Les sous-traitants ont le moral
Après deux bonnes années, les sous-traitants d’Auvergne-Rhône-Alpes présents au Midest, de Global Industrie Lyon, ont pour la plupart bien commencé l’année, malgré une progression globalement moins importante. La visibilité s’est également réduite.
Le niveau des affaires est correct, tel est le sentiment de beaucoup de sous-traitants qui exposaient au Midest, dans le cadre de Global Industrie Lyon. Après les bons résultats de 2017 et 2018, le début de 2019 part sur de bonnes bases. Les sous-traitants doivent cependant rester agiles. « Il n’y a pas de visibilité, regrette Nicolas Badel, technico-commercial chez le fabricant de composants mécaniques Apaax, à Béligneux (Ain). Nous sentons un petit démarrage, mais il est impossible de dire si cela va durer. Il faut être réactif. » Pour certains, la progression semble ralentir. Thierry Rocher, président de Sauma Industrie (rectification et mécanique de précision), à Vaulx-en-Velin (Rhône), estime que 2019 s’annonce plus incertain que 2018, la tendance à la hausse marquant le pas. Moret Décolletage, à Fillinges (Haute-Savoie), a connu deux bonnes années et ce début 2019 marque un pallier. Mais avec 40% du chiffre d’affaires à l’export, surtout en Allemagne et en Italie, et une spécialisation dans le microdécolletage, l’entreprise est armée et continue d’investir fortement, de l’ordre de 10% du chiffre d’affaires chaque année. « L’export est une force », analyse Vivien Dorrer, directeur des ventes chez Moret.
Stabilité du marché médical
Pour Velfor Groupe, de Saint-Pal-de-Chalencon (Haute-Loire), spécialiste du thermoformage pour l’emballage, la situation « n’est pas mauvaise », avec des volumes en hausse, mais des prix toujours plus tirés. Anthoine Bernard et Fils, entreprise familiale de Scionzier (Haute-Savoie), est dirigée par la quatrième génération. 2019 reste également sur la bonne tendance de 2017 et 2018. L’entreprise bénéficie de la stabilité du marché médical, sa principale activité, mais doit faire face à un renchérissement du coût des matières premières. Chez le fabricant d’engrenages Lafond, à Saint-Germain Laval (Loire), le nombre de commandes est aussi en progression constante. « Nous sommes en fait limité par notre capacité de production et par le manque de gens formés, reconnaît son président Olivier Valat. Nos concurrents asiatiques voient leurs coûts de production et leurs coûts logistiques augmenter. C’est un signal pour la réindustrialisation de la France. »
Des microentreprises dynamiques
La fonderie Giroud, à Barraux (Isère), spécialiste des petites séries à haute valeur ajoutée, fabrique, elle, « ce que l’on ne peut pas importer de Chine », selon son PDG Patrick Collin, qui indique : « Le niveau des affaires est correct. Il est surtout tiré par l’export, qui représente 80% de notre chiffre d’affaires. » Quant au Groupe Aravis, à Alex (Haute-Savoie), il « va bien », selon son président Marc Genans-Boiteux. Il est venu sur le Midest pour trouver de nouveaux partenaires, afin d’éviter qu’un client ne prenne trop d’importance. Caractéristique de l’entreprise, une moyenne d’âge particulièrement jeune et pas de problème de main-d’œuvre.
Les microentreprises tirent leur épingle du jeu. Forge N Components, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), intervient en conseil technique puis choisit le meilleur sous-traitant. Avec un fort taux d’export, surtout vers l’Allemagne qui représente les deux tiers du chiffre d’affaires, l’entreprise se porte bien. CWH, à Toulon-sur-Allier (Allier), dirigé comme FnC par Christopher Mercier, conçoit et fait fabriquer des boucles pour parachute en inox forgé à froid et ne réalise que 1% des ventes en France, contre 10% en Allemagne et 80% aux États-Unis. Et Tepoplast, une tout jeune entreprise de plasturgie, de Frontonas (Isère), créée par Olivier Thépault, démarre sur de bonnes bases. « J’ai choisi des presses à injecter 100% électriques, du matériel très performant et connecté. Mes machines peuvent tourner 24 heures sur 24 sans personne, en garantissant le niveau de qualité. » Avant de passer à la fabrication de pièces, Tepoplast a débuté comme centre d’essais, avec succès, et une embauche est prévue.
Faible succès pour le suramortissement version 2019
La nouvelle version de la mesure de suramortissement n’est pas connue de tous, y compris par des entreprises qui avaient profité de la première mouture de cette mesure. Certains ont investi récemment, comme Apaax, qui compte d’abord profiter de ses investissements et les amortir. « Le suramortissement, cela ne sert à rien », affirme même un autre dirigeant. Un avis que ne partage pas Damien Franquet, directeur d’Anthoine Bernard et Fils. « Avec la mesure de suramortissement, nous avions pu investir dans trois machines au lieu de deux, reconnaît-il. Nous avons le projet d’en acheter une nouvelle, si nous pouvons bénéficier de la nouvelle mesure, nous en achèterons peut-être deux. »