Odense, capitale mondiale de la robotique ?
Odense, troisième ville du Danemark a vu naître Andersen en 1805 et… 200 ans après, en 2005, le premier cobot ou robot collaboratif. En 2019, l’objectif est de devenir la capitale mondiale de la robotique, grâce notamment à la mise en place d’un réseau complet d’aides techniques et économiques uniquement dédiées, entre autres, au développement de la robotique à Odense.
Comme de nombreuses villes en Europe, Odense a perdu un grand nombre d’emplois industriels au cours des trente dernières années. La délocalisation a coûté ici 200 000 emplois en 30 ans. Mais depuis 2015, un programme ambitieux de développement de l’innovation pour les petites et moyennes entreprises du Sud du Danemark a été mis en place. Ce programme soutenu par le gouvernement a ciblé plusieurs secteurs porteurs de développement : la robotique, l’automatisation, les drones, et l’intelligence artificielle.
Dès le départ, l’accent a été mis sur l’innovation, en rapprochant les entreprises, les investisseurs, des universités danoises et l’Institut danois de technologie. Pour Joost Nijkoff, directeur d’Invest in Odense, « il s’agit aussi d’investir localement pour améliorer la vie dans la cité, développer l’emploi et créer la ville du futur ». Une émulation s’est installée entre les entreprises. « Nous avons développé un esprit de coopération plus que de concurrence, car chacun a besoin l’un de l’autre. »
Une croissance spectaculaire
Les résultats dépassent toutes les prévisions. Depuis 5 ans, le secteur de la robotique s’est développé à Odense à grande vitesse pour réunir aujourd’hui pas moins de 130 entreprises de robotique, dont OnRobot, pour 20 millions d’euros d’investissement. L’emploi dans la robotique a déjà progressé de 64 % entre 2015 et 2018 et le nombre d’emplois total à Odense, dans ce secteur, devrait continuer d’augmenter et avoisiner 4 900 emplois en 2020. Quant au chiffre d’affaires qui a déjà progressé de 32 % depuis 2015, il devrait augmenter encore de 20 % d’ici 2021, avec un objectif estimé à 800 millions d’euros. L’export, qui représente plus de 500 millions d’euros, devrait aussi être favorisé puisque 66 % des entreprises danoises de robotique souhaitent pouvoir exporter.
Un autre volet prioritaire du RoboCluster d’Odense a été l’aide au développement d’applications et de start-up. Des moyens ont été apportés pour les aider à se développer et à trouver des fonds. Sur les dix startups qui ont été aidées, huit ont réussi un développement commercial. Quatre-vingt autres projets de start-up font aujourd’hui l’objet d’un « screening » pour de futurs projets. Reste maintenant à attirer de nouvelles entreprises internationales, à séduire et à former suffisamment de talents et de main-d’œuvre vers ce nouvel eldorado nordique de la robotique.