L’usinage SGF ajoute de la valeur à la forge | Machines Production

L’usinage SGF ajoute de la valeur à la forge

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Sous-traitance Par Michel PECH Publié le  29/03/2019
L’usinage SGF ajoute de la valeur à la forge

Ce sous-traitant de l’automobile montre un dynamisme certain, notamment depuis son intégration au groupe San Grato. Sa stratégie d’investissements ciblés l’a positionné dans le top 10 des sous-traitants en mécanique industrielle de la revue Machines Production, publié fin 2018. Une visite à Sainte-Hélène-sur-Isère permet de comprendre pourquoi.


Avec une valeur ajoutée de 102 477 euros par employé, pour 74 employés en 2017, la société SGF est positionnée à la sixième place des sous-traitants français en mécanique générale, le Stéphanois Mathevon tenant la tête avec 155 494 euros par salarié. Ce classement de la revue Machines Production a pour but de montrer des exemples de spécialistes du travail des métaux qui réussissent, et d’en comprendre les raisons. Une rencontre avec Jérôme Trosset, directeur du site de Sainte-Hélène-sur-Isère, en Savoie, suffit à expliquer la réussite de cette entreprise, spécialisée dans l’usinage en grande séries de pièces forgées.

Concentration sur le savoir-faire d’un métier

Créée en 1974 par deux associés passionnés d’usinage, cette entreprise de production mécanique a connu divers regroupements, imposés par les constructeurs automobiles dans les années 1990 et 2000. En difficulté après son dernier passage au sein d’un tel groupe, elle a été reprise majoritairement en 2014 par le forgeron familial San Grato, implanté à Turin. Déjà fournisseur de l’usine savoyarde, la société italienne voulait développer une synergie entre forge et usinage, pour le secteur automobile. Deux heures de route seulement séparant les deux sociétés, le rapprochement industriel fut d’autant plus facile qu’un des descendants de l’un des fondateurs assurait toujours le lien commercial et a pris des parts dans cette alliance. Mais si le groupe San Grato est à la fois actionnaire, fournisseur et client de SGF, celle-ci reste indépendante dans ses choix et reste force de proposition pour son développement industriel. « Nous travaillons ensemble lorsque la somme de nos compétences est compétitive », souligne Jérôme Trosset.
La stratégie d’investissement a été recentrée sur l’usinage complet de pièces forgées complexes en cellules robotisées de tournage-fraisage, tournage dur, perçage-taraudage, brochage. Les opérations de lavage et de contrôle sont intégrées au sein même des cellules, pour en faire des îlots complètement autonomes et dédiés à une seule référence ou famille de pièces. « Pour plus d’autonomie, la trempe par induction à haute fréquence a été intégrée depuis un an, sous la surveillance d’un expert en métallurgie », souligne Jérôme Trosset. Depuis 2015, le développement de la clientèle s’est ainsi fait autour de l’investissement d’une moyenne de 10% du chiffre d’affaires par an, en technologies de fabrication numériques avancées. SGF bénéficie en interne d’une forte capacité d’étude et d’intégration des procédés de fabrication et de contrôle-qualité, permettant d’investir dans les machines nues et de les intégrer selon ses besoins. La société s’appuie également sur des fournisseurs comme Techni-CN ou OrbaTech, qui sont à la fois proche géographiquement et comprennent ses besoins technologiques en usinage robotisé.

L’emploi féminin constitue une solution d’avenir

Travaillant en quatre équipes de 35 heures, du lundi au samedi, la présence humaine est assurée 140 heures par semaine. Pour assurer un fonctionnement continu et optimiser le TRS (taux de rendement synthétique) des machines, chaque îlot robotisé travaille sous la surveillance d’un à deux conducteurs de ligne. Atteignant désormais un effectif de 80 personnes, renforcé d’une petite dizaine d’intérimaires, SGF cherche toujours à recruter des opérateurs CNC. « Nous connaissons un succès croissant auprès des constructeurs et équipementiers automobiles, et allons procéder à une nouvelle extension de l’entreprise », explique Jérôme Trosset. « Mais la difficulté de recrutement pourrait freiner ce développement », constate-t-il. Paradoxalement, cette difficulté favorise l’emploi féminin dans l’entreprise. La motivation des femmes se révèle très bonne pour acquérir de nouvelles compétences, et les conditions de travail dans un univers robotisé tel que celui de SGF favorise leur intégration. C’est donc l’une des solutions mise en place, grâce à la formation interne. Dans ce domaine également, l’exemple de l’entreprise SGF peut se révéler très instructive, pour toutes les entreprises de mécanique générale confrontées aux mêmes difficultés d’embauche.

L’usinage SGF ajoute de la valeur à la forge
Michel PECHDepuis qu’il a arrêté de faire des copeaux, il n’arrête pas d’expliquer comment on les fait ! C’est un comble

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