Le beau temps avant la tempête ?
Après une année 2017 déjà en croissance pour les industries mécaniques, voilà que les chiffres de la FIM pour 2018 viennent confirmer cette tendance haussière. Avec un chiffre d’affaires de 132,2 milliards d’euros, soit une progression de 2,8% par rapport à l’année précédente, les entreprises mécaniciennes françaises ont affiché une croissance équilibrée à la fois sur le marché intérieur (+2,9%) et sur l’international, puisque les exportations ont bondi de 2,8%. « Le chiffre d’affaires a dépassé son pic initial connu en 2008 », relève la Fédération des industries mécaniques. D’autant plus qu’aucun des trois secteurs d’activité de la mécanique, qu’il s’agisse de la transformation des métaux, de l’équipement mécanique et de la précision, n’a été à la peine cette année. Leur chiffre d’affaires ayant respectivement augmenté de 2,1%, 3,4% et 3,5%.
Ainsi, avec une météo conjoncturelle aussi favorable, notre industrie mécanique parvient à conserver sa 6e place mondiale, derrière la Chine, les États-Unis, le Japon, l’Allemagne et l’Italie. Mais les mécaniciens tricolores restent toujours très dépendants du marché européen, puisque 57,2% des 51,3 milliards de chiffre d’affaires réalisés sur le marché étranger l’ont été avec les pays membres de l’Union européenne. L’Allemagne étant leur premier partenaire commercial avec 15,1% des exportations, en hausse de +3,4% par rapport à 2017.
Sur le front de l’emploi, la solidité de la croissance commence tout juste à porter ses fruits. En effet, pour la première fois depuis 2008, les effectifs des entreprises de mécanique, premier employeur industriel de France avec 615 450 salariés, ont été en hausse. Certes de 450 postes (+0,1%), mais elle met un terme à une chute des effectifs qui paraissait sans fin. Toutefois, « les difficultés pour trouver des personnes qualifiées demeurent », prévient la FIM.
Seulement voilà, des nuages ont d’ores et déjà commencé à s’amonceler. Car le ralentissement du marché intérieur, ressenti fin 2018, s’est poursuivi en ce début d’année, notamment dans l’automobile et le bâtiment. Avec une décélération de la demande en provenance des pays tiers, qui devrait limiter la hausse des exportations. Dans ce contexte économique, la FIM estime à environ 1,5% la hausse de l’activité des industries mécaniques en 2019, « croissance moindre mais à un niveau en phase avec les prévisions de l’Insee », note-t-elle. Mais un point n’est pas à négliger : les industriels français qui ont fait le pari de l’industrie du futur « s’endettent fortement », souligne la FIM, qui craint qu’en cas de retournement de conjoncture, « cette situation pourrait s’avérer critique ». C’est la raison pour laquelle, il est « essentiel de traiter le problème numéro un des usines, celui de la fiscalité », avertit le porte-parole des entreprises mécaniciennes. Un message qu’il ne cesse de marteler. Son président Bruno Grandjean le répète : « Nos usines doivent enfin bénéficier d’une fiscalité compétitive qui ne taxe pas l’investissement et la prise de risque. »