En France, l’industrie se robotise enfin
La France se robotise et il était temps. Selon une étude du cabinet Xerfi, les ventes de robots industriels (en volume) devraient bondir de 8% par an en moyenne d’ici 2022, tirées par les achats de robots et cobots par les PME et ETI. Et c’est dans la robotique de service professionnelle et l’agriculture que la hausse sera la plus franche, avec +20% par an en moyenne d’ici 2022, suivie par le médical (+18%) et la logistique (+16%). Des segments « les plus prometteurs en raison des nombreuses solutions opérationnelles déjà en place et d’une forte demande », note Pierre Paturel, auteur de cette étude. En revanche, les perspectives s’annoncent moins solides, à court terme, pour la robotique personnelle.
En raison d’une « bonne orientation du marché français » de la robotique industrielle, les leaders mondiaux du secteur ne cachent pas leur intérêt pour des entreprises de l’Hexagone, notamment des PME et ETI, désireuses de robotiser davantage leurs ateliers. Mais ils lorgnent aussi des « secteurs peu robotisés comme l’agroalimentaire ».
Selon le rapport du cabinet parisien spécialiste des études économiques sectorielles, les besoins en robots industriels sont tirés par des facteurs structurels forts : recherche de compétitivité, manque de main-d’œuvre dans l’industrie, amélioration de l’offre de robots, etc. Mais Pierre Paturel relativise : « La croissance du marché sera cependant plus modérée en valeur. » Il l’explique par le fait que « la demande sera en grande partie soutenue par les cobots et robots simplifiés, moins chers à l’achat et à l’installation ».
Alors que le besoin en robotique industrielle semble s’accélérer, le cabinet d’études souligne que cet essor profite également aux quelque 400 intégrateurs établis dans l’Hexagone. « Assez peu développée en France, la fabrication de robots industriels restera concentrée entre les mains d’un faible nombre d’opérateurs, à savoir Stäubli (via son usine de Faverges), Sepro Group et quelques pépites françaises de petite taille », assure l’auteur de l’étude.
Alors qu’il était « jugé particulièrement prometteur au milieu des années 2010 », le marché des « robots compagnons » peine à décoller. Au point que plusieurs spécialistes des robots domestiques, comme les Américains Jibo et Kuri ou le Français Keecker, ont récemment été contraints d’arrêter leur activité, « faute de succès commercial ». Manque de maturité des technologies, prix trop élevés ou encore promesse de valeur floue ont fragilisé ce segment de marché. « Il faut dire que l’arrivée massive, dans les foyers, d’enceintes (et autres appareils) connectées équipées d’intelligences artificielles puissantes réduit déjà drastiquement l’utilité de beaucoup de types de robots compagnons initialement envisagés », relève Xerfi.