Le grand marché des savoir-faire
Global Industrie veut accélérer sa mutation vers l’industrie du futur. Voilà l’objectif affiché par les organisateurs de ce grand rendez-vous réunissant sous un même toit, ce qui est assez unique en France, allant de la start-up au grand groupe de donneurs d’ordres, en passant par le sous-traitant, le fabricant d’équipement ou de solutions industrielles, les pôles de compétitivité, centres de recherche et autres incubateurs.
Ainsi, après Paris, en mars 2018, qui était sa première édition, c’est au tour de l’ancienne capitale des Gaules de recevoir, du 5 au 8 mars, plus de 2 200 exposants sur 110 000 m² et plusieurs dizaines de milliers de visiteurs. Chaque année impaire, Global Industrie fera donc étape à Lyon, « terreau fertile pour l’industrie s’il en est », selon Sébastien Gillet, le directeur de ce salon, situé au cœur de la première région industrielle de France, qui plus est. En Auvergne-Rhône-Alpes, le secteur industriel y génère plus de 18% de la valeur ajoutée, contre moins de 14% en France métropolitaine, selon les données de la chambre de commerce et d’industrie régionale. On y trouve des activités de pointe : machines, numérique, composants électroniques, énergie, pharmacie et technologies médicales, décolletage, caoutchouc-pneumatiques, plasturgie, écotechnologies… Le groupe Michelin, dont le siège est à Clermont-Ferrand, est le premier employeur régional.
Alors que le salon Industrie était organisé seul jusqu’en 2017, cette édition se voit rajouter trois autres événements : Midest, le salon des savoir-faire en sous-traitance industrielle, qui fera son retour à Lyon, après 30 ans ; Smart Industries, le salon orienté « industrie du futur », regroupant les acteurs de l’industrie connectée, collaborative et efficiente ; et Tolexpo, le salon du travail des métaux en feuille et bobine, du tube et des profilés, pour lequel nous consacrerons un cahier spécial, démontrant notre volonté de nous ouvrir à des métiers connexes mais ayant en tout cas un point commun, le même matériau métallique.
Souvenez-vous, c’était en avril 2017 et le salon professionnel des techniques et équipements de production mécanique Industrie Lyon a été d’une ampleur exceptionnelle. « Un tel engouement n’était pas apparu depuis le début des années 2000, en France », rapportait mon prédécesseur Michel Pech, dans son éditorial du 28 avril 2017. Cet « effet d’appel des exposants » avait été renforcé par la fin programmée de la mesure de suramortissement pour les investissements productifs. Les industriels avaient alors jusqu’au 15 avril pour engager ce processus.
Heureuse nouvelle, le gouvernement d’Edouard Philippe a décidé de réactiver ce dispositif fiscal. Ainsi, pendant deux ans, du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2020, les entreprises pourront déduire 40% de leurs dépenses de leurs bénéfices imposables, avec un étalement sur la durée d’amortissement du bien. A la différent du précédent dispositif, celui-ci cible seulement les PME et certains investissements en robotique et numérique (comme les équipements de réalité augmentée, capteurs connectés et machines à commande numérique). Les visiteurs s’y rendront-ils plus nombreux, comme en 2017, afin de venir chercher des nouvelles solutions d’investissements répondant aux critères du dispositif ? Réponse en mars prochain.