de +7,4%, elle pourrait aussi retrouver « un niveau supérieur à 4% sur les années suivantes », promet le Symop, qui s’appuie sur la récente annonce du Premier ministre Édouard Philippe d’instaurer une mesure de suramortissement de 40% sur les investissements des PME dans les « technologies d’avenir ».