Les Aff’Tech, c’est bientôt
Le prochain salon de l’affûtage, de la fabrication d’outils et de la rectification aura lieu du 21 au 23 mars au Parc des expositions de Reims (Marne). Ce salon dédié à un secteur bien précis peut générer de bonnes opportunités d’affaires.
Machines Production s’est entretenu avec Jérôme Henry, gérant de l’entreprise Drumont Technologie Diamant. C’est aussi le président du Snafot, le Syndicat national des affûteurs français d’outils tranchants.
Pourriez-vous vous présenter auprès de nos lecteurs ?
Jérôme Henry. Je suis dirigeant d’une entreprise de fabrication d’outils et d’affûtage. Après une dizaine d’années au bureau du Snafot, j’ai accepté de prendre la présidence, il y a quatre ans, les postulants se faisant plutôt rares. Pourtant, je crois que participer à une organisation professionnelle et s’y investir apporte de nombreux avantages personnellement et surtout professionnellement, car on apprend rapidement à connaître les bons contacts pour se faire aider ou conseiller.
Quelles sont les origines et le but des Aff’Tech ?
L’idée d’organiser les Aff’Tech est parti du postulat qu’il n’y avait pas en France de salon spécifique. Nous avons voulu créer une dynamique d’échanges entre les fournisseurs et leurs clients affûteurs et fabricants plus personnalisée que dans les grands salons du bois et de la mécanique. Sous forme de biennale, les Aff’Tech sont l’œuvre conjointe des constructeurs de machines, des fabricants de meules, des fabricants d’outils et du Snafot, pour rester au premier rang, évoluer et s’adapter. Et se déplacer aux Aff’Tech, c’est affûter à coup sûr la stratégie de production de son entreprise.
Quelle est l’évolution de ce salon : nombre d’exposants de visiteurs, orientation ?
Lors de l’édition 2017, baignée de convivialité et de technicité, 72 exposants et un peu plus de 1 000 visiteurs étaient présents sur les trois jours, avec environ 200 entreprises. Si l’on considère que la profession de l’affûtage des outils de coupe compte environ 600 entreprises, dont une moitié est spécialisée dans le bois et l’autre le métal, on peut dire que l’objectif a été atteint. Pour cette édition, 74 exposants sont déjà inscrits (dont 20% le seront pour la première fois), et nous attendons au moins autant de visiteurs que pour l’édition précédente. Naturellement, les fabricants d’outils ainsi que tout ce qui gravite autour de la coupe et de la meule sont de la partie. Le mélange affûtage des outils bois et métaux va de pair, tant l’évolution des techniques rapproche les deux métiers.
Quelles sont les raisons de son succès ?
Les professionnels apprécient les Aff’Tech, car contrairement aux autres salons professionnels, plus généralistes, les exposants ne sont pas perdus parmi un trop grand nombre. Les visiteurs, quant à eux, savent exactement qui ils vont trouver, dans quels domaines et il n’y aura donc pas de perte de temps à parcourir de nombreuses allées et halls pour trouver les professionnels qui les intéressent.
Verra-t-on des nouveautés cette année au salon ?
Bien sûr, avec, entre autres, la présentation en France pour la première fois de l’Helitronic Power 400, chez Walter Machines, Anca inaugure sa nouvelle meuleuse pour la préparation d’ébauches CPX Linear, la nouvelle huile haute performance Blasogrind GTC 7, chez Blaser Swisslube. MVM présentera ses nouveautés, telles que le module de téléassistance sur ses modèles de machine KS-KX-FX20-FX40 et son nouveau modèle de machine SM500. Rose Plastic présentera le TwistPack Plus, successeur du TwistPack.
Pourriez-vous nous présenter le Snafot ?
Le Snafot est né en 1976 pour fédérer les affûteurs français, afin de faire face à l’arrivée de groupes allemands d’affûtage en France. Il est avant tout une association professionnelle qui se veut créatrice de liens et/ou de contacts entre les chefs d’entreprises d’affûtage. C’est notre principal objectif. Depuis l’an dernier, le Snafot regroupe des affûteurs indépendants et des ateliers intégrés.
Quel est l’intérêt d’adhérer au Snafot ?
Le Snafot accompagne ses adhérents par le biais de conférences techniques (gestion des déchets, évaluation des risques, référentiel métier…), d’actions collectives (journées formation, achats groupés…). Mais ce qui est apprécié par nos adhérents est la possibilité de se rencontrer, de discuter de problèmes, de trouver de solutions en dehors de la concurrence à laquelle ils peuvent se livrer sur le terrain.
Quel est l’état de l’affûtage, de la rectification en France ?
Le métier évolue suivant l’activité industrielle qui globalement baisse. Les demandes des clients sont de plus en plus techniques. Les investissements sont de plus en plus lourds. La robotisation permet de palier le manque de main-d’oeuvre qualifiée. Le service au client est prépondérant et certaines entreprises ont autant de personnel dédié à la commercialisation qu’à la production. Certains types d’outil ont presque complètement disparu, comme les grosses fraises HSS, d’autres continuent de croître comme le carbure monobloc ou le PCD. Beaucoup d’entreprises sont sur le point d’être cédées, les dirigeants arrivant à l’âge de la retraite, et on assiste à toujours plus de rachat d’entreprise par des groupes.