Vericut étend sa maîtrise du programme CN avec Icam Post V27
Connu pour la simulation des programmes CN, Vericut intègre désormais l'offre de post-processeurs d'Icam, rachetée par Sandvik en 2021. Un complément bienvenu, alors que la version V27 d'Icam Post apporte désormais un assistant d'IA et un outil de tests de régression.
Depuis près de 40 ans, Vericut sert à simuler, vérifier et optimiser les programmes CN avant qu’ils n’arrivent sur la machine-outil. Mais la vérification intervient en bout de chaîne : en amont, le programme doit d’abord être généré correctement. C’est justement sur cette étape, le post-processing, que se positionne désormais Vericut Icam Post.
Fondée à Montréal en 1971, Icam Technologies s’est spécialisée pendant plus de cinquante ans dans le développement de solutions de post-processeur capables de traduire les données issues des systèmes de FAO en programmes CN adaptés aux caractéristiques réelles des machines et de leurs commandes numériques. L’entreprise a, par la suite, été acquise par Sandvik en décembre 2021, qui possède également CGTech, l’éditeur de Vericut. Ce rapprochement répond ainsi à une logique industrielle claire : associer deux expertises historiquement complémentaires. D’un côté, Icam génère le programme CN à partir des données FAO. De l’autre, Vericut permet de simuler, vérifier et optimiser ce programme avant son exécution sur la machine.
Pourquoi le post-processeur est-il si important ?
Un post-processeur constitue le lien entre le système de FAO et la machine-outil. Il convertit un parcours d’outil en instructions qui tiennent compte de la cinématique de la machine, de son contrôleur, de ses cycles spécifiques et de sa configuration. Dès lors, une erreur à ce stade se retrouve directement dans le code envoyé à l’atelier. Cette étape devient d’autant plus critique avec les machines 5 axes et multifonctions, où un défaut peut aboutir à une trajectoire inattendue, voire une collision.
Icam apporte ici un avantage important : son approche reste indépendante du système de FAO utilisé. La solution peut notamment fonctionner avec des environnements comme Catia, PTC, Siemens NX et de nombreux autres systèmes, tout en prenant en charge des machines 5 axes et « mill-turn » complexes.
Pour Vericut, l’intérêt est donc moins de devenir simplement un nouvel acteur des post-processeurs que d’étendre sa maîtrise de la chaîne numérique CN.
Le processus devient ainsi plus cohérent :
FAO → Post-processeur → Programme CN → Vérification → Machine
L’utilisateur peut ainsi générer un programme adapté à sa machine avec Icam Post, puis le vérifier dans Vericut avant qu’il n’atteigne l’atelier.
Icam Post V27 : un assistant d’IA et des tests de régression
La nouvelle version Icam Post V27 s’inscrit d’ailleurs dans cette évolution : son objectif n’est pas d’ajouter davantage de complexité aux outils de développement des post-processeurs, mais au contraire de faciliter leur création, leur modification et leur validation. Et pour ce faire, cette nouvelle version s’appuie sur deux innovations notables. La première consiste en l’arrivée d’un assistant IA, le Vericut Icam Post AI Assistant, qui est directement inclus dans QUEST et GENER, les environnements de développement d’Icam. Celui-ci s’appuie sur la documentation officielle de l’éditeur pour répondre aux questions techniques, retrouver une syntaxe de macro ou accompagner le développeur sans qu’il ait à interrompre son travail pour rechercher l’information ailleurs.
La seconde nouveauté réside dans l’intégration d’un nouvel outil de tests de régression, qui vise à apporter une réponse à une situation courante. En effet, la modification d’un post-processeur, ou le passage à une nouvelle version du logiciel, peut changer le code produit sans que personne ne s’en aperçoive avant la machine. Ce nouvel outil va donc comparer automatiquement les programmes CN générés avant et après la modification, pour aider à distinguer une simple différence de formatage d’une modification susceptible d’avoir un véritable impact sur la machine. Les équipes savent ainsi ce qui a changé avant d’envoyer le programme en production.
Vous l’aurez compris, l’enjeu derrière cette acquisition est de rapprocher la génération du programme CN de sa simulation et de sa vérification. Car dans un environnement industriel où les entreprises utilisent souvent plusieurs systèmes de FAO, plusieurs générations de commandes numériques et des parcs machines de plus en plus hétérogènes, cette indépendance peut devenir un véritable avantage.