Les ETI dynamisent la région
Le territoire compte près de 2 600 entreprises de taille intermédiaire, dont une grande majorité exporte (78%), générant 12 milliards d’euros de valeur ajoutée.
Ce sont près de 2 600 entreprises de taille intermédiaire (ETI) qui ont été recensées sur le territoire de la région Auvergne-Rhône-Alpes, selon une étude menée en partenariat entre l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) et la CCIR (chambre de commerce et d’industrie de région).
Dans sa publication, l’Insee indique que parmi ces ETI, 550 sont fortement ancrées, puisqu’elles localisent, dans la région, plus de la moitié de leur effectif salarié français, et que ce territoire était la région d’implantation du siège social pour 460 ETI. Plus d’une entreprise de taille intermédiaire sur deux, implantée en Auvergne-Rhône-Alpes, est une structure de dimension multinationale, commentent Jean-François Thillet, Henri Lavergne, Stéphanie Depil, les trois auteurs du rapport. « Certaines de ces ETI appartenant à une firme multinationale sont la partie française de plus grandes entreprises, et dans ce cas, la région est alors la principale base pour l’implantation en France. »
En Auvergne-Rhône-Alpes, un salarié sur deux est employé par une entreprise multinationale, sous contrôle français (pour 35% des salariés) ou étranger (13%). Proportion qui se situe dans la moyenne nationale. Et comme à l’échelle du pays, les multinationales américaines figurent au premier rang et emploient 37 500 salariés, soit 18% des emplois sous contrôle étranger. Viennent ensuite les ETI allemandes avec 32 000 emplois (15%), britanniques, hollandaises et suisses (entre 8% et 10%).
Aux portes de la Suisse
La taille de l’entreprise favorise le fait d’être exportateur. Si les microentreprises ne sont que 5% à exporter, on trouve un taux de 40% chez les PME, lequel grimpe à 78% pour les ETI de la région, soit environ 10 points de plus qu’au niveau national. Parmi les entreprises qui exportent, en revanche, elles sont proportionnellement moins nombreuses à réaliser plus de la moitié de leur chiffre d’affaires à l’international, soulève l’Insee. Cela concerne 11% des PME, 14% des ETI et 22% des microentreprises. Enfin, il s’agit surtout d’entreprises limitrophes avec la Suisse.
L’enquête fait apparaître que les entreprises dites régionales (c’est-à-dire celles qui concentrent au moins 80% de leur personnel dans la région) ont réalisé (en 2015) un chiffre d’affaires à l’exportation de 24 milliards d’euros, dont 13 milliards réalisés par les ETI, 9 milliards par les PME et 2 milliards par les microentreprises. Elles ont affiché, en 2015, une valeur ajoutée hors taxes de 66 milliards d’euros, soit 31% de la valeur ajoutée régionale (sur l’ensemble de l’économie marchande et non marchande). « La valeur ajoutée des entreprises régionales est créée principalement par les microentreprises et les PME de la région à hauteur de 54 milliards d’euros, les ETI apportant les 12 milliards d’euros restants. Cette proportion des PME et des microentreprises est de 6 points supérieure à la moyenne nationale », écrivent les trois économistes.
Autre révélation de cette enquête sur les ETI d’Auvergne-Rhône-Alpes : l’industrie contribue davantage à la valeur ajoutée générée par les entreprises dites régionales qu’en moyenne en France (25% contre 17%). C’est particulièrement le cas de la fabrication de machines et équipements, de la métallurgie ou de l’industrie textile, où la région réalise 25% de la valeur ajoutée hors taxe créée par les entreprises régionales de France, rapporte l’Insee. L’industrie chimique, la fabrication de produits informatiques électroniques, et d’équipements électriques, celle de produits en caoutchouc et plastique sont également plus présentes en Auvergne-Rhône-Alpes qu’ailleurs, observe l’Insee. « Il s’agit des secteurs industriels spécifiques dans la région (dits secteurs « clés ») ayant un grand nombre de salariés en Auvergne-Rhône-Alpes », analyse l’institut.
Les ETI investissent davantage
En 2015, le taux de marge est de 27% pour les entreprises régionales des secteurs marchands non agricoles et non financiers. « Pour la plupart des secteurs d’activité, les taux de marge sont proches de la moyenne des entreprises régionales en France. Néanmoins, dans les secteurs industriels clés dans la région, ils sont supérieurs aux ratios nationaux », écrivent les auteurs de l’étude de l’Insee Jean-François Thillet, Henri Lavergne, Stéphanie Depil.
Et de souligner que dans certains secteurs, les ETI locales investissent davantage qu’au niveau national. En particulier pour la fabrication de matériels de transport (27% contre 14%) ou la fabrication de caoutchouc et plastique (25% contre 17%). « Les entreprises de ces secteurs dynamiques et consommateurs en capital, souvent leaders de leur activité, sont au centre de marchés nationaux ou internationaux en développement, nécessitant une adaptation permanente de leur outil de production », analysent-ils.