La mécanique toujours dans une conjoncture difficile
Mécanique de précision, décolletage, moulistes et plus globalement l'industrie manufacturière, comment se portent leur activité ? Si certains secteurs semblent tirer leur épingle du jeu, bien que la progression de leurs chiffres d'affaires reste timide, d'autres ont encore du mal à décoller. Tour d'horizon.
Quelle est la première région industrielle de France ?
Avec 184 750 salariés dans l’industrie fin 2012, Bourgogne-Franche-Comté est la première région industrielle de France pour sa part d’emploi dans l’industrie, soit 21% des employés de ce territoire, qui occupe par ailleurs le quatrième rang, pour la part de la valeur ajoutée industrielle. Un part qui représente 18,5 % de la valeur ajoutée régionale, selon les données publiées par l’Insee, l’Institut nationale de la statistique et des études économiques. On dénombre 15 612 établissements industriels, dont 83,7% d’industries manufacturières.
En Auvergne-Rhône-Alpes, avec 46 666 établissements industriels recensés, dont 83,9% d’industries manufacturières, la région dirigée par Laurent Wauquiez (Les Républicains) arrive en tête, devant l’Ile-de-France, avec 44 595 établissements industriels, et Languedoc-Roussillon-Midi Pyrénées, avec 35 237 établissements industriels, sur un total en France métropolitaine de 317 416.
Au premier trimestre 2016, le taux de chômage est de 8,8% en Auvergne-Rhône-Alpes, de 9,1% en Bourgogne-Franche-Comté, contre 9,9% en France métropolitaine.
La production industrielle progresse
Sur une base 100 en 2010, la moyenne annuelle de la production industrielle du groupe le plus large en traitement et revêtement des métaux, usinage (NAF rév. 2, niveau groupe, poste 25.6) est de 114,05 en 2015, alors que son plus bas était de 92,33, en 2009, et son plus haut de 134,06, en 2007, selon l’Insee.
L’industrie manufacturière en petite forme
L’indicateur mensuel de conjoncture de l’institut de la statistique montre un indicateur du climat des affaires à 101 au mois d’août pour l’industrie manufacturière. Au plus bas, il avait été de 67, en mars 2009, alors qu’il était à son plus haut sur les dix dernières années plusieurs mois en 2007, à 112.
L’industrie mécanique en hausse de 1%
En France, les industries mécaniques ont enregistré, en 2015, un chiffre d’affaires de 121,8 milliards d’euros, en progression de 1,2% par rapport à l’année précédente, rapporte la FIM. » Une amélioration globale de l’activité a été enregistrée, tant en France qu’à l’international « , souligne la Fédération des industries mécaniques. Premier employeur de l’industrie en France, l’industrie mécanique a vu ses effectifs diminuer, en 2015, de 1,7%, passant de 640 400 à 629 000 salariés, soit environ 21% de l’emploi industriel. Sur le front de l’emploi, la FIM constate que les entreprises mécaniciennes ont plutôt tendance à favoriser intérim et CDD plutôt que CDI, en raison d’un manque de visibilité sur leurs carnets de commandes, en en France, mais de manière plus générale, dans le monde, où les » tensions géopolitiques, la guerre des monnaies et la baisse des prix des matières premières « , affectent le marché. Constituées de 95% de TPE et PME, les industries mécaniques françaises occupent le sixième rang mondial, avec 30 200 entreprises de 1 salarié ou plus, y compris la fonderie, selon les données de la FIM.
Le décolletage vise les 3 milliards d’euros de CA
Bien que l’industrie du décolletage affiche un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros réalisé en 2015, selon le Syndicat national du décolletage (SNDEC), elle n’a pas réussi à rattraper les résultats de 2007, l’une de ses meilleures années de production. Ainsi, sur une base 100 en 2010 (1,8 milliard d’euros de CA), le décolletage est à 112,5 en 2015, contre 118,5 en 2007, selon l’Insee. En 2009, année de la crise économique mondiale, l’indice était tombé à 81,5. L’année 2011 était pleine de promesse, puisque le chiffre d’affaires était grimpé à 2,07 milliards d’euros. Malheureusement, sur les deux exercices suivants, les ventes avaient de nouveau chuté, pour remonter en 2014 à 1,92 milliard d’euros. Si la visibilité sur les carnets de commandes ne va pas au-delà des trois mois, les décolleteurs interrogés par le SNDEC disent s’attendre à une stabilité du marché, voire une croissance en octobre et novembre. Les données de l’Insee montrent une hausse du chiffre d’affaires de 1,2% sur le premier semestre, par rapport à la même période de 2015. En se dotant d’un plan stratégique baptisé Expansion 2020, la profession s’est fixée pour objectif d’atteindre, dans quatre ans maintenant, un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros.
Mécanique de précision : des ventes en faible hausse
D’après la FIM, dont le domaine d’activité de la précision englobe à la fois l’optique, la santé et les instruments de mesure (4 766 entreprises, 66 363 salariés), l’évolution de la facturation a progressé en 2015 de seulement 0,4% à 15,6 milliards d’euros, par rapport à 2014, contre 2,5% en 2014 par rapport à 2013. » La précision a connu une année en faible progression, commente la Fédération des industries mécaniques, dans un rapport des résultats 2015, publié en mars dernier. Il faut néanmoins souligner qu’elle a connu une croissance élevée les années précédentes. » Selon Véronique Cuziol, chef de projet industries mécaniques pour Ubifrance, la mécanique de précision est » un secteur qui souffre le moins de la crise » et qui » continue sa progression à un rythme soutenu (+4,3%) grâce à la bonne tenue de la consommation mondiale des ménages. « , écrivait-elle dans un rapport publié lors des Journées du printemps du pôle de compétitivité mécanique Viameca, en mars 2013, à Saint-Etienne.
Moulistes : les ventes se tassent
Chez les moulistes, les ventes se sont légèrement tassées, avec une baisse du chiffre d’affaires en 2014 de 1,39%, par rapport à 2013, selon le dernier rapport de conjoncture de Daniel Coué, consultant pour le Midest. Le chiffre d’affaires des entreprises de moules, modèles, maquettes et outillages de presse et spéciaux s’élève à 1,058 milliard d’euros contre 1,073 milliard d’euros en 2013, pour les entreprises de 20 personnes et plus. Sur la même période, la production a chuté de 0,83% et les prix étaient quasi stables, avec une évolution tout de même en baisse de 0,07%.
Chiffre d’affaires toujours en baisse dans la fonderie
Avec 387 établissements de production implantés dans l’Hexagone et 30 780 salariés, le secteur de la fonderie fait état d’un chiffre d’affaires de 5,4 milliards d’euros, réalisé en 2015, selon les chiffres de la Fédération forge fonderie. Depuis 2011, les fondeurs ne cessent de voir leurs ventes diminuer, après un pic de 6,2 milliards d’euros. Seuls les chiffres d’affaires de 2012 et 2013 s’étaient maintenus à 5,8 milliards d’euros, avant de basculer à 5,6 milliards en 2014. Les alliages alu continuent de représenter la première matière fondue en France, avec 39%, devant la fonte. Quant à la production en volume, elle poursuit sa chute, passant de 2,406 millions de tonnes en 2011 à 1,685 millions de tonnes. Une production qui fournit à hauteur de 40% le marché de l’automobile, du poids lourd et les équipementiers. La mécanique (TP, énergie, agricole, pompes) représentant une part de 20%.