Au nom de la précision

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Sous-traitance Par  Jérôme MEYRAND Publié le  04/09/2020
Au nom de la précision
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Qu’ils usinent ou découpent des pièces pour le secteur du luxe, comme celui du médical, voire même de l’aéronautique, ces entreprises de sous-traitance, sélectionnées dans ce dossier, produisent des composants qui sont de véritables joyaux de micromécanique.

Beauchamp découpe toutes les matières souples

A Seyssins (Isère), Beauchamp s’est spécialisée, depuis 1982, dans la découpe et l’usinage à façon de toutes les pièces souples. Elle est en mesure de découper une grande diversité de matières, allant jusqu’au pliage, collage, soudage, aux solutions d’étanchéité (caoutchouc, mousse, cuir, liège, fibre). Les produits finis peuvent répondre à des applications d’isolation (phonique, électrique et thermique), de protection (emballage, calage) avec des mousses PE, PU, PER, PTZ et autres joints profilés. Une activité de sous-traitance permet à Beauchamp de proposer la refente, l’adhésivage et la découpe des matières de ses clients. A cela s’ajoute une expertise dans l’usinage d’élastomères (EPDM, PU, silicone, néoprène) et des matériaux composites. Elle usine également le Téflon, un polymère thermoplastique et thermostable qui possède une grande inertie chimique et a un très grand pouvoir antiadhésif, le PVC, un polymère thermoplastique, amorphe ou faiblement cristallin, le Delrin (POM), un polymère de la famille des polyacétals et le polyamide (PA), un polymère couramment utilisé au sein de la famille des polymères techniques. Précisons que pour ces produits de calage et d’emballage, Beauchamp peut mettre en œuvre plusieurs techniques pour caler, emballer, protéger, fixer les produits lors de l’emballage ou de la présentation pour des mallettes de démonstration, notamment pour les technico-commerciaux.

Chimicmetal, un expert de la découpe chimique

Se définissant comme des acteurs français majeurs dans le secteur de la découpe et de l’emboutissage de pièces métalliques, EDM-Sodusi et sa filiale Chimicmetal enregistrent un chiffre d’affaires consolidé de 12 millions d’euros (en 2019) et emploie cent personnes sur ses implantations de Voiron (Isère) pour EDM-Sodusi, et de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) pour Chimicmetal. Depuis plus de 80 ans, EDM-Sodusi est spécialisé dans la découpe sur presse et de l’emboutissage des aciers, cuivreux ou aluminium, de 0,25 à 9 mm. À cela s’ajoute un panel de compétences multiprocess, telles que la découpe laser, le pliage, la soudure, le polissage et l’assemblage de pièces complexes. Quant à Chimicmetal, l’entreprise cinquantenaire a acquis un savoir-faire dans la découpe chimique. « Un procédé simple, rapide et efficace qui permet l’usinage de pièces métalliques par dissolution chimique des surfaces non épargnées », souligne la PME val-de-marnaise. Et d’ajouter que la découpe chimique permet « l’usinage de matériaux très minces ou très fragiles, de pièces très complexes, irréalisables par d’autres procédés, et donne une précision excellente sur les métaux de faible épaisseur ».

Dixi Microtechniques et Cylindre : repousser les limites de la technicité

Implantées en Franche-Comté, Dixi Microtechniques et Cylindre sont spécialisées dans les domaines industriels de précision. Ces deux filiales du groupe suisse Dixi, qui en compte quatre autres, profitent ainsi des « riches synergies de compétences internes du groupe », où leur savoir-faire s’exprime dans des « secteurs à forte technicité », que ce soit pour la conception, l’industrialisation, l’usinage de précision et l’assemblage de dispositifs de « haute fiabilité ».
A Chaudefontaine, à proximité de Besançon (Doubs), Dixi Microtechniques développe, depuis 1935, des solutions micromécaniques et électromécaniques « innovantes » et de « haute technicité » pour des secteurs industriels exigeants qui allient les savoir-faire issus de la tradition horlogère à une expérience reconnue en mécanique de précision. L’entreprise dit tirer profit de capacités d’usinages modernes de sa jeune et société sœur Cylindre, afin de proposer une offre globale.
S’appuyant sur son bureau d’études (BE), la filiale du groupe suisse fondé en 1904 affirme être en capacité d’accompagner ses clients dans le développement ou l’adaptation optimisée de dispositifs mécaniques en vue de l’assemblage. Son BE offre également la possibilité de réaliser des modélisations 3D, calculs et simulations numériques approfondis, essais d’environnement et mécaniques, jusqu’à la qualification et l’industrialisation du produit, « en gérant toute la sous-traitance d’approvisionnement quel que soit le procédé », indique Dixi Microtechniques.
Créée en décembre 2015, Cylindre a connu une progression fulgurante dès ses débuts. Bénéficiant de « l’appui solide » de sa maison mère, l’entreprise située à Choisey, aux portes de Dole (Jura), est spécialisée dans l’usinage de précision par fraisage, tournage et décolletage. Se définissant comme un « usineur privilégié des domaines technologiques exigeants sur le plan de la précision, de la qualité, de la fiabilité et de la sécurité », Cylindre possède la capacité de produire des pièces très techniques pour des secteurs variés, tels que l’aéronautique, le médical, la défense ou autres industries de pointe.
Sur la base d’un dossier de fabrication client ou issu de spécifications internes, l’atelier de production dispose des compétences et infrastructures nécessaires à l’assemblage, aux contrôles et tests d’ensembles micromécaniques et électromécaniques. L’environnement de travail est compatible ESD (décharge électrostatique) et homologué pour l’intégration de composants pyrotechniques. Issue du savoir-faire micromécanique horloger, Dixi Microtechniques assure bénéficier d’une « expérience historique » dans le secteur de la défense avec l’assemblage de dispositifs de sécurité. « Un savoir-faire aujourd’hui mis au profit de domaines exigeants et de haute technicité », souligne-t-elle encore.

Escodec : le microdécolletage sur Escomatic

Implantée à Fillinges, en Haute-Savoie, Escodec est une entreprise de microdécolletage, dont le parc est composé de machines Escomatic à cames et à commande numérique. Produisant des pièces de 0,4 à 6,5 mm de diamètre, elle fournit plusieurs secteurs d’activité en moyennes et grandes séries. Bénéficiant d’une longue expérience dans le domaine du microdécolletage, elle est issue de la fusion des sociétés Armand Jacquard et Moret Décolletage. Depuis plusieurs années, les deux entités travaillaient en parallèle. « L’objectif était d’apprendre à nous connaître, de travailler ensemble afin de créer des synergies techniques et humaines, se souvient Olivier Sage, dirigeant. Le moment était propice pour nous rassembler afin de relever les défis de demain. » Mais réunir deux sociétés sur un unique et nouveau site de production ne s’est pas fait tout seul. « Néanmoins, grâce aux efforts de toute l’équipe, nous avons déjà réussi à résoudre des problématiques techniques tout en conservant notre ADN : flexibilité et réactivité », poursuit M. Sage. Aujourd’hui, l’entreprise haute-savoyarde de 35 personnes s’attache à la formation, « notre préoccupation majeure ». Et le défi d’Olivier Sage est « d’être en mesure de continuer le partage et la transmission des connaissances techniques aux plus jeunes collaborateurs ». Pour le dirigeant, il est indispensable de « conserver notre savoir-faire sur toutes les technologies aussi bien sur les machines à cames que sur les commandes numériques ». Escodec entend poursuivre sa démarche d’investissement qui vise à moderniser et compléter le parc machines existant. « Cela nous permettra d’affirmer notre positionnement sur des pièces techniques, soit par leur tolérance soit par la matière utilisée », glisse-t-il.

De Reu, le décolleteur du Pas-de-Calais

Le décolletage, ce n’est pas que dans la vallée de l’Arve. La preuve, dans le Pas-de-Calais, à Achiet-le-Grand, au sud d’Arras, l’entreprise Décolletage De Reu n’a pas à rougir de ses confrères haut-savoyards. Cette société familiale fabrique des produits de décolletage et de mécanique de précision, allant de 0,25 à 80 mm de diamètre, du prototype à la série de 10 000 pièces. Le secteur « microprécision » produit des pièces dont le diamètre peut descendre jusqu’ à 0,25 mm. Celui du « décolletage et de la mécanique de précision en poupées mobiles » se partage les pièces de diamètres 2 à 32 mm, et sur poupées fixes de 32 à 80 mm. A noter que la PME est en capacité d’usiner des pièces longues jusqu’à 1 000 mm en dessous de 26 mm de diamètre. Le parc (Tornos, Manurhin, Okuma, Haas, Hardinge et YCM) est constitué de plus de 65 machines réparties en commande numérique (poupées mobiles et fixes) et autres centres d’usinage, allant de 3 à 10 axes, dont la moitié des modèles à commande numérique sont âgés de moins de 8 ans. L’entreprise a été fondée en 1929, et les 90 ans ont été célébrés en octobre 2019, au milieu des 25 salariés, dont la quatrième génération est désormais aux commandes. Son PDG Joffrey De Reu se plait à citer les valeurs de l’entreprise exposées en 3C. « Une cohésion d’équipe dédié à un seul but, satisfaire les exigences de nos partenaires, et maintenir une proximité afin d’être réactif à vos demandes », explique M. De Reu. Voilà pour le premier C. La coordination entre les équipes, la polyvalence de l’ensemble des opérateurs représente le deuxième C. Enfin, une « communication fiable » permet à Décolletage De Reu de fournir un service de conseil en usinage, colissage « selon exigences du clients », suivi des transports et tracking des colis envoyés, avec une planification et une communication des délais réalisés chaque semaine. C’est le troisième C.

Micronor : des pièces en or entre leurs mains

Passion et savoir-faire, ce sont ces deux mots qui caractérisent l’entreprise Micronor. Fondé en 1968, le sous-traitant implanté en Ile-de-France est spécialisé dans les pièces de liaisons hermétiques d’interconnexions pour environnements sévères (pression, intensité, tension, température, etc.). Il est organisé pour réaliser à la fois la conception, le design et la production de prototypes et de petites ou moyennes séries de pièces à partir de 0,2 mm de diamètre, et sur cahier des charges du client. L’entreprise maîtrise notamment le scellement verre/métal et le brasage à haute et basse température. Elle a mise au point des procédés pour dépôt couches minces de métaux par PVD. Aussi, Micronor réalise des traitements de surface électrolytiques en métaux précieux et métaux communs pour la bijouterie et la décoration, dont un nouveau bain « or champagne » est installé depuis juillet, sur son site de Montreuil, en Seine-Saint-Denis. A Emerainville, en Seine-et-Marne, elle réalise des traitements de surface en « or pur spatial 99,99 % ».

Perrenoud ou l’exigence de la précision

A l’origine, Perrenoud était spécialisée dans le décolletage de précision pour le secteur de l’horlogerie. Puis en investissant dans des matériels de dernière génération, l’entreprise de Charquemont, au sud de Montbéliard (Doubs), s’est diversifiée pour toucher des « domaines exigeant précision et finition soignée », souligne la PME de la rue Pierre-Mendès-France. Son parc machines comprend 27 tours CN, des machines monobroches et multibroches, jusqu’à 10 axes, pour des opérations de tournage, fraisage et d’usinage avec axe C. Elle maîtrise la production de pièces à partir de barres de 0,3 à 20 mm diamètre. L’entreprise fournit ses pièces pour des marques de luxe dans l’horlogerie-bijouterie-joaillerie, la maroquinerie et les instruments d’écriture. Mais Perrenoud travaille aussi pour l’industrie, pour les secteurs de l’instrumentation médicale, l’optique, l’aéronautique, l’armement et la mécanique de précision en général. « Notre organisation peut permettre des délais de production très rapides par des accords de collaboration, avec les matières en stock », assure-t-elle. Et de préciser une « culture institutionnelle du respect des exigences et du devoir de confidentialité ».

Le crochet hygiénique antibactérien d’UNT en attendant des jours meilleurs

A Morbier, UNT (Usinage & Nouvelles Technologies), un spécialiste des outillages de précision, a conçu un crochet multifonction pour « interagir sans contact avec les objets du quotidien ». Cet ustensile, usiné dans la masse à partir d’un brut en aluminium 6061, permet ainsi d’ouvrir une porte, un placard ou un tiroir, appeler un ascenseur, taper un digicode, prendre un café à la machine ou lancer une photocopie, sans avoir à toucher du doigt le moindre bouton. L’idée de produire un tel objet est née de la crise sanitaire du Covid-19. Le directeur général de l’entreprise jurassienne fondée en 1989, Stéphane Vandenabeele, se souvient : « Durant cette crise, nous sommes restés mobilisés et avons cherché comment, à notre niveau, et avec les moyens dont nous disposons, nous pouvions contribuer à la lutte contre la pandémie. »
Précurseur pour la production d’outillages de précision, UNT est un sous-traitant des plus grandes maisons de luxe françaises et manufactures horlogères suisses. L’entreprise a été fondée par Bernard Michalet puis rachetée en 2010 par le groupe CTS (Comtoise de Traitement de Surface), situé à Saint-Claude (Jura). Aujourd’hui, cette PME de 45 personnes entend poursuivre « une politique d’investissement volontariste ». Elle maîtrise à la fois la conception et la fabrication d’outillages de précision pour le matriçage et la découpe simple ou progressive des pièces. Des outillages qui sont principalement destinés au secteur de la lunetterie et de la haute horlogerie. Ses moyens de production vont de la presse (18 au total) de 10 à 300 tonnes pour le matriçage, aux centres d’usinage de 3, 4 et 5 axes (18 machines), à l’électroérosion (huit machines de découpe fil, trois de microperçage et trois autres d’enfonçage. UNT est également équipée de machine de marquage laser, imprimante 3D, postes de soudage HF et d’assemblage, en plus de disposer de moyens de contrôle 2D et 3D. Si l’horlogerie et la lunetterie reste les secteurs d’activité privilégiés, l’entreprise souligne qu’elle a su se diversifier en proposant également ses services dans l’industrie du luxe (maroquinerie), du médical et de l’aéronautique notamment.

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Jérôme MEYRAND Formé aux microtechniques, devenu journaliste en blouse bleue, passé par l’ESJ Lille.
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