Des cobots danois s’équipent au top !
En 2018, 17 000 installations nouvelles de bras robotisés ont été commercialisées, soit une progression de 23 % entre 2017 et 2018. Chez OnRobot, un des leaders des équipements robotiques, on a déjà anticipé. Rencontre à Odense, au Danemark, avec Enrico Krog Iversen, PDG d’OnRobot.
Robotiser toutes les tâches humaines répétitives en les remplaçant par des bras robotisés est aujourd’hui devenu une évidence et une nécessité pour de nombreux industriels. Avec sa large gamme d’outils interchangeables pour bras robotisés, son système unique d’interface électrique et mécanique et une adaptation rapide et facile à toutes les marques majeures de robots, OnRobot se positionne comme un des principaux leaders du marché.
« Nous sommes aujourd’hui capables de répondre à toute demande d’application complexe en matière de cobot », explique Enrico Krog Iverse. « C’est aussi pour nous la clé de notre développement futur. Car un grand nombre de tâches humaines ne sont pas encore robotisées et le seront demain. A nous de créer de la valeur ajoutée en identifiant les nouvelles applications pour lesquels les cobots sont utiles. Désormais, on est passé de l’étape des robots collaboratifs à celles des applications collaboratives ! »
Une entreprise en pleine croissance
Créée en 2015, OnRobot est le résultat de la fusion de cinq entreprises. En 2018, OnRobot a d’abord fusionné avec Perception Robotics et OptoForce, puis a racheté Purple Robotics quelques mois plus tard. En avril 2019, OnRobot a acquis la propriété intellectuelle de Blue Workforce, une entreprise danoise fabriquant des préhenseurs et un système de vision. Le siège est implanté au Danemark, à Odense. OnRobot emploie 150 (personnes sur quatre sites d’implantation en recherche et développement, deux au Danemark, un à Budapest (Hongrie) et un à Los Angeles (Etats-Unis). L’entreprise compte par ailleurs des distributeurs en Europe, Asie et Etats-Unis et ses ventes triplent chaque année.
Une gamme spécialisée et large
Partant du fait que les fabricants de robots ne fabriquent pas leurs « grippers », On Robot s’est spécialisé dans ce secteur. L’objectif de l’entreprise est de développer des bras préhenseurs sensibles numérisés, capables d’être programmés et reprogrammés facilement. Une gamme de neuf outils pour bras robotisés est déjà proposée. Ces outils sont équipés de divers préhenseurs, électriques, à vide, Gecko et des systèmes de changeurs rapides d’outils avec des capteurs et des applications collaboratives. Si les composants peuvent être fabriqués à l’extérieur, l’assemblage se fait toujours en interne à Budapest et à Los Angeles.
Les nouveaux produits permettent d’automatiser plus rapidement et plus simplement des tâches, telles que l’emballage, le contrôle qualité, la manutention, l’entretien des machines, l’assemblage et le traitement. Le nouveau système permet une plus grande flexibilité. La gamme des accessoires et outils adaptables va passer à cinquante dans les six prochains mois. On Robot est en train de développer des préhenseurs dont la sensibilité de rapproche de celle de la main. Un exemple ? Dans le domaine agroalimentaire, On Robot développe des préhenseurs destinés à prendre des champignons ou même… des œufs ! Un autre exemple, chez Plus Pack, un des leaders des emballages alimentaires pour la restauration rapide et qui fournit la plupart des grands noms de la distribution, le bras robotisé mis au point pour empiler et emballer les produits, devait s’adapter à plusieurs tâches, plusieurs formes de produits sur la même ligne, tout en étant collaboratif avec le manipulateur.
Le supermarché des « grippers »
Il fallait jusqu’à présent s’adresser à un grand nombre de fournisseurs pour mettre en place un robot. L’un fournissait le système de préhension, l’autre les capteurs, l’autre les logiciels. On Robot veut pouvoir tout regrouper et proposer en même temps, et devenir en quelque sorte le premier magasin d’équipements et applications pour cobot, ce qui permettrait au client d’économiser de l’argent. « Chez OnRobot, tous les équipements sont conçus pour être interchangeables et fonctionner ensemble, avec un langage universel et qui fonctionne avec la plupart des grandes marques de robot. On a mis au point un support qui fait le lien entre le robot et le préhenseur (gripper) et qui permet de cliquer rapidement n’importe quel produit OnRobot et de l’adapter à toutes les grandes marques de robots avec un programme qui permet une utilisation facile. »
On estime qu’en 2027, au moins 30 % des robots commercialisés seront collaboratifs. Seront-ils pour autant plus humains ? L’un des axes de recherche est d’ailleurs la commande à la voix. Si certains utilisateurs donnent déjà un petit nom à leur cobot, pas question pour autant d’aller boire une bière en fin de semaine avec eux ! Ainsi, avant d’humaniser les robots, mieux vaudra d’abord penser à robotiser toutes les tâches humaines les plus pénibles.