Minerais critiques : comment la France veut réduire sa dépendance
Face aux tensions croissantes sur l’accès aux minerais critiques, l’Etat renforce sa stratégie de sécurisation des approvisionnements. Un partenariat signé avec le Japon, en avril, vise à structurer des projets industriels communs et à diversifier des chaînes de valeur encore largement dépendantes de quelques pays producteurs.
C’est afin de réduire notre dépendance à certains pays pour s’approvisionner en minerais critiques, qu’une feuille de route a été signée, en avril, avec le Japon. Le texte vise à identifier des projets dans les deux pays, afin de diversifier les chaînes d’approvisionnement. Il met aussi l’accent sur un renforcement des échanges entre administrations et industriels des deux pays. Par minerais critiques, il est question essentiellement de terres rares, titane et nickel.
En France, l’approche sur la sécurisation des chaînes de valeur critiques, fondée sur une coordination étroite entre acteurs publics et privés, remonte à 2023, avec la création d’une délégation interministérielle dédiée, chargée de soutenir des projets stratégiques.
Le projet franco-japonais de raffinage de terres rares lourdes en France Caremag, porté par l’entreprise française Carester et le groupe japonais Iwatani, et soutenu par les autorités des deux pays, est cité pour illustrer concrètement la feuille de route signée le 1er avril au Japon.
Recycler 2 000 tonnes d’aimants permanents par an
En cours d’extension depuis novembre 2025, cette usine de séparation de terres rares située à Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, projette, à travers sa plateforme Induslacq, de produire des oxydes de terres rares à partir d’aimants permanents en fin de vie et de concentrés miniers. Avec une mise en service annoncée pour fin 2026, Caremag entend recycler environ 2 000 tonnes d’aimants permanents par an et raffiner 5 000 tonnes de concentrés miniers. Le site béarnais doit produire à la fois des terres rares légères, comme le néodyme et le praséodyme, et des terres rares lourdes, notamment le dysprosium et le terbium.
L’objectif étant de devenir « l’usine de référence en Europe » et de « contribuer au défi de l’indépendance géostratégique du continent pour son approvisionnement en matières critiques », affirme le groupe TotalEnergies, l’un des partenaires du projet.

En cours d’extension depuis novembre 2025, l’usine de séparation de terres rares située à Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques. © TotalEnergies