Horn : 50 ans et pas une ride
En juin, le carburier de Tübingen célébrait son cinquantenaire, en ouvrant les portes d’une usine toujours à la pointe de la modernité.
C’est dans le cadre de ses Journées technologiques, organisées du 5 au 7 juin à Tübingen, à 40 km au sud de Stuttgart, que Paul Horn célébrait son 50e anniversaire. Des journées dénommées « Technologie avec transparence », où le fils du fondateur de ce fleuron allemand de l’outil coupant de précision souhaitait que chaque visiteur puisse toucher du doigt le savoir-faire détenu par un millier de collaborateurs. Et ils étaient quelque 4 700 invités, sur ces trois jours, à déambuler dans les ateliers, alignement de machines d’affûtage sur un sol impeccablement blanc, sous 30 000 m² de bâtiments érigés le long de la Horn-Straße. Il fallait également compter sur la participation de 56 partenaires, un programme de huit conférences et la venue de 3 000 personnes lors d’une journée familiale venue clôturer un anniversaire qui restera gravé dans le marbre… jaune.
Crise et prime de Noël
Pour le premier employeur de Tübingen, c’était aussi l’occasion, lors de ces septièmes journées techniques, de rappeler qu’en 2009, c’était l’année de la première édition, mais aussi celle d’une crise économique mondiale majeure. Avec un recul du chiffre d’affaires et des commandes d’environ 37% par rapport à 2008, Horn subit la pire baisse de bénéfices de ses cinq décennies d’existence. « Et pour restaurer, auprès des autres, la foi en notre potentiel d’innovation, c’est en pleine année de crise que nous avons organisé les premières journées techniques. Tous les employés ont même touché une prime de Noël », relate Lothar Horn, son actuel dirigeant.
Aujourd’hui, les clients du fabricant aux 25 000 outils standard ont visité les coulisses d’un site de production dont le dernier agrandissement, de 12 000 m² supplémentaires, remonte à 2016, auxquels il faut ajouter une aile administrative de 3 500 m² avec bureaux et salles de conférence. Croisant des salariés soucieux du travail bien fait, très souvent sourire aux lèvres, les utilisateurs de plaquettes de coupe réversibles Horn ont bien compris qu’ici, l’humain restait au cœur du process. Tout comme la relève. C’est dans un espace de 1 200 m², que les apprentis, ils sont un peu moins de 80, apprennent le métier, celui de mécanicien industriel, sur des machines à commande numérique.
Premier apprenti
En 2012, la Horn Akademie, vaste programme de formation et de perfectionnement professionnels dans le domaine de l’usinage des métaux, était lancée à Tübingen, où l’on se souvient encore du premier apprenti qui fut embauché, en 1985. « Comme il n’existait jusqu’alors dans la région aucun cursus complet dédié à la transmission du savoir-faire en production d’outils en carbure, la Horn Akademie développa rapidement son propre profil professionnel sous la forme d’une qualification supplémentaire appelée technicien industriel en outillage de coupe ou CCI », est-il évoqué dans le magazine interne, dont la couverture rend hommage à Paul Horn, foulard blanc noué sous le col d’une chemise, lunettes aux montures épaisses. Et ce n’est pas un hasard si depuis le 7 février, le site de Tübingen abrite les locaux de la Fondation pour la promotion de la relève en construction de machines. Une initiative portée par un organisme commun formé par VDMA (Union allemande des constructeurs de machines et d’installations) et VDW (Union allemande des constructeurs de machines-outils). L’objectif de la fondation créée il y a dix ans : « Faire évoluer la formation professionnelle de la relève dans la construction des machines, dans le contexte des défis actuels et à venir. »
Première pierre en France
Cocorico, c’est en France, en 1993, que le fabricant allemand pose ainsi sa « première pierre angulaire de l’implantation internationale du groupe Horn ». L’occasion de donner la parole à deux fidèles parmi les fidèles de la grande famille Horn, Didier et Pascal Ortega. « La particularité la plus remarquable réside dans le fait que l’entreprise a toujours conservé son esprit familial même après avoir atteint la taille d’un grand groupe », glissent les deux frères. Un constat que pourrait partager Jean-Paul Thibaut, responsable des machines-outils à commande numérique chez DBC (Décolletage Bar Cutting) à Scionzier. Il était présent pour les 50 ans de son fournisseur. Une visite qu’il trouvera très enrichissante. « Un site impressionnant, propre, avec des opérateurs autonomes, très soigneux. »