Industrie du futur : les préconisations du Cetim
Fort de ses savoir-faire et son omniprésence régionale, le Centre technique des industries mécaniques dresse un panorama de solutions capables d’accélérer le passage au numérique des PME.
160 millions d’euros. C’est la somme que l’Etat et les régions consacreront d’ici 2022 à la transformation numérique des PMI. Objectif : accompagner 10 000 PMI dans leurs efforts pour la maîtrise des technologies de l’Industrie du futur. Bien placé dans la course vers ce Nirvana technologique, le Cetim, qui marie un institut technologique de niveau international avec une ETI de haute technicité, compte bien se tailler une part significative du gâteau 4.0. « Cet objectif ambitieux nécessitera une mobilisation industrielle et une capacité d’expertise de pointe sans précédent », pense son directeur général, Daniel Richet. Le Centre accumule les atouts dans cette bataille qui s’annonce : une présence régionale forte et des savoir-faire étendus s’ajoutent à la participation active à une trentaine de programmes d’accompagnement visant 2 000 PMI.
Mettre les bouchées doubles
Pour le responsable du Cetim, ce nouveau programme est cependant, loin d’être suffisant. « Il faudrait assurer une montée en gamme massive des 213 000 entreprises manufacturières françaises, ce qui nécessite un changement de rythme et d’échelle », constate Daniel Richet. Car il y a urgence, pour ne pas se faire doubler par les autres pays industrialisés, dont certains comme l’Allemagne ou l’Italie ont pris déjà une longueur d’avance dans la démarche 4.0. Alors, que faire ? « Il faut démultiplier et dupliquer les bonnes pratiques », conseille l’expert. Avec des exemples à l’appui, comme les programmes Breizh Fab, en Bretagne, Smart Industrie, en Ile-de-France, Usine du futur, en Nouvelle-Aquitaine, Ambition PME, en Auvergne-Rhône-Alpes. Le Cetim y propose ici des parcours d’accompagnement pour l’appropriation de procédés avancés comme la fabrication additive, l’automatisation de la production ou les contrôles évolués. A cela doit s’ajouter la mise en œuvre d’une stratégie de partenariat et de maillage du territoire de centres d’accélération, voire la concentration des moyens sur des pôles technologiques d’excellence. Exemples : l’Additive Factory Hub, à Saclay (projet de recherche mutualisée en fabrication additive, piloté par le Cetim), l’ID Center, à Cluses (accélérer la transformation numérique et l’attractivité des métiers du décolletage, de l’usinage et de la mécatronique), et le Pima@tec, à Beauvais (premier centre national d’expertise et d’innovation en agromachinisme). Il faut renforcer aussi le couplage du monde économique avec celui de la recherche. Un exploit parfaitement réussi par le Cetim. Comme le démontre le programme de R&D dans le domaine des composites thermoplastiques, visant le déploiement de ces matériaux, de la conception au recyclage des pièces, dans l’industrie automobile, aéronautique ou de l’énergie…