Apprentissage et formation professionnelle, clés de l’emploi
Pour réaliser ce numéro de Machines Production, les rédacteurs ont rencontré de nombreux acteurs de la robotique et de l’automatisation des procédés industriels.
Ils font un constat unanime : la pénurie de professionnels motivés et compétents constitue le premier frein au développement de leur entreprise en particulier et de l’industrie en général.
Alors qu’au troisième trimestre 2016, le taux de chômage en France progresse de 0,1 point sur trois mois, à 9,7% en métropole, soit 2,8 millions de personnes au chômage, au sens du Bureau International du Travail, ce constat pose question quant aux formations des entrants sur le marché du travail.
Car cette distorsion entre l’offre et la demande d’emploi tient, pour une grande partie, à l’inadéquation entre l’orientation et les formations proposées par le système éducatif français et les besoins réels des entreprises. Les filières techniques et professionnelles font ce qu’elles peuvent, mais souffrent toujours d’un manque de candidatures. L’image des professions industrielles est encore entachée de préjugés tenaces de la part des orienteurs et des familles.
Pourtant, l’évolution très rapide des technologies numériques, l’intégration robotique croissante et le mouvement engagé vers l’industrie 4.0 sont en train de changer considérablement les conditions de travail et d’ouvrir de nouvelles perspectives de carrière dans le secteur de la production.
Sur les bases des métiers existants, avec des fondamentaux techniques solides, de nouveaux métiers sont déjà demandés. Les professionnels de l’usinage, tourneurs, fraiseurs, mécaniciens-monteur, outilleurs, moulistes ou décolleteurs vont devenir mécatroniciens, gestionnaires de cellules de production, cyber intervenants, cloud manager. Ils travaillent déjà dans des environnements sécurisés, de plus en plus propres et de moins en moins bruyants.
Pour assurer cette transmutation des métiers de l’industrie, les filières professionnelles doivent être confiées aux industriels et universitaires les plus proches du terrain, ceux qui connaissent la réalité des besoins dans les régions. Et si la formation aux fondamentaux reste du ressort des centres de formation, l’apprentissage et l’alternance constituent les meilleures voies pour une bonne adaptation à ces métiers en devenir. Il faut ensuite que l’industrie ouvre ses portes le plus largement possible aux professeurs et enfants des collèges, que les médias fassent un vrai travail d’information et que les politiques structurent les filières de formation technique intelligemment.
Simple, non ?