La fabrication additive doit passer à l’âge adulte
Après près de quarante ans de développements et de croissances continues, cette technologie séduit de plus en plus d’utilisateurs. Les constructeurs doivent cependant améliorer sa précision et sa productivité, réduire les coûts, renforcer la formation, mieux assurer la sécurité pour en faire une vraie solution industrielle... La principale manifestation mondiale est une bonne occasion pour jauger leurs progrès.
Les aficionados de la fabrication additive (FA pour les connaisseurs) ne manqueront sans doute pas le prochain salon Formnext, qui aura lieu du 19 au 22 novembre dans les halls 11 et 12, les plus modernes du parc d’exposition de Francfort (Allemagne). Plus de 720 exposants (dont 285 seront présents pour la première fois) les attendrons de pied ferme avec des solutions capables de répondre à leurs nombreux soucis industriels. Les nouveaux-venus à cette manifestation sont, dans une large proportion, étrangers (à 55%), le plus fort contingent d’entreprises exposantes venant de Chine, du Royaume-Uni, des États-Unis et des Pays-Bas. Vingt-quatre fournisseurs français, des noms comme 3D Ceram, Add-Up (avec BeAM et Poly Shape), Arkema, Erpro, Prodways…, exposeront leurs dernières innovations. « Parmi les nouveaux exposants figurent des groupes internationaux, tels que 3M Advanced Materials, Bosch Rexroth, Covestro, Evonik, Mitsubishi et thyssenkrupp Materials, ce qui démontre la notoriété de plus en plus forte de ce rendez-vous incontournable pour les utilisateurs de la FA », remarque Sascha F. Wenzler, vice-président de Mesago Messe Frankfurt. « L’évolution ascendante du salon s’inscrit dans celle du marché de la fabrication additive qui affiche une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années et atteint maintenant un volume d’affaires de plus de 10 milliards d’euros. »
Une croissance ininterrompue
Les analystes de marché, comme le cabinet américain Wohlers, prévoient une croissance annuelle d’environ 20% à l’avenir. En effet, la fabrication additive se développe activement dans de nombreuses régions en France, poussée par l’appétit croissant pour cette approche de l’aérospatiale et de l’automobile, ainsi que la bijouterie et l’ingénierie.
Placée désormais au centre de préoccupations des fournisseurs, l’innovation sur toute la chaîne de fabrication additive sera, de l’avis général, le seul moyen pour pouvoir proposer une véritable solution industrielle capable d’atteindre les performances d’un système de production classique. Car de nombreux obstacles technologiques et organisationnels doivent être dépassés pour profiter des avantages importants qu’offre cette démarche : faible offre logicielle, manque de formation adaptée, précision et productivité limitées, coûts prohibitifs d’acquisition et de possession, amélioration de la sécurité… On ne manquera pas ainsi de regarder de plus près les solutions d’un constructeur comme Markforged ou l’alliance de 3D Systems avec GF Machining Solutions qui donne naissance à des machines d’une nouvelle race. Ou encore, l’interfaçage de la FA avec des solutions de production en grande série, comme le PIM (moulage par injection de poudre), le MIM (moulage par injection de métal) ou le CIM (moulage par injection de la céramique) …