Les sous-traitants restent sereins
Le début d’année 2019 semble un peu moins dynamique que les années 2017 et 2018, mais la tendance reste bonne, selon les sous-traitants présents au Midest, de Global Industrie Lyon.
Dans les allées du Midest, qui occupait, en mars dernier, deux halls au sein du salon Global Industrie Lyon, les sous-traitants de Bourgogne-Franche-Comté ayant développé une production très spécialisée, misé sur l’export ou réparti leurs débouchés vers différents secteurs ont abordé sereinement le début de l’année 2019. Bien installé sur un marché de niche, Micro Erosion est un spécialiste de la mécanique de précision, à Pontarlier (Doubs). « Nous restons en ce début d’année sur la même tendance qu’en 2018 », confie son directeur Alain Laude. L’entreprise a des clients dans différents secteurs, le médical, l’horlogerie, la connectique, l’automobile, l’aéronautique, l’énergie, le luxe, ce qui assure une stabilité quand l’un de ces secteurs est moins florissant, comme cela a été le cas avec l’automobile.
Micro Erosion assure également sa croissance avec l’export, qui représente 60% du chiffre d’affaires avec des ventes en Belgique, Italie, Espagne, Suisse et aux Etats-Unis. « L’export, c’est l’école de l’excellence. Chaque jeudi, il y a cours d’anglais dans l’entreprise, avec un professeur qui nous a accompagné sur des salons, est allé sur chaque machine pour connaître notre métier afin d’adapter ses cours à nos besoins. » Et Alain Laude a de nouveaux projets en préparation, car « il faut toujours rester réactif ».
Cylindre SAS, à Damparis (Jura), créée il y a trois ans par le groupe suisse Dixi, est en plein essor et a recruté cinquante personnes en trois ans. Spécialisée dans la mécanique de précision, elle réalise des pièces à haute valeur ajoutée pour l’aéronautique, la défense, l’industrie. Malgré sa récente installation, les investissements se poursuivent, en particulier dans la robotique, afin de rester compétitif.
Des clients attentistes
Chronotools est une microentreprise atypique. Créé en 2017, ce spécialiste de la fabrication d’outils coupants exporte à 80% en Suisse et au Moyen-Orient, et est en train de s’ouvrir à l’Italie, l’Allemagne et à l’Asie. La jeune entreprise est en très forte progression, profitant d’un positionnement très pointu et réalise son chiffre d’affaires avec des grands groupes. « Les Suisses nous achètent ce qu’ils ne trouvent pas chez eux, résume David Lam, son président fondateur. Notre choix de départ, c’est la singularité et un très haut niveau d’exigence. Nous fabriquons des outils qui sont soi-disant impossible à réaliser. » Pour y parvenir, Chronotools développe ses propres logiciels et algorithmes.
Chez Polis Précis, après deux bonnes années, on constate un petit ralentissement, avec des projets en cours, mais légèrement repoussés. Corolaire de cet attentisme des clients, une visibilité qui est passée de trois mois en 2018 à un mois pour le début 2019. « Mais avec des délais de réalisation de quatre à six semaines, trois mois, c’était déjà bien, tempère Brice Grundish, chef de projet. Et nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur une bonne équipe. Nous embauchons des jeunes au niveau bac pro ou BTS qui ont envie de travailler. »
Des entreprises franc-comtoises connaissent bien la mesure de suramortissement, mais s’interrogent sur la version 2019. Micro-Erosion et Polis Précis avaient toutes deux utilisé la première mouture du suramortissement. « C’est une mesure pertinente, mais cette année elle est réservée à des investissements dans la robotique ou la CFAO », estime Alain Laude. Chez Polis Précis, Brice Grundish est en train de regarder les conditions de l’actuelle pour éventuellement poursuivre les investissements.