Succès de la fabrication additive à 3D Print
Les deux journées du salon lyonnais de la fabrication additive et de l'impression 3D professionnelle ont connu un succès remarquable. Les technologies intéressent toutes les industries, et les ventes de machines s'envolent.
Il était très difficile de circuler dans les allées du salon 3D Print, organisé par Idice les 15 et 16 septembre dernier, au centre international de Lyon. Lors de la première édition 2014, conjointe avec le salon de la plasturgie FIP, la fabrication additive métal était plutôt discrète. Elle était noyée sous les imprimantes 3D, mettant plus en avant un aspect ludique que professionnel. A contrario, l’édition 2015 a fait la part belle aux solutions industrielles et aux conférences de haut niveau. Fournisseurs de machines de fabrication additive métal, de prototypage rapide plastique, de matériaux, mais aussi sous-traitants proposaient leurs solutions aux donneurs d’ordres de tous secteurs. Aujourd’hui, les industriels sont en train de créer les conditions pour faire exploser l’utilisation de ces technologies.
Sous-traitance ou intégration ? les deux se complètent
Les ventes des machines de fabrication additive métal ont plus que doublé entre 2014 et 2015. EOS, avec sa solution M290 et le développement de sa gamme devrait atteindre 400 machines au niveau mondial, dont une vingtaine de machines en France. Un total de 100 à 150 machines concernant les technologies de fusion de poudres métalliques pourraient être installées dans l’hexagone cette année. D’une part, beaucoup de sous-traitants en mécanique de précision et mécanique générale s’y intéressent, pour capter les marchés émergents de l’aéronautique, du médical, mais aussi de l’horlogerie, bijouterie et du luxe. Les moulistes, les outilleurs, les modeleurs, les fondeurs commencent à investir ou font des essais de plus en plus probants avec divers instituts, universités et associations professionnelles. D’autre part, les grands comptes et fournisseurs de premier rang des industries précitées veulent également maîtriser ces techniques, car elles exigent la construction d’un savoir-faire particulier, en fonction des diverses applications. Ils sont de plus en plus nombreux à vouloir intégrer une ou plusieurs machines pour ce faire. La croissance du marché des machines de fabrication additive métal va profiter de ces deux tendances. A terme, les besoins de post-traitement en usinage, érosion, superfinition et traitement thermique qu’implique la fabrication additive pourraient faire pencher ce marché d’un côté ou de l’autre. Mais les deux voies – sous-traitance ou intégration – se complètent pour offrir un avenir prometteur à la fabrication additive métal.
Les exemples de pièces mécaniques concernées se multiplient
Fin 2013, lors des journées RAFAM et lors d’autres rencontres au sujet de la fabrication additive, l’aéronautique et le médical étaient les principaux secteurs marquant leur intérêt. La légèreté des pièces permise pour les avions, la facilité de production unitaire et adaptée d’une prothèse humaine en étaient les motivations. Aujourd’hui, de multiples carters pour la formule 1, des cadres de vélos, et beaucoup d’autres pièces complexes que l’on peut définir librement sont concernées. Cette liberté de conception intéresse naturellement toutes les industries du luxe. D’autant plus que la taille des bagues, platines de montres, bracelets ou boucles de ceinture permet une production en série plus facile. On pouvait même voir un modèle pour la fusion en grappe de bagues destinées à sertir des pierres. La facilité de création des circuits de refroidissement au plus près d’une forme intéresse les moulistes, bien sûr, mais également toutes les industries confrontées à la maîtrise d’un flux thermique. Pour les fondeurs, l’impression 3D permet de créer plus facilement et plus rapidement leurs noyaux et modèles.
Mais quid de l’usinage ?
Le salon 3D Print trouve ses limites dans l’absence d’une formule adoptée par la fabrication additive : l’hybridation. Effectivement, les constructeurs mondiaux de machines-outils d’usinage se sont intéressés rapidement au potentiel de l’apport (ou de l’enlèvement) de métal par fusion laser. Lors de l’EMO de Milan, de nombreux exemples seront présentés, renforçant encore la présence de la technologie de fabrication additive dans l’industrie mécanique. D’autre part, les usineurs ont la maîtrise des process nécessairement complémentaires à la fabrication additive. Ils sont donc les mieux placés pour accompagner son expansion. Comme la commande numérique ou l’électroérosion dans les années 80, comme les objets connectés aujourd’hui, la fabrication additive métal fait désormais partie du paysage de la mécanique industrielle. Elle ne va pas tout remplacer, mais elle est en train de prendre toute sa place. Il faut en tenir compte.