En Bretagne, l’industrie entre prudence et résilience
Malgré un contexte économique et géopolitique incertain, les entreprises industrielles bretonnes affichent des perspectives favorables pour 2026. Croissance modérée, stabilité de l’emploi et hausse des investissements témoignent d’une résilience prudente face aux défis à venir.
Des prévisions d’activité qui restent favorables pour 2026. Malgré un contexte à la fois conjoncturel et géopolitique incertain, des signes de résilience de l’industrie sont perceptibles en Bretagne, selon une enquête du service régional de la Banque de France publiée en février dernier. En effet, les économistes tablent sur une croissance du chiffre d’affaires de 3 % (7,4 % à l’export). Et d’observer que les entreprises se montraient davantage optimistes dans la fabrication de matériels de transport (+8,7 %, dont 18,1 % à l’export) et, dans une moindre mesure, dans celui des équipements électriques, électroniques et autres machines (+6,6 %, dont 10,8 % à l’export). Pour les entreprises du secteur de la production de caoutchouc, plastiques et autres matériaux, la prévision de croissance du chiffre d’affaires est de l’ordre de +3,3 %.
Concernant l’emploi, selon l’enquête régionale de la Banque de France, dans l’ensemble, les effectifs seraient stables (+0,1 %) en 2026. « Seul le sous-secteur des équipements électriques et électronique connaitrait un léger sursaut (+1,4 %), tout en enregistrant le plus fort repli de l’emploi intérimaire (-13,7 %) », commente l’étude, dans laquelle 464 entreprises industrielles ont été interrogées. Cela dit, l’industrie pharmaceutique prévoit une hausse de 6,1 % de ses effectifs, tandis que les effectifs chez les fabricants de produits métalliques se réduirait (-1,8 %). En revanche, le recours aux intérimaires reculerait, ce qui signifie que les entreprises restent prudentes.
Envie d’investir
Alors que les investissements avaient globalement augmenté en 2025 (+ 5,8 %), la tendance se confirmerait en 2026, avec une hausse de 13,2 % par rapport à l’année dernière. Ils doubleraient dans les équipements électriques et électroniques (+107,1 %), « portés par la forte progression des autres équipements électriques », commente l’institution bancaire. En revanche, ils chuteraient dans l’industrie automobile (-33,9 %).
« Les prévisions d’investissements s’orientent clairement vers la modernisation ou le renouvellement courant des moyens de production, à hauteur de 81,6 % », poursuit la Banque de France, soulignant que le taux atteignait 86,6 % dans les équipements électriques et électroniques. Enfin, la part des investissements visant à augmenter les capacités de production est néanmoins plus élevée qu’en 2025 (18,4 % contre 14,2 % l’année précédente). « Cette évolution prolonge la tendance observée depuis 2024 », analyse le service régional.
Meilleure rentabilité
Sur l’année 2026, 88 % des entreprises industrielles interrogées anticiperaient une stabilité ou une hausse de leur rentabilité. Les spécialistes des équipements électriques et électroniques sont le plus optimistes, puisque 43 % anticipent une hausse de leur rentabilité, tandis que dans le secteur des matériels de transport, 28 % des entreprises évoquent une baisse. Dans les autres produits industriels, les prévisions de rentabilité s’améliorent : 29 % des sociétés tablent sur une augmentation en 2026, contre 28 % en 2025 et 20 % en 2024. Chez les producteurs de caoutchouc, plastiques et autres matériaux, ils ne sont que 7 % à anticiper une baisse de leur rentabilité, alors que « la métallurgie et la fabrication de produits métalliques semblent bien orientées », souligne la Banque de France. Pour prendre le pouls de l’activité industrielle bretonne, le mieux serait de se rendre au salon Sepem Industries Brest, qui se tient dans la cité océane, les 2 et 3 juin, au parc des expositions de Penfeld.